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1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 18:48
À la recherche de Dieu.
Marcel Brouwer
LPC n° 12 / 2010

Une libre pensée chrétienne représente pour moi exactement ce que ces trois mots signifient.

C'est-à-dire une référence à Dieu, tel que Jésus a tenté de nous le montrer en inspirant notamment les évangélistes, et une possibilité, au départ de cela, de m'approcher de ce Dieu, librement, avec tous les moyens dont je dispose : affectivité, intelligence, spiritualité, recherche, dialogue etc.

Par le hasard de ma naissance, j'évolue dans un milieu imprégné de la religion catholique depuis de nombreux siècles et auquel même les athées les plus purs et durs ne peuvent entièrement se soustraire.

Je tente cependant de séparer la Foi de la notion de religion qui est selon moi une construction humaine, répondant à des impératifs d'organisation, de vie en société, et malheureusement aussi de pouvoir.

Pour moi il n'y a pas une vérité universellement connue et incontournable, mais des indices et une intuition qui me font croire à l'existence d'un principe supérieur qu'il est pratique d'appeler Dieu.

Le fait de croire en l'existence de ce Dieu est une démarche de confiance, d'espérance. C'est une étape sur le chemin qui conduit à un absolu, à une vérité universelle inaccessible totalement sur cette terre.

Que certaines personnes aient poussé cette conviction à un point tel qu'elle est pour celles-ci une certitude absolue, je le conçois volontiers, mais les hésitations et les doutes que j'ai ressentis et ceux qui m'ont été si souvent confiés contribuent à me convaincre que le Dieu d'Amour et de Liberté auquel je crois ne peut exister que si son existence peut aussi être niée.

Dés lors, s'il existe un Dieu d'Amour, l'amour est une voie privilégiée pour l'approcher. Toute autre démarche d'intelligence, de connaissance, de discipline, d'obéissance doit lui être subordonnée.

Dieu n'est pas localisé en un endroit quelconque autrement que pour des raisons symboliques et de pédagogie. Il est en nous et donc tout autant dans les autres et dans la relation que nous pouvons avoir avec eux. C'est dans cette mesure que nous sommes tous fils de Dieu participant à cette nature divine qui nous unit et appelés à faire épanouir cet amour comme étant le Royaume de Dieu.

A partir de cette exigence, qui n'est pas mince, et à laquelle je ne suis vraiment pas toujours fidèle, je revendique ma liberté. Je crois qu'il est nécessaire de fréquenter assidument les autres, de dialoguer, de s'éclairer, de se réunir, de proclamer notre tentative d'amour universel au nom d'une spiritualité. Je crois cependant aussi que, dans la tolérance et le respect de tous, chaque personne a droit à une grande indépendance de pensée.

C'est ce que je recherche dans un groupe comme LPC où je trouve un véritable effort de respect les uns des autres et de tolérance. La recherche personnelle et en commun m'est un grand enrichissement, bien que je ressente parfois une difficulté pour certains à prendre leurs distances par rapport au poids que l'Eglise catholique fait peser sur ses membres.

Pour moi, la science comme la théologie sont des domaines de recherche qui nous rapprochent de la réalité, de la vérité si l'on veut. Toutes deux sont des suites d'approximation de la part des êtres humains vers cet infini de connaissance. Comme chaque découverte scientifique est remise en cause par la suivante, la connaissance de Dieu évolue au gré des progrès de l'exégèse, de la connaissance historique et littéraire des civilisations, des techniques d'investigation et de l'évolution de la pensée.

Si j'accepte volontiers que des penseurs et des théologiens inspirés aient pu faire le point sur la perception de Dieu à des époques déterminées, il m'est impossible d'admettre que ce domaine si important de la pensée humaine soit le seul à devoir être momifié dans une forme archaïque et désuète.

C'est tout le mérite de la libre pensée de remettre en question, dans la réflexion et l'humilité, ce qui est considéré comme acquis. Cela n'empêche évidemment nullement que ce travail de recherche puisse confirmer ces acquis.

Chaque être humain est unique et personne ne peut pénétrer ce que ressent son voisin. C'est particulièrement vrai en ce qui concerne la spiritualité, même si l'on peut se retrouver en communion avec l'un ou l'autre groupe de pensée ou de foi.

Marcel Brouwer

Published by Libre pensée chrétienne - dans Dieu
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