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12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 10:00
André GounelleParabole du fils prodigue Luc 15, 11-32
André Gounelle

Chers amis, chères amies. Cette semaine, nous vous recommandons chaudement de visiter le site du pasteur , pour ses commentaires bibliques et particulièrement ceux des paraboles.

En voici un extrait ...

On a beaucoup hésité sur le titre qu’on pouvait donner à cette parabole.

Traditionnellement, on l'appelle "parabole du fils prodigue", ou "du fils perdu", en mettant l'accent sur ce cadet qui s'en va et qui dilapide son argent, avant de revenir à la maison familiale et hospitalière. On a vu en lui soit l'image de l'humanité qui pèche et se repent, qui s'éloigne de Dieu et retourne à lui, qui chute avec Adam et se relève avec le Christ, soit l'image des païens, éloignés de la maison d'Israël et que l'évangile y fait entrer. Cette interprétation oublie ce que Jésus ne cesse de proclamer, à savoir que Dieu n'a pas attendu que les égarés se repentent pour sortir de leurs malheurs et se convertissent pour échapper à leur misère, mais que, comme le berger et le femme des deux paraboles qui précèdent, il est parti à leur recherche.

D'autres préfèrent comme titre : "la parabole des deux fils", voulant éviter que le commentateur ne ressemble au père de la parabole qui a tranquillement ignoré et oublié son aîné. Pour certains gnostiques des premiers siècles, ce fils aîné correspondrait aux anges, jalousant les êtres humains et la place qu'ils tiennent dans l'action de Dieu. Ces gnostiques voyaient dans les anges des gardiens non pas amicaux et rassurants comme dans l'imagerie populaire, mais hostiles, malveillants, tels des surveillants malintentionnés, peu serviables, et très à cheval sur leurs prérogatives. Pour d'autres commentateurs, plus nombreux, le fils aîné représenterait les courants rigoristes et légalistes du judaïsme qui n'admettent pas que les païens puissent être admis dans la maison de Dieu sans suivre toutes les prescriptions de la loi, sans se mettre en règle avec elle.

On a également suggéré d'intituler notre parabole "le père miséricordieux" ou "le père admirable", en insistant l'amour et la générosité du père qui fait contraste avec l'ingratitude des deux fils, aussi bien de celui qui part que de celui qui reste. Cette dernière appellation a aujourd'hui beaucoup de succès et elle est la plus répandue. Je dois avouer qu'elle ne me convainc pas et que, de plus en plus, je me demande si en l'adoptant, on ne se trompe pas, on ne s'égare pas.

Oserai-je, suggérer une lecture aventureuse et renversante de notre parabole, qui paraîtra probablement extravagante, voire choquante, à beaucoup, et qui l'est peut-être ?

André Gounelle

Published by Libre pensée chrétienne - dans Commentaires d'évangiles