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Mardi 9 décembre 2008 2 09 /12 /Déc /2008 23:56
"Que vienne le temps de nouvelles cathédrales, non plus de pierres, mais de l'intériorité profonde des êtres, bâties avec la force des sentiments de paix et de fraternité.

Que la pensée unique et la violence dogmatique soient mises au cimetière des illusions perdues et qu'éclosent des pensées plurielles pour résoudre nos chantiers humanitaires.

Que cette quête soit notre étoile au firmament de nos espérances !"

                                                     Jean-Pierre Séha
Par Libre pensée chrétienne - Publié dans : la pensée du mois
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Lundi 24 novembre 2008 1 24 /11 /Nov /2008 16:25

FRAPPEZ…ON VOUS OUVRIRA,

           DEMANDEZ….ON VOUS DONNERA,

                       CHERCHEZ… ET VOUS TROUVEREZ   (mt 7, 7)

Nous savons qu’à l’aube de l’humanité, l’homme très vite se pose des questions par rapport aux forces naturelles qu’il ne peut contrôler.  Il croit qu’il y a une force secrète derrière chaque chose qui est bienveillante quand elle donne et malveillante quand elle prend.  Cette force secrète, il va l’appeler dieu, le dieu de l’eau, le dieu de la terre…Mais ce dieu peut être la pire des choses quand il envoie une tornade ou un incendie et la meilleure des choses quand il envoie une pluie fertilisante ou un feu qui réchauffe.  Il faut donc s’attacher les dieux pour qu’ils soient favorables aux hommes.  Pour cela, il faut les connaître, les nommer, les situer et donc leur donner une histoire et un lieu de vie.  La plupart de ces forces naturelles viennent des cieux, qui sont inaccessibles à l’homme, c’est donc là qu’habitent les dieux, pense-t-il.  Quant à leur histoire, il s’inspirera tout simplement de sa propre histoire pour écrire celle des dieux.  C’est ainsi que l’homme donne aux dieux ses qualités et ses défauts, mais à la super puissance.  A ceux-ci rien n’est impossible, ni dans le don, ni dans la vengeance.  Il faut donc vivre en harmonie avec eux, et pour cela, il vaut mieux ne pas attendre leur intervention, mais infléchir leur volonté.  C’est ainsi que l’homme créera des rites pour parler aux dieux et des sanctuaires pour officier.  Il invente les incantations et les prières, les sacrifices allant de l’offrande du végétal, en passant par le sacrifice animal pour arriver au sacrifice humain.  C’est que le dieu finira toujours par répondre en envoyant enfin la pluie, la paix…tout finit toujours par arriver,  mais parfois cela dure et c’est pourquoi l’homme donnera chaque fois aux dieux quelque chose qui lui est de plus en plus cher jusqu'au moment où il sera exaucé.

Le judaïsme à travers le personnage d’Abraham  choisira de donner sa confiance à un seul Dieu, créateur de toutes les forces naturelles.  Il découvrira qu’il ne peut aimer un dieu sanguinaire qui demande des sacrifices humains et nous donnera l’image d’un dieu qui veut la vie et non la mort. Quel grand tournant pour l’histoire de l’humanité !  Plus tard encore, Jésus  par son enseignement induira l’idée à ceux qui deviendront chrétiens après sa mort, d'abolir les sacrifices d'animaux. Nouveau pas en avant de la civilisation ! 

Pour nous chrétiens, il nous reste donc la prière, les rites, les sanctuaires et sans doute pour nombre d’entre-nous l’héritage d’une façon de penser et d’agir comme nos lointains ancêtres.  C’est-à-dire demander tout à Dieu et prier sans cesse pour obtenir ce que l’on désire, en utilisant des enchères.  Non plus des sacrifices d’animaux ou d’humains, mais des mortifications, des  privations, des offrandes de bougies, des pèlerinages, des recherches d’indulgences… en allant même jusqu’à payer des congrégations priantes afin d’avoir une valeur ajoutée à nos demandes

Mais qui est ce Dieu que l’homme prie aujourd’hui ?

Comme le dit souvent A.VERHEYEN " la bible nous impose de ne pas faire d’images de notre Dieu, et pourtant la même bible n’arrête pas d’en faire."  Oui, nous ne savons rien de Dieu et plus nous avançons en âge, moins nous en savons.  Cependant tout au long du Livre, des hommes nous parlent de leurs expériences de Dieu et ne peuvent l’exprimer que par des images.  C’est ainsi qu’Abraham nous fait découvrir un Dieu qui refuse les sacrifices humains, qu’à travers Joseph nous trouvons un Dieu qui demande le pardon plutôt que la vengeance, que Moïse nous montre un Dieu se préoccupant des plus faibles au lieu d’accréditer les puissants, qu’avec Amos nous découvrons un Dieu qui veut une justice sociale... pour arriver enfin à Jésus qui nous montre un Dieu Père,un Dieu d'Amour. 

Toutes ces perceptions de Dieu qui ont évoluées tout au long des siècles sont évidemment conditionnées par le lieu de vie et la culture de l’époque.  Elles devront donc nécessairement encore évoluer avec les futures  découvertes.  C’est ainsi que nous savons aujourd’hui que le Dieu de Jésus qui est aux cieux, ne peut effectivement habiter là-haut.  Et, si nous prenons « les cieux » au sens symbolique aujourd'hui,ce n'est certainement pas ce sens là que Jésus lui donnait. 

Aujourd’hui de nombreux théologiens, comme de nombreux hommes de la rue ont plutôt l’intuition d’un Dieu intérieur à l’homme.  C’est aussi mon sentiment, mais humainement, j’aime aussi comparer l’attitude de Dieu à une mère et un père de famille qui viennent de mettre un enfant au monde.  Le tenant dans leurs bras, les parents ne peuvent que lui souhaiter tout ce qu’il y a de meilleur : une vie harmonieuse sans problèmes relationnels, médicaux ou sociaux.  Pour cela, tout au long de sa vie, ils vont donner à l’enfant chéri des conseils, des règles à suivre, des attitudes à prendre.  L’enfant, lui en définitive écoutera ou n’écoutera pas, fera son propre bonheur ou son propre malheur.  Les parents ne pourront que resplendir du bonheur de leur enfant ou souffrir intensément de leur impuissance devant son malheur.  Le plus beau cadeau que l’enfant a reçu, sa liberté, sera pour lui la meilleure ou la pire des choses.  En cas de malheur, bien sûr il pourra revenir au bercail pour demander de l’aide à ses parents, mais ceux-ci ne pourront que l’accueillir, l’écouter, lui redonner leurs conseils, mais ils ne pourront jamais faire son bonheur à sa place.  Ils ont donné la vie, la liberté mais restent impuissants face à l'accomplissement decettevie.

C’est ainsi que je vois ma relation à Dieu dans la prière, il ne peut rien faire à ma place, mais je peux être éclairée par son Esprit.  Je ne peux attendre que cela : l’éclairage pour vivre selon l’Esprit qui pour moi nous fut révélé par Jésus.   J’ai choisi librement de suivre le chemin d’amour, que me montre Jésus, comme but de ma vie.  Mes prières, que je préfère appeler méditations sont donc aussi souvent des prises de consciences des écarts qui m’éloignent de l’Amour, mais aussi des recherches de paroles bibliques qui me donneront un nouvel éclairage, des clés pour avancer mieux, des louanges pour les actes d’amour de l’humanité. J’ai cessé toute prière de demande.

En effet, je ne peux que constater que pour des choses essentielles, comme l’enfance violée, la maltraitance, la famine, la pauvreté, la guerre…Dieu n’intervient pas.  C’est l’homme qui viole, qui maltraite, qui ne partage pas, qui attaque……et c’est encore l’homme qui doit changer de comportement.  L’homme ne peut que méditer, réfléchir afin de se mettre en condition de choix et de se décider à suivre l'Esprit dans la clarté, plutôt que de suivre le mal dans sa sombre attraction.

Dans notre éducation religieuse, on s’appuyait toujours sur les extraits de Mt7, 7-11 ou de Lc 11, 5-13a pour nous convaincre que" notre Père qui est dans les cieux donnera de bonnes choses à celui qui les lui demande, que tout homme qui demande reçoit. " On ne nous parlait pas des deux versets Mt 7,12 ou Lc 11,13b qui en conclusion de chapitre nous disait chez Matthieu " Faites pour les autres ce que vous voulez qu’ils fassent pour vous : c’est là ce qu’ordonnent la loi de Moïse et les livres des prophètes"  et chez Luc" Le Père qui est au ciel donnera le St Esprit à ceux qui le demandent."  Ce n’est que dans les années 80 que j’ai entendu dire publiquement lors d’une homélie que les textes sont toujours commentés en omettant les finales, mais que c’est cette finale qui est importante. Ce que nous recevrons : c’est uniquement l’Esprit et le reste, c’est  le comportement que nous devons avoir envers notre prochain.  C’est nous qui devons ouvrir la porte, accueillir, écouter, donner et pour arriver à cela nous avons besoin de vivre de l'Esprit.

Je ne peux que constater que face aux forces naturelles, comme les tsunamis, les ouragans, les éruptions volcaniques…Dieu n’intervient pas.  C’est l’évolution de la planète, et parfois la main de l’homme qui contrecarre la nature.  La prière ne peut modifier l’ordre de la création mais la méditation peut décider l'homme à suivre l'Esprit dans sa solidarité plutôt que de suivre l'égoïsme dans son noir dessein.

Je ne peux que constater que face à la maladie, à la mort, Dieu n’intervient pas.  Ce serait tout à fait injuste d’empêcher celui-ci de mourir et pas celui-là, de guérir celui-ci et pas celui-là.  De faire naître celui-ci en bonne santé  et celui-là handicapé.  La prière ne pourra modifier les évènements de la vie mais la méditation peut apaiser l’homme dans la confiance qu’il mettra à accepter d’être porté dans la douleur par les autres ou le décider peut-être de suivre à son tour l'Esprit dans sa tendresse et son réconfort plutôt que de vivre dans l'indifférence.

Je ne peux que constater qu’il est très difficile de dire Merci pour tous les bonheurs que l’on reçoit, alors que dans le même moment, des familles vivent l’horreur.  Si le Dieu de Jésus est un père aimant, comme cela doit lui faire mal de voir ses enfants, les uns ayant tout, les autres n’ayant rien.  Mais par la méditation l’homme peut prendre conscience que l’autre est son frère et que vivre de l’Esprit du Royaume doit commencer par sa renaissance à une autre vision de Dieu.  Alors, il ne dira plus merci pour sa chance, mais merci d’avoir de quoi partager.

En fait, je crois qu’on ne peut aimer Dieu que dans une prière-méditation qui est action.  Seules nos actions pour mettre l’autre debout, comme Jésus n’a pas cessé de nous le montrer, sont les plus belles des prières et peuvent être agréables à Dieu  me semble-t-il.

Bien sûr, cette façon de fonctionner est très, très inconfortable. Comme l’enfant devra prendre son envol, quitter le nid pour VIVRE, il nous faut quitter cette idée sécurisante que Dieu  tire les ficelles du monde et que l’on puisse l’influencer par nos prières.

Pourtant, il n’y a  que de cette façon que nous pouvons devenir ce qu’il espère pour nous quand il dit ": Fils d’homme, mets-toi debout !"(Ezék 2,1)

Notre vocation ne serait-elle pas de devenir autonome ?

                       

 ChristianeVan den Meersschaut-Janssens

Libre Pensée Chrétienne n°23/2007

" L’homme libre n’attend rien de Dieu.  Renoncer à Dieu en tant qu’il donne et que tu reçois.  C’est là la véritable liberté dans la relation à Dieu : cette union qui ne repose sur aucun intérêt de part et d’autre, cette union marquée uniquement par la gratuité et la liberté, un amour sans pourquoi "

Jean-Marie Gueullette(disciple de Maître Eckart)

Laisse Dieu être en toi   Le Cerf  2002

« Vivre de la foi tout en respectant l’expérience première selon laquelle Dieu est inconnaissable.  A toutes les époques de l’histoire de l’Eglise, il s’est trouvé de grands croyants, conscients des limites de l’humanité et épris de l’infini de Dieu, pour vivre religieusement de l’absence de Dieu(…) Et j’entends le mystère non pas comme ce que je ne peux pas comprendre, mais comme ce que je n’aurai jamais fini d’explorer»

Bernard Feillet

A-t-on encore besoin d’une religion ? Eveiller le désir du divin

Edition de l'atelier 2003

 

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Lundi 17 novembre 2008 1 17 /11 /Nov /2008 17:28

"Jésus était Jésus et n’était que Jésus (….). Méditant ce que Jésus a été, ne cessant d’explorer sa vie et de vivre de son message, tant d’hommes ont découvert qu’ils étaient, eux aussi, « capables de Dieu »".  
P. Bernard Feillet ( in "L’étincelle du divin" 2005. DDB)

À cette question, bon nombre d’entre nous répondraient instinctivement : les deux à la fois, bien sûr !Pourtant, les deux millénaires qui nous séparent aujourd’hui des origines de l’aventure spirituelle issue du Judaïsme et d’un juif particulier, Jésus de Nazareth, attestent que la réponse n’a jamais été aussi simple. Et dans la crise actuelle, on peut se demander si de la réponse qu’on y fera dans ce siècle ne dépendra pas la "transmission", en ce 3ème millénaire, de ce qu’il nous révèle à la fois de "l’Homme" et du "Divin" .
Selon la Tradition officielle, c’est clair : Jésus est, comme "incarnation" du Dieu qui a "pris chair de la vierge Marie", "pleinement Homme" et "pleinement Dieu"…
Pleinement Dieu ? En tout cas nos textes fondateurs (Nouveau Testament) et l’ensemble de la Tradition ecclésiale se sont évertués très tôt à mettre en évidence, de mille manières, son identité d’être plus ou moins "sur-naturel", jusqu’à en faire une "personne" divine "descendue du ciel" pour être "immolée", incontournable "médiateur" du "salut" entre l’Homme et "le Père". En revanche, textes fondateurs et Tradition sont d’une confondante discrétion concernant sa "pleine humanité" !

Un silence assourdissant !
Pour nos "Credo", Jésus se contente d’être "né de la vierge Marie, … d’avoir souffert sous Ponce Pilate, puis d’être mort…"
Entre "il est né" et "il est mort", pratiquement RIEN, hormis sa "passion" !Dès la rédaction des premiers écrits "chrétiens", l’homme-Jésus disparaît des préoccupations des auteurs ! Paul lui-même, son contemporain, semble n’en rien savoir… et n’en éprouver aucune gêne pour disserter sur lui pendant des pages !
Selon les historiens, Jésus est né entre -7 et -4 avant notre ère, et aurait été exécuté entre 28 et 33, après, au maximum, 2 années et demie  de "vie publique". Quelques 35 années de la vie d’un homme qui en a vécu au maximum 39, sont totalement passées par profits et pertes !
Pour nous, hommes du 21ème siècle, le silence sur toutes ces années de "devenir" humain est, bien sûr, choquant, et peut légitimement conduire à prendre tout le reste des propos le concernant, passablement portés sur le "merveilleux", comme suspects…
Tout se passe comme si, dans son cas, la lente maturation de l’homme avait été délibérément "gommée". Gommée et recouverte de "récits" et de "discours" visant à faire entrer, coûte que coûte, cet homme simple, rayonnant, atypique et subversif, dans les "schémas" du déjà connu, et déjà su "religieux" (M. Bellet) ou du  matériel "mythique" dont on disposait suivant le temps et le milieu d’élaboration des écrits le concernant : prophète, messie davidique, Fils (unique) de Dieu, Logos divin.
Seule, chez Luc, l’affaire de la "fugue" de Jésus au milieu des docteurs inscrit le "cursus" de Jésus dans celui d’un jeune juif, admis, vers 12 ans, à lire et commenter la Torah devant des docteurs, et nous le montre, de plus, très "motivé". Puis, on nous dit, comme en passant, que, par la suite, Jésus "grandissait en sagesse, en taille, en grâce, auprès de Dieu et des hommes…". Formule convenue qui, pour une "personne divine" descendue du "ciel" est étrange… et pour un "homme", reste fort courte !

Un silence qui laisse filtrer quelque chose ?…
Certes, à l’époque et dans cette culture, l’enfant ne comptait pas (sauf, justement, aux yeux de Jésus qui devait avoir ses raisons !). Adulte, il entrait dans le rôle que le groupe lui assignait, faisait ce à quoi on l’avait préparé, disait ce qu’il avait appris à dire, croyait et pensait selon ce qu’on lui avait enseigné. C’est encore le cas dans bien des sociétés. À partir de là, pour "les gens", encadrés par les "clercs" de l’époque, toute "déviance" ne pouvait qu’être d’origine sur-naturelle : soit une "possession" démoniaque…, soit une "emprise" divine. Le Jésus public, par son mode de vie personnel et social, par ses actes et ses propos, se montre volontiers "déviant". Aussi, dans nos textes, LA question à son sujet tourne bien autour de ce dilemme : était-il "de Béelzéboul" ou "de Dieu" ?
Jamais on ne se demande par quel cheminement personnel Jésus a pu en venir à être celui qu’il est devenu, au milieu de son peuple. L’idée même d’un "cheminement personnel" était-elle envisageable dans ce monde-là ? Comment chercher dans l’évidente banalité de cette vie villageoise le creuset d’une telle métamorphose ? De cette humanité-là, d’ailleurs, "que peut-il sortir de bon ?" à moins d’un "prodige" ?
Et si la question ne se pose pas, n’est-ce pas, précisément, qu’on ne souhaite pas qu’elle se pose, puisqu’on a, en magasin, déjà une ou des réponses toutes faites ?
Le silence de sa famille, père (décédé ?), mère, frères et sœurs confondus, sur ces années, surprend également… si bien qu'on peut, justement, se demander s’il ne les quitta pas très tôt pour suivre sa propre quête, au point qu’ils furent plus que déroutés en découvrant, plusieurs années après, le "Jésus nouveau" qui ré-apparaît, un jour, sous les traits d’un "maître", controversé, mais suivi par beaucoup.
Et en effet, deux indices pourraient venir corroborer ce soupçon sur les années qui "mirent au monde" le Jésus prédicateur. Indices évoquant des faits réels et qu’on s’est contenté de "rhabiller" à la mode "théophanique" ou symbolique.
Il s’agit du baptême de Jésus par Jean, le prophète baptiseur, et des 40 jours au désert. La plupart des spécialistes actuels sont d’accord pour dire que Jésus, non seulement reçut le « baptême de repentance et de rémission des péchés » (mais oui !) des mains de Jean, mais qu’il fut un de ses nombreux disciples, jusqu’à ce que, Jean hors circuit, il décide de voler de ses propres ailes. Ce baptême en devenant "théophanie-investiture", sous la plume des rédacteurs, fut très certainement, selon les historiens, un des nombreux "arrangements" qui visaient à rétablir la suprématie absolue de Jésus sur Jean, alors très controversée par les anciens suiveurs du Baptiseur.
L’épisode des "tentations" au désert, évidemment purement allégorique, pourrait bien, quant à lui, "ramasser" en un nombre très symbolique de 40 jours, plusieurs années de maturation spirituelle du jeune homme Jésus au voisinage de l’un de ces foyers de "renouveau spirituel" radicalisants qu’étaient, par exemple, les communautés esséniennes, et d’où certains pensent que Jean était peut-être lui-même issu.

Ne faut-il pas voir dans ce passage par le désert (lieu biblique où Dieu se propose de "parler au cœur" de l’homme), l’évocation d’un chemin de "conversion" parcouru par Jésus, et au terme duquel, "libéré" de beaucoup d’"illusions" spirituelles et de bien de pièges sournois du "religieux", il se sentit autorisé à partager ses découvertes avec ses coreligionnaires, tentant de renouveler radicalement leur perception de l’homme, de Dieu, et leur attente escatologique.

La "conversion" d’un homme d’Israël ?
Quand nos pères dans la foi ont tenté de cerner, plusieurs siècles après sa disparition, l’identité exacte de ce Jésus et la vraie nature de sa relation au "Divin", ils ne disposaient plus que de documents déjà lourdement marqués par diverses formes de "reconstruction" théologique des faits, des paroles, comme du personnage, en vue de conforter ou même de "fabriquer" la stature "sur-humaine" du prophète galiléen.

Or il semble désormais bien établi que le Maître, loin de mettre en avant sa "personne", ait investi toutes ses forces à dévoiler un nouveau visage du Dieu d’Israël d’une part, et à "subvertir" totalement les idées et les espoirs de son peuple concernant l’avènement, imminent (?), du "ROYAUME ( Règne) de DIEU", obsession politico-religieuse de ses contemporains, comme du Baptiste d’ailleurs. N’entendait-il pas seulement, à partir de sa propre expérience, appeler Israël à une toute nouvelle relation à son Dieu, et à un nouveau regard sur l’Homme ?
Mais un tel engagement ne fut-il pas le fruit d’un long travail de "conversion" intérieure…, de ruptures, de "dépouillements" successifs ?
Oui, sûrement, à un moment, Jésus a rompu avec sa famille, son métier, la synagogue du village, en quête d’une "voie" plus conforme à ce qu’il pressentait du mystère "divin", en lui et pour son peuple.

S’il a rejoint un temps son aîné qui proposait un baptême d’eau en "rémission des péchés", moyennant leur confession publique, en vue du "Règne de Dieu" imminent, dûment précédé d’un "jugement" radical, n’est-ce pas, tout simplement, qu’il adhérait encore à un tel scénario….
Or la relecture attentive des textes permet aujourd’hui aux spécialistes de constater qu’entre le Jésus adhérant à la prédication de Jean, et le Jésus qui entreprend d'exposer SA vision des choses, il y a tout un monde !
La rupture est telle que les évangiles laissent entendre que Jean lui-même, du fond de sa détention, doute que Jésus soit "celui qui doit venir…". Jésus ne répond pas sur cette "identité", il répond par les "signes" évidents (pour lui) que Dieu est à l’œuvre dans son action et exprime le vœu que Jean ne soit pas de ceux qui vont "chuter", faute de "pouvoir croire" au Royaume tel qu’il le rend manifeste !

Car le chemin de "conversion" qu’a subi Jésus toutes ces années fut probablement un véritable "retournement" intérieur qui a TOUT chamboulé :
Son "expérience" du Dieu d’Israël.

Sa perception du Royaume.
Sa perception de l’Homme.
Et jusqu’au bout, ses "illusions" sur le mode d’"agir" de Dieu en ce monde.

Une "foi" nouvelle en Dieu, et en l’Homme.
Ce qui a peut-être le plus perturbé, intrigué, et même scandalisé ses amis autant que ses ennemis, fut probablement la "relation" personnelle que Jésus semblait entretenir, dans de fréquents et longs moments de solitude, de silence et de recueillement, mais aussi dans la vie quotidienne, avec Dieu.Il ne fait aucun doute que, depuis l’enfance, Jésus "croyait" au Dieu d’Israël, et en célébrait le "culte" collectivement et rituellement, comme la plupart de ses concitoyens. Il est clair, en revanche que le Jésus adulte avait "rencontré" un Dieu vivant, proche, et qu’il vivait en Sa "présence" et de Sa "présence".
Du culte du "Très Haut", législateur pointilleux, juge ombrageux et redouté, réputé pouvoir "tout donner", puis "tout reprendre" au gré de ses humeurs et de la "conduite" de son peuple, de ce Dieu dont on attend de spectaculaires interventions, Jésus est passé à l’expérience intérieure d’un Dieu proche, totalement fiable, toujours offert, toujours donné, gratuit comme une intarisssable source d’eau vive.
J’ai tendance à croire que le plus grand scandale et la plus grande incompréhension historique, en son temps, et encore plus tard, fut celle-ci : "Est-il possible à l’homme de vivre dans une telle relation à Dieu ?" et "Est-il concevable que Dieu puisse se faire aussi proche d’un homme ?".

Il semble qu’à mesure que l’on s’éloigna du souvenir de ceux qui avaient "mangé et bu avec lui", la réponse à ces deux questions fut de plus en plus négative : on propulsa ce "saint homme" dans les sphères du divin… et l’on renvoya Dieu "gouverner" les mondes depuis son ciel lointain !
Or, le Dieu que Jésus expérimente est un coeur aimant, désireux d’éveiller au coeur de l’homme une même aptitude à l’amour.
Ainsi Jésus découvrait-il d’un même coup un nouveau visage de Dieu (qu’il choisira souvent de désigner sous le vocable araméen usuel : "Abba"), mais aussi, en l’homme qu’il est, et en tout homme, une aptitude méconnue à aimer. Il comprenait, peu à peu, que cette "révélation" en lui, concernait, en fait, chacun des fils d’Israël, voire tous les hommes, à commencer par les plus "démunis" physiquement, moralement et socialement.
Stupeur et totale incompréhension lorsque Jésus, tout à la joie qui l’habite désormais, leur dit : "N’attendez pas Dieu, ni son « Royaume » dans du « spectaculaire » toujours remis à « demain », car, je vous le dis, même si vous ne le voyez pas, il est là, présent, aujourd’hui, à portée de votre main !".
Le Royaume où "vit" déjà Jésus, c’est celui des "cœurs de pierre" qui se laissent transformer en "cœurs de chair", capables désormais "de porter les fardeaux les uns des autres", de pardonner jusqu’à 77 fois 7 fois, de ne "pas se dérober" au frère dans le besoin… Des cœurs pauvres, libres de toutes les sécurités, les attaches, les certitudes et les volontés de puissance… Des cœurs simplifiés, unifiés, qui voient avec le regard de Dieu… Des cœurs pacifiés et pacifiants… Bref, des cœurs qui, à tavers toutes les "béatitudes" qu’il énumère, deviennent capables d'aimer, d’un même mouvement, le Dieu qui habite l’homme, et le frère, habité de Dieu. Entrer dans ce processus, c’est participer, ici et maintenant, au "Royaume" du "Père" ; et à tous ceux qui entreprendront de vivre selon les "dispositions de cœur" du Royaume, Jésus promet, ni plus , ni moins (!) : "Alors serez-vous appelés fils de votre Père." (Mt 5-45).
Et si Jésus a conscience que le chemin de "filiation" dans lequel il est entré lui-même le fera "participant" de la "perfection" qui est en Dieu, il ne doute pas que tout homme qui entre dans ce processus de "nouvelle naissance" sera engendré intérieurement comme "fils" et participera aussi de la même perfection :
"Vous donc, vous serez parfaits, comme votre Père est parfait…" ( Mt 5-3).
"Vous donc, vous deviendrez miséricorde comme votre Père est miséricorde" (Lc 6‑36).

Jésus, notre frère, passé de la "religion" à la "foi" ?...
Si on en croit les "évangiles" (mais doit-on toujours croire les évangiles ?), aussi habité qu’il fût de cette "présence" qui avait transfiguré sa vie, Jésus ne fut épargné par aucune des pesanteurs propres à nos fonctionnements humains.Ainsi les textes nous le montrent-ils parfois d’une étrange naïveté, que nous connaissons tous bien, comme s’il avait cru que "tout Israël" allait forcément s’enthousiasmer pour la "nouveauté" qui s’était imposée à son esprit et à son cœur… et il semble qu’il y ait cru jusqu’à la dernière minute.En conséquence de cela, on nous le montre souvent impatient, parfois violent, parfois amer… Impatient de voir ce "feu" d’amour qui le brûle se répandre en Israël comme une traînée de poudre. Mais aussi impatient devant des foules avides de prodiges, sa famille et ses disciples désespérément obtus face à la nouveauté qu’il porte. Violent parfois, verbalement, avec ceux qui lui disputent le "pouvoir" d’enseigner le peuple, ou physiquement, avec ceux qui, au Temple, s’engraissent de la crédulité du peuple, des petits… Pas tendre, en tout cas, avec tous les "clercs" qu’il accuse de faire obstacle à Dieu, aveugles qui guident d’autres aveugles !
Amer, il l’est souvent, à la limite de la désespérance, se lamentant sur "cette génération" sourde et aveugle aux "signes des temps", ou sur cette "Jérusalem" qui n’en finit pas de "passer à côté" des occasions de salut, en rejetant ou massacrant les "prophètes" .
Mais le plus troublant pour nous (et peut-être le plus rassurant, pour certains), c’est qu’on nous le montre, surtout sur la fin, encore très imprégné de l’illusion "religieuse" d’un Dieu "tout puissant" qui, s’il le voulait, pourrait  renverser le cours des choses !
Réelle ou fictive, son "entrée triomphale" à Jérusalem suggère que Jésus ne désespérait pas, lors de cette Pâque-là, que
tout allait enfin basculer spectaculairement dans le sens de son appel, et donc du côté de Dieu.
Jésus n’a-t-il pas espéré, jusqu’à peu avant son arrestation, que "quelque chose" allait se passer par quoi Dieu s’imposerait au vu et au su de tous ?
Le SILENCE et l’ABSENCE du Père dans le déroulement des "choses humaines" (et les affaires de procès truqués, de condamnations arbitraires et d’exécutions sanglantes sont bien, que nous sachions, des "choses humaines", très humaines) telles qu’elles se déroulaient, ne furent-ils pas l’occasion de la dernière et suprême "conversion" de Jésus, son vrai passage de la "religion" à la FOI la plus nue en cette mystérieuse réalité dont il "vivait" depuis tant d’années ?
Jésus crut-il vraiment que les événements désormais inéluctables de son arrestation, sa condamnation et son exécution tenaient de la "volonté" de Dieu ? Si c’est le cas, c’est que lui, à ce moment, et les rédacteurs de ces récits, plus tard, n’étaient pas encore "guéris" de l’idole divine "toute puissante" et despotique de leur imaginaire "religieux". Mais il me plaît de penser que ce jour-là, Jésus passait (et nous faisait passer) de la "croyance" à un Dieu qui fait l’Histoire des hommes, à la "confiance" en un Dieu qui fait les hommes  capables de choisir une AUTRE histoire, en les faisant "fils".
Jésus avait choisi cette "autre" histoire et l’a assumée jusqu’au bout…
Peut-on douter que ce choix l'ait fait entrer dans la VIE pour toujours, comme tous ceux qui ont choisi la VIE, d’une manière ou d’une autre ?... Et, en Dieu, n’y a-t-il pas autant de "manières" que d’hommes qui viennent en ce monde ?...
"On t’a fait savoir, homme,
ce qui est bien,
ce que Yahvé désire pour toi :
rien d’autre que d’accomplir la justice,
d’aimer avec tendresse,
et de marcher humblement avec ton Dieu."
( Mi 6-8) 
                                                                                                                             

                                                                                                                       ALAIN DUPUIS

 

 

 

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Lundi 3 novembre 2008 1 03 /11 /Nov /2008 15:52

"La lutte pour l'avenir du XXIe siècle, à mon avis, ne se jouera pas comme on pourrait le croire entre le religieux d'un côté et les rationalistes de l'autre.  Il se jouera plutôt entre les religieux d'une part et les spirituels de l'autre.  Entre les croyants prêts à admettre sans discussion ce que les religions leur disent de croire, et les hommes qui assumeront avec intelligence la rigeur d'une démarche de foi.  Entre ceux qui accepteront de s'aliéner à une structure institutionnalisée et hiérarchisée, et ceux qui mèneront jusqu'au bout la démarche personnelle et libératrice de l'affrontement au réel et de la sagesse qui en découle."
                                                                     Bernard Besret
                                                         ("CONFITEOR"-Albin Michel 1991-p209)   

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Mercredi 1 octobre 2008 3 01 /10 /Oct /2008 12:42
"Quand on a connu, dit Dieu, d'être aimé par des hommes libres, les prosternements d'esclaves ne vous disent plus rien " 
                                                                                                         Charles Péguy
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Samedi 13 septembre 2008 6 13 /09 /Sep /2008 18:46

Essai de lecture symbolique

 

 

Dans ma quête de l’homme Jésus, lorsque j’aborde un texte des Evangiles, ce sont toujours les mêmes questions qui me viennent à l’esprit : quel est le message que Jésus a réellement voulu faire passer ?  Ce texte exprime-t-il vraiment la pensée de Jésus ? Où se cache sa Bonne Nouvelle ?

 

Comme Jésus n’a rien écrit lui-même, tout ce que les auteurs nous proposent ne peut se baser que sur les interprétations subjectives des actions et des discours de Jésus transmises par ses disciples. Connaissant la fragilité du témoignage humain, nous pouvons supposer une déformation inévitable du message initial, surtout pour ce qui concerne ce que Jésus a pu simplement exprimer par ses actions et ses attitudes dans ses relations sociales. Comment interpréter fidèlement tout le non-dit d’une existence humaine ?

Les évangélistes ont donc utilisé tous les matériaux oraux et écrits, collectés pendant les quelques décennies qui ont suivi la mort de Jésus, pour en arriver à traduire son message à travers des récits qui, en le magnifiant, feront de lui le "Christ ressuscité", une sorte de personnage mythique. On peut donc se demander dans quelle mesure ces textes sont fidèles à la pensée de Jésus.

Parmi les récits qui ont contribué à créer ce mythe, il y a évidemment les miracles, guérisons et exorcismes que Jésus auraient pratiqués.

 

Aujourd’hui les Eglises continuent à présenter les miracles comme des prodiges prouvant la divinité de Jésus, alors que pour beaucoup de nos contemporains, ils posent de sérieux problèmes. Au lieu de les conforter dans leur foi, ils se présentent plutôt comme des obstacles. En effet, comment peut-on encore, en ce XXIème siècle, présenter Jésus comme un grand magicien opérant des miracles afin de révéler la toute-puissance de Dieu ?

Jésus était homme et n’avait donc aucun pouvoir surnaturel.

Mais, Jésus était-il vraiment un guérisseur ?

Certains exégètes, comme J.P.Charlier, pensent que le rabbi Jésus n’a pas été un guérisseur professionnel et que "ce serait travestir sa personne que de le croire".

"Bien sûr, dit-il,  il y a sans doute des traces de souvenirs réel . Des hommes et des femmes ont du  ressentir jusque dans leur corps la re-naissance qu’ils ont vécu dans la rencontre avec Jésus". (*)

La maladie étant, à l’époque, considérée comme conséquence de l’action de forces maléfiques ou comme punition de Dieu lui-même, les affections psychosomatiques devaient être nombreuses.

" Quelques guérisons typiques ont suffi pour illustrer la Bonne Nouvelle et ces quelques cas - quatre ou cinq - ont servi à de multiples fins. De fait, il y a eu en Israël  quelques rares personnes qui ont rencontré Jésus, qui lui ont fait immédiatement une confiance totale et aveugle qu’ils ont traduite parfois en se jetant à ses pieds et certains s’en sont trouvés soulagés de leurs infirmités. « Va, ta foi t’a guérie »  A la limite , ce n’est pas Jésus qui guérit, mais la confiance en lui qui assainit le croyant" (*) 

Mais alors, que peut-on encore croire ? 

"Tout, dit J.P.Charlier,  à condition de ne pas s’embourber dans les tracasseries historiques. L’erreur la plus néfaste serait de s’accrocher à ce point de vue et d’ignorer la densité théologique de ses textes." (*)

Ces récits se présentent donc comme des constructions savamment élaborées, par les évangélistes, autour de faits, de gestes et surtout de paroles de Jésus. Autour d’une parole, un scénario sera mis en scène et amplifié pour devenir une véritable catéchèse imagée. La transposition d’une parole de Jésus en récit devient alors une " parabole en action "(*) dont Jésus est l’acteur. C’est un procédé que l’on retrouve aussi dans l’Ancien Testament.

Les Evangélistes qui n’avaient d’autre référence littéraire que le Premier Testament l’ont pris comme modèle. Il s’agit donc bien de la même littérature, avec les mêmes procédés, les mêmes images et la même liberté de traiter un sujet. Un genre littéraire utilisant largement la parabole, le symbole, le mythe. Il s’agit donc de lire le Nouveau Testament  avec les mêmes clés d’interprétation que l’Ancien.

 

Voyons comment aborder ces récits de guérisons .

Remarquons une première chose importante : Jésus ne guérit pas n’importe quoi.

 

La liste des maux que Jésus guérit  est clairement influencée par l’A.T. puisqu’elle reprend  intégralement celle que l’on trouve dans  Isaïe 35, 5-6 ; 29, 18-19 : " les yeux des aveugles se dessilleront, les oreilles des sourds s’ouvriront… "

Les auteurs de l’A.T.  exprimaient ainsi poétiquement qu’aux temps messianiques, les hommes reconnaîtraient enfin le Seigneur, qu’ils seraient attentifs à sa Parole, etc…. Les évangélistes vont tout bonnement réutiliser ces images pour montrer, surtout aux Juifs, que Jésus inaugure ces temps et qu’il est bien le Messie attendu. Procédé astucieux pour rassurer les sceptiques qui doutaient de la messianité de Jésus.

Remarquons une deuxième chose : la liste des affections soignées par Jésus reprend toutes les parties du corps humain et surtout les sens par lesquels nous communiquons avec les autres.

 

Aveuglement : affecte les yeux, la vue : symboles de la clairvoyance, de l’attention aux

                          autres;          

Surdité          : affecte les oreilles, l’ouïe : symboles de l’écoute, de l’attention, de l’ouverture

                         aux autres;

Mutisme        : affecte la bouche, la parole : symboles de la communication, de la

                         transmission;               

Paralysie       : affecte les membres : symbole de l’action, du partage, de l’entraide, de

                        l’engagement;                                                                                                             Hémorragie  : affecte le ventre, le sang :  symboles de la vitalité, de l’énergie; 

Possession   :affecte la tête : symbole de la conscience, de l’entendement, du discernement ;                                

Lèpre            : affecte la peau, le toucher :  symboles de l’apparence, de la sensibilité, de la

                        dignité;       

Fièvre           : affecte le corps : symbole de la personnalité, de la sérénité, de l’équilibre;     

Mort             : affecte tout le corps, la vie :  symboles de l’être profond de la personne, 

                        de l intégrité.

  

Que l’on considère ces maux comme physiques ou comme symboles de nos attitudes et comportements, nous remarquons que, lorsqu’une personne est touchée par l’un d’eux , la communication ne passe plus.  Sa vie bascule, ses liens affectifs et sociaux se détériorent, il est exclu de la vie.

On sent bien l’intention des auteurs de traiter de tout cela, au moyen de petits récits qui nous montrent comment Jésus se laisse toucher et s’investit pour soulager toute souffrance.

 

Il est vrai qu’à l’époque en Israël, toutes ces maladies provoquaient le rejet et souvent l’exclusion de toute vie sociale, ce qui entraînait la paupérisation et la marginalisation d’un grand nombre de malades. Il est indéniable que c’est à ceux-là que Jésus prodiguait sa tendresse et pour ceux-là qu’il revendiquait la justice dans le Royaume qu’il annonçait.

Jésus, qui s’est "laissé prendre aux entrailles", a aidé, consolé, soigné, soulagé,  peut-être même guéri  beaucoup de gens, avec tout l’Amour dont il était habité. A chaque rencontre, il remet l’homme debout, l’aide à retrouver sa dignité, sa confiance en lui-même afin qu’il puisse reprendre, avec les autres, le chemin de la vie. A chaque fois c’est une résurrection .

En fait, le vrai miracle c’est celui de l’Amour. C’est cela, qui a si profondément marqué ceux qui l’on rencontré.

Les évangélistes utiliseront, ces soins, ces thérapies dans leurs récits, pour illustrer de différentes manières le grand rêve de Jésus qu’il appelait « le Royaume de Dieu », car c’est essentiellement cela que racontent les miracles, les rencontres et les paraboles .

Et c’est sans doute là qu’est le cœur de la Bonne Nouvelle.

 

C’est aussi là, que ces récits deviennent vraiment nourriture pour nous aujourd’hui .

Si nous creusons un peu leur sens symbolique en les lisant comme des «  paraboles en action », nous pouvons nous  reconnaître facilement dans le rôle d’un sourd ou d’un paralysé, mais peut-être moins, avouons-le, dans celui de… Jésus ?  Et pourtant, si nous nous réclamons de lui, n’avons-nous pas à « jouer son rôle », à "l’incarner", à veiller à ce que son Esprit prenne corps en nous et que par notre action on puisse le reconnaître vivant dans nos lieux de vie ?

Jésus n’a-t-il pas dit à ses disciples, et donc à nous, que nous ferions encore de bien plus grandes choses ?

La Bonne Nouvelle ne serait-ce pas qu’en redonnant à l’homme, courbé devant les dieux des religions, toute sa valeur et sa dignité, Jésus "éveille" en  lui l’amour qui l’habite, qui est le divin.

La Bonne Nouvelle ne serait-ce pas que "l’homme peut-être, est le salut de l’homme " ?

Encore, faut-il qu’il soit " éveillé ".

                                                                                                                 Herman  Van den Meersschaut 

 

(*) J.P.Charlier.o.p.exégète dominicain décédé en 1993 . Les miracles dans l’Evangile. 1981.

 

 

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Vendredi 5 septembre 2008 5 05 /09 /Sep /2008 17:02
"Il vaut mieux allumer de petites lumières que de se plaindre de l'obscurité"
                                                                                                                                                                 Lao Tseu
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Vendredi 5 septembre 2008 5 05 /09 /Sep /2008 16:35
Editorial par Herman Van den Meersschaut
Test credo 2008
Le mot d'André Verheyen
Jésus, notre frère juif, ou Jésus, notre Dieu ? par Alain Dupuis
L'aveugle clairvoyant et la foule aveugle (Marc 10,46-52) par H. V d Meersschaut
Le Christ philosophe de frédéric Lenoir par Edouard Mairlot
L'expérience spirituelle par Christian Bassine
Mais que leur faut-il donc, Damien pour te reconnaître ? par Ch. Janssens-VdM
Et si Judas était parmi nous ? par Christian Bassine
Quelques livres :
"L'étincelle du Divin" Bernard Feillet (Desclée de Brouwer - 2005)
"La réalisation immédiate du monde heureux" Roger Parmentier (L'Harmattan-2008)
"Le grand projet de Jésus exalté dans les Béatitudes"R Parmentier (L'Harmattan-2008)
"Les livres que je n'ai pas écrits"  Georges Steiner  (Gallimard -2008)
Les meilleures intentions par Christian Bassine
Histoires de Gallillée par Christian Biseau
Echos des rencontres du premier samedi :
    7 juin 2008   Mt9,9-13 //Mc2,13-17 //Lc5,27-37
Courrier des lecteurs
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Mardi 26 août 2008 2 26 /08 /Août /2008 12:04
Editorial par Christian Bassine et Herman Van den Meersschaut
Le mot d'André Verheyen
Parole de Dieu ? ou "tradition" des hommes ? par Alain Dupuis
Miracles ? Mythes et réalité  par Herman Van den Meersschaut
Reconstituer la scène - pour comprendre la Cène par Odette Mainville
Pourquoi chercher parmi les morts celui qui est vivant par Christiane Van den Meersschaut - Janssens
Jésus est vivant : une approche par Edouard Mairlot
Renaître pour être par Christian Bassine
Cheminer avec Eugen Drewermann  par Francis Van Dam
Quelques livres :
"Méditations d'un chrétien du 20e siècle" de Marcel Légaut  Aubier-Montaigne
"A la recherche de la source" de Jean-Marc Babut  Cerf (Initiation biblique)
Un best-seller : "Le Christ philosophe" par Christian Bassine
Echos des rencontres du premier samedi rapporteur Christiane Van den Meersschaut-Janssens
     1 mars   :  Jean 9,1-6,13-17,34-41
     5 avril  :  Marc 24,13-35
     3 mai    :  Récits d'Ascension et de Pentecôte  ( Mc, Lc, Act.)
Notre Père par Marcel Brouwer
Courrier des lecteurs
Dix raisons pour rejoindre LIBRE PENSEE CHRETIENNE par André Verheyen
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Mardi 26 août 2008 2 26 /08 /Août /2008 11:37
Editorial par Christiane Van den Meersschaut-Janssens
Le mot d'André Verheyen
Hommage et reconnaissance à André Hannaert par Christiane Van den Meersschaut-Janssens, Bernadette et Isidore Cordemans
Pas de vraie foi chrétienne sans liberté ! par Philippe de Briey
Sur l'avenir du christianisme...et le nôtre par Edouard Mairlot
Alliance et liberté par Christian Bassine
La conversion...de Jésus par Herman Van den Meersschaut
Une "pensée libre" en "Christianisme" ? par Alain Dupuis
Quelques livres:
"Les nouvelles hypothèses sur les origines du christianisme"
de                             Jacques Giri  Ed.Karthala (2007)
" Jésus parlait en araméen" de Eric Edelman  Ed. Pocket n°11672
" Le christ philosophe" de Frédéric Lenoir  Plon (2007)
Courrier des lecteurs
Echos des rencontres du premier samedi rapporteur Christiane Van den Meersschaut-Janssens
         5 janvier : Matthieu 2,1-12
         2 février  : Marc 1,29-31
    
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