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12 mars 2022 6 12 /03 /mars /2022 09:00

 

bateau lpc Mon humble opinion personnelle à propos du texte
« Petit homme infime en chemin vers l’immense »
de Bernard Feillet, paru sur le blog le 12 février
Luc Bossus

Comme le dit Bernard Feillet et « comme beaucoup » de personnes le pensent aussi, « je ne reconnais plus » aujourd’hui, « dans cet unique itinéraire obligé » par l’Eglise Institution catholique (= "le chemin du salut, depuis le péché originel, en passant par l’incarnation de Jésus, la rédemption, l’institution ecclésiale," les dogmes et "les sacrements pour arriver, au terme du voyage, pas forcément au bonheur, mais très certainement au jugement dernier") le chemin de mon accomplissement. » Au contraire… !

Par contre, je garde précieusement et profondément ancrée en moi l’interprétation que je fais, avec d’autres membres de la Libre Pensée Chrétienne, de l’Evangile et de la vie de Jésus de Nazareth. Les valeurs qu’il a vécues et prônées balisent mon chemin de vie singulier. J’essaie de les vivre le mieux possible…

Je ressens, malgré mes convictions profondes et sans doute à cause de mon esprit d’ouverture aux autres et à leurs pensées multiples, que mon équilibre de vie est cependant instable et reste provisoire puisque je suis « en recherche »… Je ne prétends pas du tout détenir LA VÉRITÉ, j’essaie tout simplement de construire la mienne !

Et comme l’écrit Bernard Feillet presqu’à la fin de cet article : « L’Écriture apparaît alors comme un lieu de saisie étonnant. Non pas comme une "parole de Dieu", mais comme le balbutiement d’une humanité qui tout doucement apprend à parler de l’essentiel. Ce texte a été écrit par des génies spirituels, qui en le construisant, se sont construits eux-mêmes dans l’émergence du divin. » Et pour moi comme pour d’autres, aujourd’hui, après les 1er et 2ème Testaments, nous sommes en train de vivre le 3ème qui s’écrit chaque jour.

Dans le paragraphe suivant de son écrit, Bernard Feillet nous dit que « (…) chaque homme, quelles que soient ses références religieuses, est invité à devenir le Christ, c’est-à-dire naissance du divin dans l’humanité. » Et aussi : « Si tout homme est appelé à devenir Christ, en ce sens aussi Jésus est devenu Christ par l’accomplissement de toute sa vie habitée par le mystère de Dieu. »

En ce qui me concerne, je ne doute pas un seul instant que Jésus ait été habité, durant toute sa vie, par le mystère de Dieu (le Dieu des juifs qu’il a ressenti d’une autre manière que celle décrite dans sa religion) ! Mais ce qui me dérange dans ces propos de Bernard Feillet, c’est le mot « Christ » qu’il utilise, de mon point de vue, mal à propos.

Etymologiquement, « Christ » vient du latin « christus », emprunté au grec « khristos » qui signifie « oint » (ce qui pour moi signifie « choisi par Dieu »), traduction de l’hébreu « mashia’s » qui signifie « messie », de l’araméen « meschikhâ » qui signifie « libérateur désigné et envoyé par Dieu sur Terre »).

Pour moi, Jésus n’était pas « Christ » mais un grand prophète(1), un homme exceptionnel(2) ; donc ni le Fils de Dieu, ni l’envoyé de Dieu, puisque je ne crois plus au Dieu du Credo.

De plus, je ne vois vraiment pas pourquoi « chaque homme, quelles que soient ses références religieuses, est invité à devenir le Christ, c’est-à-dire naissance du divin dans l’humanité. » ! Même si j’apprécie beaucoup l’expression « naissance du divin dans l’humanité », je termine mon écrit en disant, avec mon ami Herman Van den Meersschaut, que cette phrase, écrite ainsi par Bernard Feillet, inclut toutes les religions et aussi les agnostiques et les athées. Cette notion de « Christ » est beaucoup trop spécifique au Christianisme ! C’est de la récupération…, comme si tous les hommes étaient chrétiens sans le savoir… !

Luc Bossus, libre chercheur et libre penseur de la foi chrétienne
Bruxelles, le 23 février 2022

(1) Pour Gabriel Ringlet (et je fais mienne sa définition que j’apprécie beaucoup), « Le prophète, c’est quelqu’un qui a une intensité de regard sur ce qui nous arrive dans la vie de tous les jours. » (retour)
(2) Jacques Musset parle de Jésus comme étant « une référence essentielle, quelqu’un qui a vécu son existence avec une intensité d’exception selon la belle expression du grand théologien Stanislas Breton. » (retour)
Published by Libre pensée chrétienne