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Vendredi 11 avril 2008 5 11 /04 /Avr /2008 17:03
" L'idée que l'ordre et la précision de l'univers, dans ses aspects innombrables, seraient le résultat d'un hasard aveugle est aussi peu crédible que si, après l'explosion d'une imprimerie, tous les caractères retombaient par terre dans l'ordre d'un dictionnaire "

Albert Einstein
Par Libre pensée chrétienne - Publié dans : la pensée du mois
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Mercredi 2 avril 2008 3 02 /04 /Avr /2008 17:37

La Libre pensée chrétienne est un grand défi, mais qui en vaut la peine ! Car l’enjeu est de favoriser un peu plus de liberté de pensée dans l’Eglise catholique ! Qu’elle en manque beaucoup me paraît évident, et j’illustrerai ce fait par un seul exemple récent : l’intervention du cardinal Levada (successeur du cardinal Ratzinger à la tête de la Congrégation de la doctrine de la foi) auprès des évêques belges à propos de deux numéros (n° 6 et 8 de 2006) de « Pièces à conviction » édités par le Conseil interdiocésain des laïcs (C.I.L.).

Le
cardinal Levada s’en prend d’une part à deux articles du P. Ignace Berten, O.P. : « Les solutions prônées par l’auteur quant aux conditions de crédibilité du discours de l’Eglise au cœur d’un monde pluraliste, contrastent de manière évidente avec les principes du Magistère ».

Le deuxième reproche concerne, dans le n° 8 de la publication du C.I.L., certains propos sur l’euthanasie, le statut de l’embryon et le relativisme moral, jugés « incompatibles avec la doctrine de l’Eglise ». « Ces attitudes de dissension envers le Magistère étant en net contraste avec l’identité catholique, …notre Congrégation vous prie (le cardinal Danneels) de bien vouloir intervenir auprès des responsables de cette institution (le C.I.L.), afin que leurs initiatives ainsi que leurs publications soient plus en consonance avec la doctrine de l’Eglise ». (*)


Le
message est très clair : le cardinal, en tant que président des évêques belges, n’est même pas consulté, il est prié d’intervenir. Il s’agit que les laïcs comme les théologiens s’abstiennent de toute position qui « contraste » ou « n’est pas en consonance » avec la doctrine de « l’Eglise » (en fait, des fonctionnaires actuels de la Curie romaine).


Le
désaccord porte justement sur la question de la liberté de pensée dans l’Eglise catholique, dans le contexte d’une société pluraliste :


« Comment ferons-nous pour vivre avec d’autres, adhérant à d’autres principes, comment affronterons-nous avec eux les défis et les enjeux très concrets qui nous interpellent tous, écrivait le président du C.I.L., Paul Löwenthal, si l’on nous oblige à « rejeter, sans égard pour les convictions et les besoins d’autrui, ce qui ne correspond
pas rigoureusement à la « vue » catholique proposée par le magistère ? » « Le pape peut-il, sans la nier, soumettre notre liberté à une doctrine unique et contraignante » déclarée « doctrine juste de la vraie foi par le magistère authentique » ?(p.37-38 du n° 8).


Le
C.I.L., dans un cri d’alarme qu’il avait demandé au nonce de transmettre à Rome le 20-8-07, suite à une série d’interventions controversables de la curie, avait déclaré : « Il nous paraît urgent que les autorités catholiques reconnaissent la légitimité de la réflexion et de l’action des chrétiens qui se savent et se veulent co-responsables de leur Eglise et du monde et qu’elles veillent, plutôt qu’à enfermer les esprits dans une orthodoxie, à inciter les chrétiens à réfléchir ensemble au sens et à l’effet de leurs actes et qu’elles veillent, comme le Christ, à mettre les fidèles debout, responsables dans la charité ».

"La
question, écrit le conseiller théologique du C.I.L., Michel Kesteman, est celle de la place donnée à la liberté de penser. Mais je pense que certains continuent à considérer que le rôle des chrétiens – prêtres ou laïcs – est uniquement de répéter ou, à la limite, de traduire, la parole donnée. C’est un peu la même chose dans certaines entreprises où on dit aux employés : ‘tu penses ce que tu veux, mais tu ne le dis pas et surtout tu ne l’écris pas " (L’Appel n°303 de janvier 2008, p.12)

Aux
yeux du Vatican, oser émettre des vues différentes des siennes, voire contester ces dernières, c’est inacceptable, car :

1.     
" SeuleSeule l’Eglise catholique romaine possède en plénitude la vérité chrétienne " (**)
2.      " L’Eglise » est réduite au « Magistère "
3.      Le magistère est réduit en fait au pape et la curie romaine.

Comme le
font remarquer quatre théologiens prenant la défense d’Ignace Berten dans La Libre Belgique du 16-11-07, « A nouveau des mises en garde, des condamnations sont adressées à des théologiens dont on ne peut pas suspecter la foi ni l’amour de l’Eglise. Mais ils ont le grand tort de prendre le risque de se confronter aux défis d’aujourd'hui et d’oser des paroles neuves face aux questions nouvelles. Le Père Congar écrivait : « Le tragique de la situation actuelle et de la manière dont s’exerce concrètement le magistère, c’est que ce magistère exprime, avec l’autorité du magistère catholique, des positions d’école théologique ». (« Rome : l’histoire se répète » par A. Dermience, E. Mayence, P. Tihon, J. Vermeylen. L’article est repris par le « Réseau Résistances » dans la revue HLM n°110 de déc. 2007).


Ces
théologiens y énumèrent une série (non exhaustive !) de théologiens qui ont été suspectés ou condamnés par Rome, dont le tort commun a été de prendre à bras le corps les questions nouvelles de leur temps. Par après, la plupart ont été réhabilités et même parfois nommés cardinaux… Mais en attendant, ces hommes ont été fortement meurtris, comme Jacques Gaillot (parlant d’expérience !) l’a dit à propos de Jacques Vallery : « Comment a-t-on pu à ce point faire souffrir cet homme ? ».


Un jésuite espagnol de renom, José Maria Castillo, vient de quitter la prêtrise suite
à une série de pressions, comme jadis Leonardo Boff. « Je vois que, dans l’état où se trouve actuellement l’Eglise, nous sommes piégés, contrôlés, censurés en une institution dominée par la Curie romaine et qu’il n’est pas possible de jouir de la liberté indispensable pour faire connaître Jésus ». Car son message est une bonne nouvelle de liberté et d’égalité.


On
ne méditera jamais assez cette parole de Jésus : « (Les scribes et les pharisiens) qui siègent dans la chaire de Moïse [c-à-d. les autorités religieuses officielles] aiment à s’entendre appeler « Maître » par les gens. Pour vous, ne vous faites pas appeler « Maître », car vous n’avez qu’un seul Maître et vous êtes tous frères… » (Mt, 23, 7-8). Cette parole ne signe-t-elle pas la révolution religieuse voulue par Jésus, son refus d’un magistère se prétendant au-dessus du peuple où tous sont des frères égaux en dignité ? Jésus nous invite à n’avoir comme référence suprême que notre Maître intérieur, l’Esprit saint qui est un Esprit de liberté. Et ceci peut même nous enjoindre de nous opposer à ceux qui veulent prendre la place de ce Maître unique. « L’homme doit suivre sa conscience, même si elle se trompe » (pour peu qu’elle soit formée et informée), affirmait St Thomas d’Aquin.

Dans
une longue méditation sur l’épisode johannique de la Samaritaine, Frédéric Lenoir, dans l’épilogue de son dernier livre « Le Christ philosophe » (Plon, 2007), commente la parole de Jésus : « L’heure vient où ce n’est plus sur le mont Garizim, ni à Jérusalem que vous adorerez le Père…les vrais adorateurs adoreront en esprit et en vérité… car Dieu est esprit » (Jn 4, 21-24). Commentaire de Fr. Lenoir : « Au-delà de la diversité des cultures religieuses, ce qui compte c’est la vérité de la relation à Dieu. Jésus fait exploser l’exclusivisme religieux et sape le discours légitimateur de toute tradition religieuse : sa prétention à être au centre, une voie obligée de salut » (p.281). Malheureusement, « les chrétiens sont vite revenus à une attitude religieuse classique et se sont redonné un centre, Rome pour l’Occident, Constantinople pour l’Orient, et ils ont remis l’individu sous la coupe du groupe, de la tradition… qui apporte à l’homme la sécurité d’une vérité unique, d’une morale intangible » (p. 285). Or, l’être humain préfère souvent la sécurité à la liberté, à cette liberté intérieure qui nous rend autonomes, mais aussi responsables envers autrui.


En effet
, la « vérité qui libère » est celle de l’amour : « tout homme qui agit de manière vraie et aimante est relié à Dieu » et « aucune médiation humaine, aucun geste sacrificiel, aucune institution n’est indispensable pour permettre à l’homme de vivre de sa grâce » (288-289). Mais « il est très difficile pour un homme religieux d’admettre que la religion à laquelle il appartient n’est pas dépositaire de la vérité… Un croyant a besoin de croire que le lieu où s’incarne sa foi est le seul vrai, au pire le meilleur. C’est très humain. Or chaque religion restera toujours liée à un espace particulier, c-à-d. à une culture humaine » (290-291).

De
telles réflexions nous permettent de ne pas considérer comme seulement négative la crise actuelle des religions, car elles sont en fait poussées à dépasser leurs prétentions pour entrer dans des perspectives plus spirituelles, une religion de l’amour. Et les Eglises sont invitées à retrouver le véritable message de Jésus.

Le
raidissement actuel des religions n’est-il pas le signe avant-coureur d’une grande mutation de l’esprit religieux, dont témoigne en particulier toute une jeunesse qui s’en fiche royalement des encycliques et autres discours venant de Rome, mais recherche une vérité de vie, une sagesse et un idéal universels, au-delà de tout appareil religieux, de tout magistère. Cette recherche est une vraie « bonne nouvelle » : on retrouve une foi intérieure, libérée de la Loi, c-à-d. des lois et des dogmes, fussent-ils chrétiens. On comprend qu’ils ne sont que des moyens au service d’une fin plus haute : l’amour.

La
liberté individuelle, objectera-t-on peut-être, risque de mener aux divisions, comme on le constate chez les protestants évangéliques. La force de l’Eglise catholique ne réside-t-elle pas dans l’unité de vue de tous à partir de celui qui a été élu au sommet ? La question n’est pas de rejeter toute autorité humaine, tout dogme ou loi ecclésiastique, mais de maintenir que tout cela n’est que moyens relatifs à la fin. Absolutiser les moyens, c’est à coup sûr manquer la fin, car la fin ultime est Dieu même, l’Insaisissable. Prétendre posséder la vérité, c’est tomber dans l’idolâtrie.

La
vision pyramidale de l’Eglise est tout à fait contraire à l’esprit de Jésus et à la fraternité qu’il voulait promouvoir, où tous sont égaux et doivent s’écouter sans aucune prétention de certains d’être plus proches de la Vérité, c-à-d. de Dieu. Cet idéal de démocratie réelle est certainement très élevé et difficile à atteindre, comme tout l’évangile, mais ceux qui se contentent de répéter simplement « l’Eglise n’est pas une démocratie », risquent de renoncer par là à poursuivre cet idéal et choisissent alors d’en rester à une religion classique que Jésus est venu renverser. Revenons à l’esprit qui animait un Jean XXIII ! Jésus ne rejette pas l’idée d’une autorité dans l’Eglise, mais il refuse qu’on l’exerce comme une domination sur les autres, comme le font les grands de ce monde « qui les tiennent sous leur pouvoir » (Mc 10,42), « se comportent en seigneurs » (Lc 22,25) : « Il ne doit pas en être ainsi parmi vous. Au contraire, si quelqu'un veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur » (Mt. 20, 25-27). (***)

(*)  Ici et plus loin, c’est moi qui souligne.

(**)(**)Une telle conception, affirmée dans Dominus Jesus et reprise dans une déclaration du pape le 10 juillet dernier, a jeté un grand froid dans le mouvement œcuménique, mais aussi au-delà du monde chrétien.

(***) J’ai développé cette idée dans un article « Quel salut pour notre Eglise ? » paru le 12-8-07 sur le site de Paves : http://www.paves-reseau.be/revue.php?archives=tdm

 

Philippe de Briey

 

 

 

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Lundi 24 mars 2008 1 24 /03 /Mars /2008 08:43
Autres traversées, autres passages, autres Pâques !

Jésus pour revenir du territoire des Géraséniens, dans la décapole païenne, doit traverser le lac, il doit passer sur l'autre rive. 

Arrive Jaïre, un chef de la synagogue.  Il vient appeler Jésus : " Viens vite imposer tes mains."  C'est que sa petite fille est en train de passer sur l'autre rive.  Elle qui devient pubère, elle qui va pouvoir donner la vie..... elle est à toute extrémité !

Jésus se met en marche tandis qu'une foule nombreuse l'accompagne.  Une femme est là, sur un chemin de traverse.  Elle à des pertes de sang depuis 12 ans et se meurt parce que personne ne peut vaincre son mal.  Elle voit en Jésus un "éveilleur" et se décide à traverser la foule dans l'espoir de le toucher. 

Ce n'est pas chose simple que cette traversée.  Depuis 12 ans, elle est rejetée par tous.  Sa maladie la rend impure.  Pour les contemporains de Jésus, comme pour les juifs pieux d'aujourd'hui encore le Lévitique (15-19) donne des lois précises à ce sujet.  La loi lui interdit de toucher un autre ou de se laisser toucher.  Elle est donc morte pour les autres, elle n'est plus en relation, en communication.  Elle doit se tenir à distance, à l'écart.Elle doit vivre comme une lépreuse. Elle est la lépreuse de le Loi !  Si elle transgresse cette Loi, on a le droit de la lapider. 

Et pourtant, elle pense que cet homme, Jésus, pourrait se laisser toucher par elle, elle veut passer vers celui qui donne la vie, entrer en relation avec lui. 

Mais, à côté de Jésus, se trouve un chef de synagogue, un gardien de la Loi.  Celui qui fait croire à la femme que Dieu, la Loi, la foule, tout est contre elle.  Celui qui fait croire à la foule que cette femme n'a pas sa place parmi les purs.  Mais la confiance de la femme est grande, elle veut passer vers l'autre rive, même si pour cela il faut transgresser la Loi.  Pourquoi ne risquerait-elle pas sa vie, elle qui est déjà morte ? 

Cependant le regard et le discours des autres qui la condamnent depuis 12 ans, l'empêchent de venir face à Jésus.  Par honte et culpabilité elle n'ose l'approcher que par derrière !  Comme on comprend que lorsque Jésus se retourne et demande : " Qui m'a touché ? ", la malheureuse se jette à ses pieds craintive et tremblante. 

Comment, mais comment savoir quelle est la personne qui a touché Jésus, alors que celui-ci est serré, étouffé, bousculé par la foule ?  Jésus, lui, demande à cette personne de prendre identité, de s'éveiller, de se nommer devant tous, le chef de la synagogue et la foule.  Il faut qu'elle se nomme pour retrouver sa dignité, pour passer sur la rive de la vie, pour ressusciter.  En même temps, Jésus donne à la foule la capacité de la reconnaître, il leur signifie qu'elle n'est pas impure aux yeux de Dieu.  Il l'appelle " ma fille" elle est donc "du père" ( sinon de le Loi) et ainsi ils peuvent la reconnaître comme "soeur".  

Pour la faire vivre, il faut renouer la relation avec elle. 

Jésus reçoit autant qu'il donne.  Quelle confiance en lui avait cette femme pour braver les interdits, pour traverser la foule, pour passer au-dessus de la loi et renaître avec Jésus dans l'amour de Dieu.  Mais comme nous dit Adolphe GESCHE " La foi en Dieu, n'a de sens que si elle me donne la foi en moi"

Jésus s'est d'abord occupé de la femme bannie par la Loi, par l'intouchable qui le touche timidement, mais l'émeut au plus profond de son coeur.  Ensuite, seulement, viendra le tour du légiste, de celui qui a la connaissance et qui demande une intervention puissante et pourquoi pas magique : " viens imposer

Jésus se remet en marche  pour arriver à la maison du chef de la synagogue.  Il y trouve des gens emmurés, enfermés dans leurs cris et leurs pleurs comme dans un tombeau.  Il les fait sortir, il les pousse dehors, il les fait passer vers la lumière.  Lui, il passe à l'intérieur avec ceux qui ont confiance en ses paroles de vie, Pierre, Jean, Jacques, le père mais aussi la mère de l'enfant.  Il donne une juste place à la femme, elle qui n'a pas sa juste place à la synagogue.  Il met la mère, la femme, en égalité avec le père, l'homme, face à la vie, alors qu'ils ne le sont pas face à la Loi.  Et l'homme de la Loi, ce chef de la synagogue, voit alors que jésus n'impose pas les mains mais prend la main de l'enfant pour la mettre debout, pour la mettre en marche.  Il lui dit : " Eveille-toi, lève-toi fillette " toi qui dors, ne te laisse pas dominer par la Loi.  Je te donne la vie.  Tu es du Père, fillette.  Ensuite, il demande qu'on lui donne à manger.  Manger : signe qu'elle est bien vivante, mais aussi, signe de relation aux autres.  Il ne faut pas fillette, ne te nourrir que des idées de la Loi, il faut aussi entrer en relation. 

En regardant Jésus oeuvrer de la sorte, Jaïre pourra certainement mieux comprendre le sens de son propre nom " Dieu éclaire".  A son tour, pourra-t-il saisir la main de sa femme pour qu'ensemble ils puissent prendre la main de leur fille, lui secouer l'esprit et le coeur, l'éveiller à l'Amour, à la défense du plus petit, du pauvre, du rejeté ?

Aujourd'hui encore, il est insupportable de voir le sort que l'Eglise réserve à certains.  Comment la hiérarchie peut-elle juger qu'un homme, une femme n'est pas digne de Dieu et lui refuser pour cela les sacrements ?  Jésus ne nous dit-il pas qu'il est venu pour les malades, ceux qui sont humiliés par leur passé, ceux qui sont rongés par une culpabilité enfermante, tous les blessés du corps et de l'âme ?  Comment des hommes se réclamant héritiers du Christ peuvent-ils mépriser la femme au point de ne pas lui donner sa juste place dans l'Eglise ?  Jésus ne nous montre-t-il pas la grande place qu'il accorde aux femmes malgré tous les préjugés de sa culture ?

Mais aujourd'hui nous sommes heureux de voir des " Jacques Gaillot " comme d'autres, qui oeuvrent au milieu des plus démunis.  Nous nous réjouissons de voir nos églises s'ouvrir aux sans papiers.  Tous sont fils et filles du Père.  Nous qui sommes Eglise, qui nous disons héritiers de Jésus, les considérons-nous vraiment comme nos frères et soeurs ?  Nous faut-il encore faire du chemin, traverser, passer sur l'autre rive pour qu'ensemble nous puissions chanter la Pâque ?

Christiane Janssens - Van den Meersschaut.
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Samedi 15 mars 2008 6 15 /03 /Mars /2008 12:14
" La preuve de la Résurrection n'est pas à chercher en l'an 30, mais aujourd'hui en 2004.  La preuve que Jésus est vivant, c'est nous, c'est l'existence des communautés chrétiennes ! "

                                                                 Daniel Marguerat 06/02/2004
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Samedi 15 mars 2008 6 15 /03 /Mars /2008 11:52
 
     Quand on parcourt l ‘ Ancien Testament depuis la Genèse jusqu’aux prophètes et même jusqu’au Cantique des cantiques, on aperçoit une évolution très nette dans la perception de la manière dont Yahvé–Dieu traite avec l‘homme. Son alliance avec Noé est tout à fait unilatérale, avec Abraham elle devient davantage un échange d’engagements, tandis qu‘avec Ezéchiel, Osée et Isaïe les engagements réciproques sont explicites et même il y est fait allusion au droit : ‘’Tu seras mon peuple si tu observes mes commandements’’, et finalement, dans le Cantique des cantiques, l’allégorie de l ‘homme et de la femme qui s’aiment et chantent leurs amours est interprétée par la plupart des exégètes, y compris juifs, comme le symbole de l’alliance de Dieu avec son peuple. Alliance et amour se rejoignent..
 
 Quelle signification donner à cette évolution, sinon la prise en compte des progrès faits par l’être humain dans les relations et les échanges qu‘il entretient avec son semblable ? Jésus lui – même a fait alliance avec ses contemporains, explicitement quand il a partagé le pain et le vin avec eux, et même encore sur la croix quand il a dit à son infortuné voisin crucifié : « Aujourd’hui même tu seras avec moi en paradis ». Il est impossible de penser que Jésus ait eu de quelque autorité que ce soit une autre conception que celle dérivant de l ’ alliance que Dieu fit et n’a cessé de faire, et donc d’un accord convenu librement entre parties : il n’a pas condamné le jeune homme riche retournant à ses biens malgré son appel à le suivre.
 
     Comment alors comprendre que les autorités religieuses les plus expertes en exégèse des Ecritures puissent imaginer que les hommes et les femmes de ce temps mettraient docilement en veilleuse leur intelligence et leur liberté de recherche fondamentale dès lors que leur Eglise continuerait, comme aux temps anciens, d’invoquer des arguments d’autorité sans rapports avec les expériences et la vie ? Serait - ce que les vœux d’obéissance imposés aux religieux aient perverti à ce point leur lecture de l ‘ ancienne et de la nouvelle Alliance ? 
 
     On perçoit ainsi que la ‘’Libre Pensée’’ n’est pas une invention du diable ou la fille de l’orgueil humain puisqu’elle apparaît dans les rapports mêmes que Dieu entretient avec son peuple depuis les origines, ayant fait les hommes ‘’à son image et à sa ressemblance’’
 
Christian Bassine
 
*Alliance en hébreux se dit bérit, traduit en grec diathèké, en latin testamentum.
 
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Samedi 15 mars 2008 6 15 /03 /Mars /2008 11:22
Eh oui !   C’est ainsi que l’exégète Jean-Pierre Charlier (*) nommait cet épisode surprenant, relaté par Marc et Matthieu, dans lequel Jésus se fait audacieusement interpeller par une femme, étrangère de surcroît, qui le supplie de guérir sa fille.
C’est donc l’interprétation de cet éminent bibliste que je voudrais reprendre librement ici.
 
" Lors de l’installation des Hébreux en Canaan, il y eut un vaste brassage de populations, Hébreux et Cananéens de souche contractant facilement mariage entre eux.Ceci ne favorisait évidemment pas la pureté du monothéisme naissant, certains prophètes dénonceront d’ailleurs ces pratiques.
Il fallait que le peuple d’Israël soit un peuple saint, mis à part, en tout différent des autres nations 
dont il fallait éviter la fréquentation. Après l’exil à Babylone ce rejet des païens atteint son paroxysme,
avec la révolte des Maccabées contre les Grecs et l’occupation romaine. Les incirconcis étant des intouchables, le peuple vit alors dans une profonde xénophobie. Telle est encore la situation au temps de Jésus. Spontanément, le peuple est raciste et l’éducation est pénétrée de cette horreur pour les païens. Il n’y a donc aucune raison de croire que Jésus échappe à ce sentiment généralisé. "
 
Rendons-nous donc au chapitre 15, 21 à 28 de Matthieu.
Avant d’aborder le texte, il est intéressant de remarquer que, dans le passage qui précède (Mt 15,10 à 20), Jésus donne un enseignement sur le pur et l’impur, disant : « Ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui rend impur ; mais ce qui en sort, voilà ce qui rend l’homme impur »
La rencontre avec cette femme étrangère se passe dans le territoire frontière de Tyr et Sidon au nord de la Galilée ; nous sommes donc symboliquement à la frontière du pur et de l’impur.
 
" La femme qui implore Jésus est dite Cananéenne, en grec « Kananaya », un mot qui par sa consonance évoque déjà le « petit chien » ( kunarion, diminutif de kuôn, en latin canicula) ; elle se met à crier, comme crie un animal (kratzô) : d’emblée donc, cette femme a quelque chose de canin, qui annonce la suite du récit. Pas étonnant, puisqu’on traitait couramment les païens de chiens.
Comme un chien encore, elle suit Jésus, qu’elle appelle  « Seigneur », ( kurios : maître), elle qui n’est qu’un kunarion : les jeux de mots se multiplient. Jésus ne lui répond pas un mot. Il l’ignore. Agacés par les cris, les disciples demandent à Jésus de la renvoyer, littéralement de la «délier» (apoluô), de lui ôter sa laisse afin qu’elle s’en aille. Mais Jésus s’indigne : il n’est pas venu pour les païens, mais seulement pour les brebis perdues d’Israël. Il n’est pas question pour lui de s’occuper de cette païenne.
Celle-ci opère alors un mouvement tournant, arrive devant Jésus et là, elle se prosterne, se couchant à plat ventre comme un chien (pros-kunéô) devant son « maître ». Avec un certain « cynisme » Jésus la rappelle à l’ordre : « Il n’est pas bien de prendre (labein) le pain des enfants et de le jeter (balein) aux chiots. Le mot méprisant des Juifs qui parlent ainsi des païens a franchi les lèvres de Jésus : il est bien un enfant de son peuple !
Soumise, la femme approuve, appelant Jésus « maître » pour la troisième fois. Elle poursuit néanmoins sa supplique, négligeant le parallèle « enfants / chiots » avancé par Jésus, pour préférer le rapport « chiots / maître », qui manifestement touche le rabbi juif. Elle lui répond donc: « Justement, Maître, les petits chiens mangent, en effet, les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres ! ». La femme a fait mouche, Jésus est perplexe et décontenancé. Il ne peut que reconnaître la profondeur de la foi de cette païenne à qui, enfin, il s’adresse avec affection, l’appelant «femme» (ô gunai), sans dissimuler son émotion.
Naguère, Jésus a appris à ses disciples comment prier en disant : « Père, que ta volonté soit faite ». Ici, il retourne la formule et l’adresse curieusement à la femme en disant : « Qu’il soit fait selon ton désir ».
Ce récit met finalement moins en vedette la foi de la Cananéenne et la guérison de sa fille que la conversion de Jésus. Né raciste et éduqué dans le mépris pour les païens, Jésus découvre subitement qu’ils sont, tout autant que les juifs, objets de la tendresse du Père."
 
Quant à nous, ce récit nous fait découvrir, avec bonheur, un Jésus vraiment humain et proche de nous ! Je me souviens très précisément du grand soulagement que j’ai ressenti lorsque au cours de sa conférence Jean-Pierre Charlier nous présenta cette « conversion ». Ah oui ! Donc, Jésus lui aussi s’est trompé, il a fait des erreurs comme nous. Il était, comme nous, conditionné par son bagage génétique, son éducation, son environnement social. L’image lisse d’un Jésus parfait qui, disait-on «  a partagé notre humanité sauf le péché » s’envolait en fumée! Ce fut, pour moi, un des premiers déclics qui m’amena à la recherche de l’homme Jésus…d’avant l’Evangile. 
On ne sait pas si cet épisode est historique ou non, mais les auteurs montrent très bien, à travers la réticence de Jésus, les difficultés que celui-ci, et plus tard les premières communautés chrétiennes, ont rencontrées pour se décider à aller à contre-courant des institutions religieuses de leur époque.
Au début du récit, Jésus semble coincé. Il est prisonnier de ce qu’il a dans le cœur, de ce qu’on lui a appris. Alors qu’il dit lui-même au verset 18 que « ce qui sort de la bouche vient du cœur et que c’est cela qui rend l’homme impur », il se met à prononcer des paroles impures. Son éducation le rend comme aveugle et il se retrouve ainsi lui-même dans la parabole des aveugles qu’il cite au verset 14. Parlant des Pharisiens, il dit « ce sont des aveugles qui guident des aveugles. Or, si un aveugle guide un aveugle, tous deux tomberont dans un trou. »
La Cananéenne va lui éviter la chute en lui ouvrant les yeux, le poussant ainsi à se remettre en question et à retrouver sa liberté de pensée. Cette femme sera, au fond, l’actrice d’une triple guérison : la sienne, celle de sa fille et…. celle de Jésus !
 
Cette parabole des aveugles et le récit de la femme cananéenne me semblent, hélas, fort d’actualité. Je songe évidemment à mes propres aveuglements, aussi à ceux des grands de ce monde, mais surtout à ces masses manipulées suivant aveuglément des intégristes souvent aveuglés par la haine et qui les mènent au trou, au chaos. Je songe aussi, bien sûr, aux hauts responsables de notre Eglise qui semblent ne pas remarquer que le monde a changé, et qu’il faudrait peut-être qu’ils remettent sérieusement en question, non seulement le langage, mais surtout le contenu de leur enseignement en utilisant enfin les formidables acquis de l’exégèse contemporaine.
 
Herman Van den Meersschaut
 
(*) Jean-Pierre Charlier Dominicain. Jésus au milieu de son peuple « Les Cahiers de la Parole   1982 »
 
 
 
 
 
 
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Samedi 15 mars 2008 6 15 /03 /Mars /2008 11:06
 
Libre Pensée Chrétienne reprend son cheminement ; c’est certainement ce qu’André aurait le plus aimé. Où situons-nous notre démarche ? Avec tant d’autres, en ce monde en voie de globalisation, au-delà des religions d’un chacun, nous adhérons évidemment aux grandes valeurs qui constituent l’homme : Justice, Amour, Liberté, Vérité. Nous nous sommes découvert « homme moderne » qui avons appris à penser par nous-mêmes, rejetant tout dogmatisme. Notre liberté de pensée s’exerce dans une société démocratique qui se fonde elle-même sur le libre choix de chacun.
 
Notre démarche est cependant spécifique. En effet, nous ne renonçons pas, comme tant d’autres, à nos racines chrétiennes. Nous persistons à penser – et, surtout, à vivre - qu’une source d’eau vive s’y trouve qui nous désaltère. Nous l’avons découvert par la lecture personnelle de l’Ecriture. Nous y avons rencontré la personne de Jésus de Nazareth. Ainsi se résumerait notre ligne de pensée.
 
Mais où en sommes-nous face à l’Eglise-Institution ? Ses propres pratiques religieuses - qu’elles utilisent notre langue maternelle, ou que l’on puisse revenir au latin - nous nourrissent-elles encore assez? Ses préceptes, et surtout ses interdits moraux, nous éclairent-ils dans nos choix ? Les dogmes qu’elle proclame nous aident-ils à comprendre notre vécu intérieur ? Son Credo correspond-il encore à ce à quoi nous adhérons ? Et nous en arrivons à nous poser finalement la question : mais quel est encore l’avenir du christianisme ?
 
A ce sujet, Maurice Bellet, en 2001 déjà, avait formulé plusieurs hypothèses. Il y en avait une qu’il faisait sienne, d’où le titre de son livre : la quatrième hypothèse(1). Rappelons-les brièvement. Ne serait-elle pas aussi celle de la plupart d’entre nous ? La nôtre comme Libre Pensée Chrétienne ?
 
1.(Première hypothèse) : le christianisme disparait, et avec lui, le Christ de la foi. L’événement a été souvent annoncé, aux XVIIIe et XIXe siècles déjà. Eh bien, il s’accomplit. Ce n’est même plus l’effet d’un conflit, d’une lutte anti-chrétienne. Cela s’en va. Cela s’évacue. C’est indolore. On n’y songe même plus. Disparition. 
Il en reste, évidemment, les monuments, les œuvres d’art, ce que disent les travaux des historiens. Comme pour Isis et Osiris ou les dieux de Babylone…
 
2. Deuxième hypothèse : le christianisme se dissout. Il n’est pas à proprement parler, détruit. Mais ce qu’il a pu apporter à l’humanité devient le bien commun et lui échappe. Ainsi ces « valeurs chrétiennes » de respect de la personne, soin des souffrants, dignité des pauvres, etc., si fortement méconnues dans les « âges chrétiens » et qui s’imposent davantage aujourd’hui… Jésus peut trouver place là dedans, comme dans le panthéon hindou. Maître spirituel admirable, un des chaînons de la grande tradition, mais pas plus.
 
3. Troisième hypothèse : le christianisme continue. On conserve, on restaure, on rétablit… Tout reste… fondamentalement inchangé : un pas à droite, un pas à gauche, pour pouvoir durer dans les cahots de l’âge moderne.
 
4. La quatrième hypothèse, c’est qu’il y a bien quelque chose qui finit, inexorablement : et c’est précisément ce système religieux, lié en fait à l’âge moderne d’Occident et beaucoup plus dépendant de lui qu’il ne l’imagine…c’est bien d’une fin du christianisme, s’il s’agit d’un de ces –ismes qui caractérisaient la modernité (idéalisme, marxisme, matérialisme…). Quelque chose meurt : et nous ne savons pas jusqu’où cette mort descend en nous.
Aussi bien, cette crise chrétienne est indissociable d’une crise beaucoup plus générale… Ce qui est en cause est comme la fin d’un monde, au moment même où il peut paraître à son apogée. Quelque chose s’annonce, et nous ne savons ce que ce sera. Mais c’est comme si nous étions sur la ligne de départ, à l’orée d’un nouvel âge d’humanité. Pour le pire ? Pour le meilleur ? Nous ne savons pas ; mais c’est largement entre nos mains.
La question est : en ce lieu inaugural, est-ce que l’Evangile peut paraître comme Evangile, c’est-à-dire la parole précisément inaugurale qui ouvre l’espace de vie ? Le paradoxe est grand, puisque l’Evangile… c’est vieux ! Mais peut-être que le temps des choses capitales n’est pas régi par la chronologie ; peut-être que la répétition peut être répétition de l’inouï, comme après tout chaque naissance d’homme est une répétition banale – et, à chaque fois, l’inouï.
Si l’Evangile est, ici et maintenant, cette parole-là, tout le reste nous nous en arrangerons…
 
Je choisis la quatrième hypothèse.
 
C’est la troisième hypothèse qui prend actuellement le plus de relief. Le précédent pontificat avait arrêté toute évolution au sein de l’Eglise grâce à la nomination d’évêques recrutés parmi ceux qui étaient prêts à soutenir de toute façon les positions romaines, et par la mise au pas des théologiens susceptibles d’apporter du neuf à la réflexion et la vie chrétienne ; ainsi l’ensemble de la théologie de la libération. Nous en sommes maintenant à un retour au passé, à une restauration qui voudrait faire oublier les quelques acquis de Vatican II.
 
Plus fondamentalement, c’est la capacité de l’homme moderne à « penser par lui-même » qui est désormais mise en cause à Rome. On n’y discerne plus que du relativisme. Car il n’est rien de bon qui puisse émaner de l’homme laissé à lui-même, ni d’une société qui ne reconnaitrait pas l’autorité divine pour la guider, c’est-à-dire d’une société réellement démocratique et laïque.(2) D’ailleurs la révolution française, la première grande concrétisation des aspirations de l’homme moderne, a fait le plus grand tort à l’histoire humaine, ne se prive pas de dire le pape actuel.
 
Il faut vivre hors de Belgique, et des pays du nord en général, pour se rendre compte de l’importance prise dans l’ensemble de l’Eglise par des mouvements tel l’Opus Dei, Communion et Libération, les Légionnaires du Christ…Ils se retrouvent partout dans les dicastères romains et constituent désormais un vivier dans lequel se recrutent la plupart des nouveaux évêques de la planète. La troisième hypothèse prend actuellement le visage d’une dérive sectaire. La quatrième hypothèse, en contrepoint, nous dit qu’autre chose est en train de naître. Un ancien monde s’en est allé, celui de la chrétienté, propre à une « société agraire » qui n’est plus la nôtre. Notre nourriture essentielle, nous la cherchons ailleurs que dans cette hiérarchie romaine et ses inconditionnels qui continue à parler la langue d’une autre civilisation, d’une autre culture. Nous sommes revenus aux origines, à la source : la personne de Jésus rencontrée dans l’Ecriture. C’est là que la vie reprend et crée autre chose, du neuf. Nous sommes en route vers autre chose que nous ne connaissons pas et dont nous ne savons quels traits aura son visage. Etre parti sans savoir où nous allons, peut effrayer. Mais c’est par là que nous mène notre chemin de fidélité au meilleur de nous-mêmes. Il est pour nous chemin de Vie et source de Joie.
 
C’est ici que Libre Pensée Chrétienne peut nous réunir. Le fait de pouvoir partager notre cheminement avec d’autres qui vivent la même expérience est essentiel. Reconnaissant que ce que découvrons comme vrai et juste l’est aussi pour d’autres, nous osons chacun faire le pas suivant et avancer. Nous y découvrons que « Nous sommes Eglise » ; nous n’avons à en rejeter personne, ni à nous en exclure nous-mêmes. Nous Vivons !
 
Faisons nôtre ce qu’écrivait Saint Paul aux Galates :
 
« Vous, mes frères, c’est à la liberté que vous avez été appelés. Donc tenez bon et ne retombez pas sous le joug de l’esclavage - celui de la loi à respecter, imposée d’en haut comme venant de Dieu - ; mais, par l’amour, mettez-vous au service les uns des autres, car un seul précepte contient toute la loi en sa plénitude : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » (Galates 5 13-14)
 
 Edouard MAIRLOT (20.12.2007)
 
 
(1) : Maurice BELLET, LA QUATRIEME HYPOTHESE sur l’avenir du christianisme : Desclée de Brouwer 2001.
 
(2) : On retrouve ici une pensée augustinienne : L’homme a été tellement abimé par le péché originel qu’il ne peut rien de positif sans la grâce divine. Et celle-ci ne peut lui parvenir qu’à travers l’église
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Samedi 15 mars 2008 6 15 /03 /Mars /2008 09:13
                                   LIBRE PENSEE CHRETIENNE (*)
 
 
 
A l’immobilisme traditionaliste et conservateur qui a pour conséquence que le discours de l’Eglise ne passe plus.
 
Ce qui renforce la difficulté, c’est que les traditionalistes sont de bonne foi quand ils pensent devoir conserver les formules du passé pour être fidèles à l’Eglise, à la foi, à la religion, à Jésus…Or, la tradition n'est pas de dire ce que nos pères ont dit mais ce qu’ils auraient dit s’ils avaient vécu aujourd’hui.
Une autre difficulté réside dans le fait que beaucoup de chrétiens progressistes « quittent sur la pointe des pieds » selon l’expression bien connue. Et ceci a pour conséquence que ceux qui « restent » sont majoritairement conservateurs.
 
Pour résister de manière constructive, il faut agir positivement. Nous avons bénéficié du travail accompli par de nombreux pionniers avant nous. Je voudrais particulièrement en citer deux.
Le premier est le père dominicain Jean-Pierre CHARLIER, exégète, qui nous a aidés à comprendre correctement la Bible et à nous débarrasser d’interprétations fondamentalistes, c.à.d. littérales et historicisantes. Le second est Marcel LEGAUT, maître de spiritualité, qui nous a aidés à découvrir la fidélité à Jésus, au-delà de tout ce que notre religion a ajouté, modifié, oublié, déformé au cours des siècles…
 
Pour concrétiser cette résistance constructive, nous essayons de vulgariser, c.à.d. de simplifier et de mettre à la portée des non-spécialistes le travail qui est fait par des historiens, exégètes, théologiens, philosophes et autres maîtres de la spiritualité.
 
Voici un exemple très important, puisqu’il concerne ce que beaucoup considèrent comme le centre de notre foi, à savoir, la Résurrection du Christ
Combien de chrétiens, encore aujourd’hui, n’ont jamais entendu qu’il y a deux sens différents du mot résurrection. Le premier, le sens habituel, signifie la réanimation du cadavre et le retour à la vie antérieure, telle qu’elle était avant la mort. Ce n’est pas le cas de la Résurrection du Christ.
Le second sens est le retour à une Vie toute autre, qui est la vie même de Dieu, une vie dans l’Esprit. Et là, c’est le cas de la Résurrection du Christ. Il ne s’agit donc pas d’interpréter les récits d’apparition du Ressuscité au sens littéral ou matériel.
Si Marie-Madeleine et les Apôtres ont « vu » Jésus, c’est avec les yeux de la foi, pas avec leurs yeux de chair.
 
Il est évident que nous ne pouvons plus confondre l’objet de notre foi avec les croyances d’une autre époque. On voit de suite que le chantier est vaste : le péché originel, l’immaculée conception, la virginité physique de Marie, les miracles, etc.
 
Pour rassurer les hésitants, nous aimons attirer l’attention sur les leçons du passé, comme par exemple les affaires GALILEE et DARWIN. En effet, il est beaucoup plus à la gloire de Dieu de créer l’humanité par cette merveilleuse évolution des espèces dont parlent les scientifiques, que par la manière anthropomorphique du récit de la Genèse.
 
Vous pouvez comprendre combien cela nous fait souffrir de voir ceux que nous aimons « quitter sur la pointe des pieds » à cause d’un discours désuet qui n’est plus crédible. Vous pouvez comprendre aussi notre joie et notre enthousiasme dans la résistance constructive à un conservatisme de bonne foi mais mal informé.
 
                                                                                                                 André VERHEYEN
(*) Cet article a été publié dans les « Notes de travail  de l’A.C.I.(Agir en Chrétiens Informés)
                                   LIBRE PENSEE CHRETIENNE (*)
 
 
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Vendredi 14 mars 2008 5 14 /03 /Mars /2008 18:04

La question peut paraître saugrenue. Pourquoi cela poserait-il question que de penser " librement " dans le cadre de la tradition chrétienne ?

Et pourtant, formulée ainsi, la question recèle déjà une incontournable contradiction !

En effet, nous sommes habitués à considérer le " christianISME " comme un " système " de " croyances " données au départ et hors desquelles il ne s’agirait plus de la même chose.

Ces " idées reçues " seraient, grosso modo, contenues dans les deux " Credo " en usage dans nos églises : le Symbole de Nicée-Constantinople, plus en usage dans les traditions catholique et orthodoxe (sans " filioque " !), ou le Symbole des Apôtres, plus sobre théologiquement, et plus courant dans la tradition réformée.

Partant de là, on peut, et on doit, se poser très légitimement la question de savoir si une libre pensée chrétienne est seulement envisageable : peut-on " penser librement " si l’on est contraint d’admettre, d’emblée, autant de propositions (et bien d’autres encore) qui ne doivent rien à l’exercice libre de notre raison ?
 

Vers une certaine " liberté d’opinion " ?

Dans les faits, qu’on le veuille ou non, depuis quelques siècles, et plus encore au cours du 20ème, et en ce 21ème siècle commençant, le monde chrétien, de culture occidentale, en tout cas (quid de l’ Orient chrétien ?…), a, peu à peu, cessé de donner l’image monolithique et unanime qu’il s’efforçait de présenter depuis le Moyen-âge …

Dans notre Occident chrétien, latin, et ses sphères d’influence, après des crises profondes au Moyen-âge, les coups de boutoir de la Renaissance, l’épanouissement, au 16ème siècle, dans la douleur, d’un christianisme dit " réfomé " en parallèle à l’institution romaine, l’esprit des " Lumières ", et surtout, la perte, pour l’Église, de toute possibilité de recours au bras séculier pour imposer ses vues à tous
, la " décléricalisation " radicale des " pouvoirs " politique et judiciaire, le paysage n’a jamais cessé d’évoluer vers une plus grande " liberté d’ opinion " de fait (sinon de droit " canonique ").

Cette sécularisation croissante des sociétés et des " esprits ", le niveau croissant du " savoir " des " masses ", l’approche " scientifique " du réel (des sciences physiques aux sciences humaines ), le brassage pluraliste des cultures, les formidables progrès dans la connaissance de la genèse de nos " textes fondateurs ", juifs et chrétiens, et dans la connaissance de la genèse du (ou des ?) " chistianisme(s) " des origines, tous ces éléments sont venus bousculer les certitudes les plus établies. Dans l’éventail des " expressions " chrétiennes à travers le monde, on pourrait dire que pas un article de nos " credo ".

De fait, de très nombreux sondages, dans tous les publics " chrétiens " et sur tous les sujets, montrent qu’ au niveau personnel, mais aussi de tel ou tel " groupe ", on retrouve, concernant le contenu de la " foi ", toute la gamme des opinions les plus variées qui se sont exprimées dans le christianisme, depuis ses origines.

Mais la grande nouveauté est probablement plutôt dans le fait que toutes ces femmes et ces hommes chrétiens ne CULPABILISENT absolument PLUS de " croire " autrement que selon le schéma imposé d’en haut, de se faire leur opinion sur telle ou telle proposition de la " foi " et, qui plus est, au lieu de voir là un " chemin de perdition ", voient dans cette libre détermination critique, et cette libre adhésion finalement plus " existentielle " que " dogmatique ", l’une des conditions nécessaire de l’accès de chacun à la Lumière " qui éclaire tout homme ". n’échappe, ici, ou ailleurs, à un questionnement radical et à une ré-interprétation !

Le statut même des " Écritures " et de leur interprétation est re-visité, et les " instances " habilitées à dire le " vrai ", remises en question. et tout au long de sa tumultueuse histoire " doctrinale ", bien avant, et encore bien après toutes les tentatives de " geler " définitivement la pensée des croyants, et de voir des " hérétiques " partout !

De plus, on assiste à une " proximité " croissante, une sorte de perméabilité de nombreux chrétiens aux grandes traditions spirituelles de l’humanité (désormais présentes à nos portes) dans leur compréhension du mystère qui lie l’ Homme au Divin.

De fait, ce qui semble faire de plus en plus difficulté c’est la relation de chaque personne " croyante " avec les " communautés instituées ". Le fossé entre la foi personnelle, l’expérience existentielle du " Divin " d’une part, et le discours doctrinal, le contenu des liturgies, le mode de présence au monde des " communautés " d’origine se creuse inexorablement. 

C’est vrai pour le fidèle catholique, mais aussi pour de nombreux fidèles des grandes Eglises historiques hors juridiction romaine. Les " croyants " d’aujourd’hui sont souvent condamnés ou bien à une grande solitude spirituelle, ou bien à des migrations confessionnelles toujours plus ou moins bancales et insatisfaisantes.

La vraie question qui se pose en " christianisme " en matière de " liberté de penser " ne concerne-t-elle pas d’abord les " institutions " et, surtout, la liberté de recherche et d’expression des " clercs ", ceux qui, dans les institutions, ont vocation, qualification, charge et mission de " penser " la " foi " pour la transmettre et la proposer de manière toujours plus " authentique " à l’adhésion de leurs contemporains, ceux de l’ " intérieur " comme de l’ " extérieur " ?

Vers une libre pensée CATHOLIQUE ?

Ce qui vient d’être dit vaut, à des degrés divers pour toutes les Eglises instituées. La " liberté de penser " n’est jamais allée de soi dans aucune Eglise … 
En catholicisme, c’est d’autant plus évident qu’historiquement la libre pensée est totalement étrangère à la culture de la " tradition " romaine !

Dans ce monde, toutes les lignes semblent bouger, y compris celles des grandes traditions spirituelles.

E
n revanche, si l’on se réfère au monde catholique-romain, où qu’il soit implanté, dans les circonstances actuelles, on a l’impression d’une volonté systématique de paralyser toute velléité d’interroger la Doctrine, la Tradition, voire même " les " traditions… !

Tout penseur " catholique ", où qu’il exerce, qui s’écarte tant soit peu de ce que le " Magistère " et un épiscopat timoré, " aux ordres ", considère comme la stricte " orthodoxie ", scripturaire, dogmatique, ecclésiologique, éthique, voire "disciplinaire ", est sommé, aussitôt que repéré (dénoncé ?), de s’expliquer, puis, le cas échéant, de se rétracter, ou bien de renoncer à " enseigner " ou à " publier " au titre d’ écrivain, théologien, de prédicateur ou d’enseignant officiellement catholique.

Les exemples abondent, et non des moindres, dont la liste serait trop longue et chaque jour en apporte de nouveaux. " L’année 2007 reste dans les mémoires comme annus horibilis pour la liberté des théologiens ". (Romano Libero, Golias hebdo nº8).

En fait, le " Magistère " romain, n’ayant plus, depuis longtemps, les moyens de faire taire des penseurs qui osent interroger radicalement la vieille et lourde Tradition (dont Rome se pense le seul vrai défenseur, pour l’éternité), n’a plus qu’une solution : les discréditer et leur dénier la qualité de " catholique " !

En gros, l’attitude romaine à l’égard de toute " pensée libre " consiste à maintenir l’ " orthodoxie ", si nécessaire, par le VIDE ! Cette logique absurde ne conduit-elle pas à ce que, un jour prochain, seul un îlot, le Vatican, et quelques bastions " intégristes " pourront encore s’auto-proclamer " catholiques "… Il y a là, de fait, toute la dérive d’enfermement propre aux sectes !

André Verheyen, dans une brève correspondance que j’avais eue avec lui, m’avait dit toute sa volonté que ce combat pour une " libre pensée " se livre bien dans l’Eglise romaine. Ce n’était certes pas choisir la facilité !

Et c’est sans doute bien que le changement est le plus urgent pour qui prend au sérieux ce que l’événement Jésus peut signifer de libération réelle pour l’Humanité. Mais ne nous y trompons pas : ce combat commence en nous-même !

Sommes-nous, théologiquement et spirituellement si libres que nous le croyons ?

Je suggère qu’à LPC, chacun d’entre nous s’interroge méthodiquement sur chacun des articles des deux " credo " cités, pour voir sur lesquels il estimerait toute remise en question absolument impossible ! Et pourtant, ils sont TOUS questionnables ! La liberté de " penser " suppose d’incroyables renoncements, et le " creusement " d’une vie spirituelle toujours plus dépouillée.

Parce qu’entrer en " liberté " de penser implique de la part de tous, un incroyable travail sur soi, pour apprendre l’" écoute " profonde d’une " parole " autre, mais aussi l’aptitude à " dire ", à offrir clairement et sereinement aux autres ce qu’on a " entendu " dans le silence et le secret de l’étude.

Cet apprentissage de l’ écoute, et de la " parole ", pourrait métamorphoser beaucoup de nos " assemblées " et nos Eglises… c
atholiques, la " liberté de penser " notre foi n’est pas dans notre culture. Elle fait peur, mais pas seulement à l’institution…

Entrer dans un chemin intellectuel et spirituel pour la reconquérir, la découvrir, n’est-ce pas faire un grand pas vers le Dieu de Jésus, ce croyant libre, s’il en fut…et qui paya si cher sa " liberté " !

Alain Dupuis

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Mardi 4 mars 2008 2 04 /03 /Mars /2008 11:34

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