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21 octobre 2017 6 21 /10 /octobre /2017 09:48
André VerheyenToussaint
André Verheyen

Dans quelques jours, des miIlions de chrétiens - et d'autres peut-être aussi - fêteront la Toussaint avec, souvent, une dimension très accentuée de la mémoire des défunts.

La confusion entre la Toussaint et le Jour des Morts n'est évidemment pas dangereuse puisque la plupart des saints que nous honorons sont morts et que beaucoup de nos défunts ont vécu une certaine sainteté.

Dans notre pays, le ler novembre est jour férié, pas le 2, ce qui explique que les visites aux cimetières se font surtout le jour de Toussaint.

Ce qui, par contre, est beaucoup plus préoccupant, c'est la qualité médiocre d'un culte des saints, généralement intéressé et souvent superstitieux. Si on ajoute à cela une conception dépassée du Paradis, liée aux dimensions de temps et d'espace, on aura compris qu'il y a encore "du pain sur la planche" pour une sérieuse réflexion.

Plusieurs personnes, qui sentent bien qu'il y a quelque chose qui cloche dans le système folklorique et superstitieux actuel, nous demandent "si ça sert encore à quelque chose de prier les Saints". L'utilisation du verbe "servir" est remarquable : comme si le culte que je voue à mon père et à ma mère devait servir à quelque chose!

Et pourtant si ! Cela sert énormément, à condition de revoir radicalement ce système que j'ai appelé folklorique et superstitieux.

Il est clair que si je prends la peine de lire une biographie de St Antoine de Padoue, j'y découvrirai sa foi profonde et son zèle missionnaire. Si alors, même sans paroles ni prières formulées, je pense à lui en désirant partager sa qualité de vie spirituelle, bien sûr, mon désir va être efficace.

Mais quelle honte et quelle pitié dans ces pseudo-prières où on demande à St Antoine de retrouver des objets perdus!

Nous avons recréé notre "panthéon" à l'instar des religions de l'antiquité gréco-romaine qui avaient leurs divinités tutélaires pour l'amour, la guerre, les voyages en mer, l'économie et les af­faires, la chasse, etc.

Un des cas les plus surprenants est celui de St Christophe dont tout le monde sait actellement qu'il s'agit d'un personnage de légende. (1)

Rien ne s'oppose évidemment à ce qu'on continue les manifestations folkloriques autour de St Christophe dans le cadre de la valorisation du patrimoine. Mais entretenir l'ambigüité de cette pseudo-dévotion superstitieuse envers un personnage de légende ne favorise certainement pas la crédibilité du culte des Saints.

Nous conseillons plus volontiers la communion spirituelle avec quelqu'un comme Dom Helder Camera, qui n'a heureusement pas encore été récupéré par le système. Cette communion spirituelle-là, oui vraiment, ça sert à quelque chose...

André Verheyen - LPC – octobre 1999

(1) "Ce saint, très populaire au Moyen Age, a été écarté du calendrier romain en 1970, son histoire ne relevant que de la légende." (Dictionnaire LAROUSSE • 2 volumes - 1988)
N. d. l. r. : les dictionnaires spécialisés dans le domaine de la vie des Saints mentionnent neuf saints Christophe mais aucun d'eux n'a quelque chose à voir avec la légende qui est née du nom "Christophoros". En effet, cela signifie en grec "porteur de Christ". (retour)
Published by Libre pensée chrétienne - dans Fêtes liturgiques Foi et croyance Mort - Au-delà - Eternité Culte des Saints