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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 14:24
Une foi… non religieuse.
Marc Dandoy
LPC n° 19 / 2012

Il nous semble que, pour être fidèle au message libérateur de l’homme Jésus, le christianisme doit (re)devenir non religieux. Paradoxe ? Peut-être pas !!!

Beaucoup préfèrent aujourd’hui parler du christianisme en termes de "foi". Mais cela change-t-il quelque chose ? Cela dépend de ce que l’on met sous les mots. Ce que l’on sait, c’est que le mot "foi" dérive de la racine hébraïque émouna. Cette racine émouna - qui nous a donné le mot "amen" - évoque quelque chose de solide, quelque chose de bien enraciné, bien ancré. Le mot "pieu" (au sens de "piquet") est ainsi associé à ce terme. Et un piquet, pour un hébreu nomade vivant parfois ou souvent dans le désert, c’est vital : le "pieu", c’est ce qui fait tenir la tente face aux vents du désert ; grâce aux "pieux", la tente résiste. Et la foi est de cet ordre : un ancrage, quelque chose qui, malgré les tempêtes, nous maintient en vie et nous permet de résister.

Le christianisme n’a donc rien d’une "religion" construite sur des dogmes et des doctrines et qui se maintiendrait grâce au carcan d’institutions pesantes et paralysantes.

La foi, c’est "tout simplement" une "bonne nouvelle" (sens du mot "évangile") qui nous permet de tenir le coup. La foi en l’Homme Jésus est bien une sagesse, une philosophie de vie, une manière d’être et surtout une manière d’agir, une "praxis" comme l’est d’ailleurs aussi le judaïsme. La foi n’est donc ni de l’ordre du contraignant, ni du moralisant, ni du culpabilisant que présentent certains types de religiosités dites chrétiennes ; la foi, par contre, est découverte du souffle et de la dynamique d’une bonne nouvelle libérante et libératrice. La foi n’est donc ni une "croyance" ni un "savoir", fût-il sur "Dieu ! "

Un collègue français, Pierre-Yves Ruff, écrivait : "Depuis toujours, la foi est le contraire des certitudes. Quand je sais quelque chose, je n’ai pas besoin de le croire. Si j’en suis absolument certain, je ne ressens pas la nécessité d’un acte de confiance. Je sais : cela suffit. Ce n’est que lorsque je ne sais pas qu’un mouvement de foi devient possible… ou superflu (…). Le seul Dieu qui m’importe est celui que j’ai rencontré. Il n’est pas dramatique qu’il ne ressemble pas toujours à ce qu’on dit de lui. Si demain je le découvre différent de ce que je suppose, je changerai immédiatement d’avis. Mais il est clair que ce que je perçois de lui aujourd’hui m’éloigne des discours les plus classiques. Ceux-là me parlent d’un dieu que je trouve bizarre, pour ne pas dire caractériel (…). Ils me paraissent faire de Jésus une idole chrétienne".

Voilà ma crainte : je crains que la "religion" n'enferme, n'emprisonne, ne détermine, ne définisse, ne fixe, ne clôture…Voilà mon espérance : que la foi ouvre et s’ouvre, libère, respire, voyage, vagabonde, cherche… et cherche encore.

Marc Dandoy

Published by Libre pensée chrétienne - dans Foi et croyance