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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 23:09
Chemin de vie sans Dieu.
Bernard Baudelet
LPC n° 10 / 2010

"Le temps d'apprendre à vivre, il est déjà trop tard !"

Louis Aragon

Vous avez échappé à un autre titre où « humanisme » occupait la place de « vie ». « Vie » est plus humble tant la mienne a été et est encore balbutiante, chaotique et peu altruiste pour mériter le qualificatif d'humanisme. Une vie comme tant d'autres ! C'est mon chemin.

En revanche, « chemin » et « sans Dieu » (1) appartenaient au titre depuis le début de mes réflexions. « Chemin » témoigne d'une lente évolution pour essayer d'apprendre à vivre ; comme dit le poète, « chemin » signifie aussi « sans fin », tant que la vie est présente. « Sans Dieu » car ma mort sera le point final de mon existence, sans éternité. Je ne crois pas non plus au cycle des renaissances, le samsara, élément important du Bouddhisme, après avoir cheminé quelque peu dans cette voie agnostique.

En effet, je crois que Dieu n'est pas. Ecrire « je ne crois pas en Dieu » aurait été interprété comme un refus de croire en Lui alors qu'Il est, ce qui n'est plus ma conviction. Certes, au cours du chemin de ma vie, j'ai eu des périodes de foi en Dieu et j'ai même assumé, au temps de mes études universitaires, des responsabilités dans un mouvement catholique, TALA comme on disait de ceux qui vont TALA messe. Alors, pourquoi « sans Dieu » ? « Certainement, sa foi n'était pas bien assurée », diront certains ; « il pèche par orgueil car c'est un scientifique » (2), penseront d'autres ; « en fait il croit en Dieu mais il ne veut pas le reconnaître », susurreront ceux qui récupèrent les brebis égarées.

Permettez-moi d'ajouter que je crois que Dieu n'est pas, hélas ! Moi aussi, je voudrais être convaincu que ma vie n'aura pas de fin (3), qu'un Dieu d'amour sera toujours présent à mes côtés, surtout lors de moments de profonde solitude, qu'il me pardonnera mes fautes si je me repens, que je peux l'aimer, le prier, l'adorer, le contempler, que … J'aimerais pouvoir dire comme un moine (4) "En présence, en silence, dans un regard d'amour partagé avec Dieu !".

Que j'aimerais pouvoir prendre mes désirs pour des réalités, avoir la foi du charbonnier ! Une vie sans cette foi est rugueuse car aucune compensation éternelle n'est offerte pour supporter les malheurs inévitables de toute vie. En revanche, cette vie peut aussi être sereine, dans la paix et la joie intérieures, à quelques encablures de mes 70 ans, le temps d'apprendre à vivre avant qu'il ne soit trop tard ! Nous en reparlerons.

Moi aussi, je revendique d'être croyant et non pas incroyant, car combien serait pauvre et désespérante une vie sans aucune foi, réduite à l'argent, aux honneurs et au sexe !

Certes, le doute m'envahit parfois, de moins en moins cependant au point que j'espère mourir dans la fidélité à ce que je crois maintenant, sans zapper au dernier moment dans un pari peu glorieux. Je sais aussi que les croyants en Dieu sont également assaillis par le doute. Un moine trappiste d'Aiguebelle à mi-vie consacrée en témoignait récemment. Finalement, la mort est notre seule certitude !

Douter prouve que la question abordée est complexe au point qu'aucune certitude ne peut émerger de l'esprit humain, qu'il soit purement rationnel ou totalement intuitif, voire émotionnel (5). Dieu est par essence complexe car jamais on n'appréhendera Dieu - à supposer qu'Il soit. En effet, selon saint Augustin (que je cite de mémoire) : "Si tu Le comprends, ce n'est plus Dieu" ou bien, selon saint Thomas d'Aquin, la proposition « Dieu est bon » devrait immédiatement être suivie par « Il n'est pas bon ». En effet, s'Il est, Il est forcément Tout Autre. Sont aussi complexes les faits naturels qu'aucune science ne pénètrera jamais en profondeur. Songeons par exemple à l'origine du cosmos, au développement du rétrovirus du sida, aux conditions de la naissance de la vie sur la Terre, à la conscience, à la mémoire, à l'imaginaire qui opèrent au tréfonds de notre cerveau. Sont également complexes les évolutions des cours boursiers, le déclenchement d'émeutes et de massacres hors de toute raison, une équipe qui gagne, la prévision du temps à longue échéance, …

Au cours du XXIème siècle, des progrès seront accomplis pour donner des réponses à ces questions. Aucune ne sera la vérité, au mieux on découvrira des représentations plus proches d'un réel qui demeurera à jamais inaccessible et ceci sans fin ! Adieu au scientisme et au rationalisme superbe ! "Un mystère n'est pas quelque chose qu'on ne comprendra jamais, mais c'est quelque chose qu'on n'aura jamais fini de comprendre". Saint Augustin le déclarait à propos des mystères de la foi ; ceci est vrai pour tous les domaines de la complexité.

La rencontre de la complexité et de notre capacité à toujours mieux comprendre est, pour moi, un émerveillement. En effet, un monde non complexe, simplement compliqué, ne nous laisserait aucun espace pour imaginer, pour progresser, pour innover de nouvelles représentations. Un monde complexe, sans qu'on ait la capacité de l'explorer sans fin, serait étrange, hostile. Comme nos ancêtres les Gaulois, chacun craindrait que le ciel lui tombe sur la tête !

Dieu est représenté de mille façons dans nos églises et nos musées. Il est dénommé de 99 manières par les Musulmans (6). Il est incommensurable. Il ne sera jamais connu dans Sa Réalité (7). Il est la complexité absolue (8). Sa complexité est telle que la théologie négative ou apophatique permet de parler de Lui à défaut de pouvoir exprimer qui Il est. Des oxymores sont aussi des voies pour tenter de Le connaître (9). Cependant pour certains, Dieu est simple car Il est amour. Alors, ils prétendent que parler d'amour revient à parler de Dieu. Cette confiscation de l'amour est dangereuse en un temps où beaucoup croient qu'Il n'est pas (10). Ne risquent-ils pas de fermer à l'amour ceux qui n'ont pas foi en Dieu ? C'est peut-être pour cette raison que des prélats et des moines sont parmi les premiers damnés sur les représentations du Jugement dernier aux frontons de certaines cathédrales. On peut y voir aussi quelques facéties du sculpteur ! Finalement si on parlait d'amour sans parler de Dieu !

Comment perd-on la foi lorsqu'on l'a vécue à l'âge adulte ? Pour moi, ce fut comme l'effondrement d'un mur. Progressivement, des fissures l'ont lézardé et il s'est écroulé en quelques jours. Un autre (11) a rencontré Dieu derrière un pilier de Notre-Dame à Paris. Pour un autre, "il y eut un mystérieux retournement, dont l'heure et le lieu échappent au souvenir … Une conscience nouvelle à la foi émergea." (12). Tous ceux qui rencontrèrent Dieu alors qu'ils ne L'attendaient pas, y virent une expérience de la Grâce. Et pour moi, est-ce l'influence du Malin ? Il est vrai aussi que beaucoup demeurent toute leur vie dans une impossibilité de décider, ce sont alors des pratiquants tièdes ou des athées incertains.

A cette étape, il est temps que je tente de vous faire part des arguments qui m'ont conduit à croire que Dieu n'est pas. Ce n'est pas pour vous convaincre, surtout si vous vous sentez paisible dans votre foi. De plus, je sais que mes arguments peuvent être retournés et conduire à une conclusion contraire. Niels Bohr, un physicien danois mort en 1962, déclara un jour qu'il existait deux types de vérité : les vérités superficielles où le concept opposé est faux de manière évidente et les vérités plus profondes où le contraire peut aussi être juste" (13). Ou, ce qui revient au même, selon Blaise Pascal, (14) "l'erreur n'est pas le contraire de la vérité. Elle est l'oubli de la vérité contraire". Nous sommes en pleine complexité. Je vais développer maintenant quelques arguments qui me conduisent aujourd'hui à avoir la conviction que Dieu n'est pas.

Le premier argument repose sur un article (15) rédigé par un éminent jésuite (16), dans une position prestigieuse au Vatican. Il concerne la probabilité très grande qu'il y ait de nombreuses planètes habitables (17) au sein du cosmos, en raison des caractéristiques et des histoires de ces planètes très semblables à celles de la Terre. Les êtres extraterrestres, dénommés ETs, pourraient être semblables aux hommes. Cette hypothèse pose de difficiles questions au Christianisme, selon le Père Coyne. Ces questions sont considérablement plus ardues que celles qui sont apparues après la découverte de l'Amérique :

  • "Les ETs ont-ils péché de la même manière que nous ? » Sa réponse est "Oui, ils ont péché !".
  • "Dieu a choisi librement de sauver les hommes de leur péché. A-t-Il fait de même pour les ETs ?"
  • "Dieu a choisi un moyen très spécifique pour sauver les êtres humains. Il leur a envoyé Son Fils unique, Jésus, qui a donné sa vie pour qu'ils soient sauvés de leur péché. Dieu a-t-Il fait de même pour les ETs ? Ou bien a-t-Il choisi un autre moyen pour les sauver ?"
  • "Les problèmes théologiques deviennent encore plus graves. Il est certain que Dieu est complètement libre de choisir Ses méthodes, et qu'il n'était pas obligé de sauver les ETs de la même manière ?"

La réponse du Père Coyne est "Oui, Il a envoyé Son Fils unique pour sauver (également) les ETs". Et il ajoute : "Nous nous trouvons devant la grave responsabilité de devoir repenser quelques réalités fondamentales de la foi religieuse."

Ma réponse est plus simple : Dieu n'est pas et il n'est pas nécessaire de se torturer l'esprit pour rendre compatible ce qui ne l'est manifestement pas.

Le deuxième argument repose sur la question de l'âme. En effet, l'existence supposée d'une âme en chaque homme de notre Terre semble incohérente avec la théorie de l'évolution. En effet, si cette âme est le fruit d'une évolution, qu'était-elle dans les stades intermédiaires ? Si, a contrario, elle est apparue brusquement par création divine, lors de l'évolution des hommes en un temps compris entre 2 millions d'années, période où sont apparus les premiers humains, et 18 mille ans lors de la naissance de l'homo sapiens, est-ce lorsque Dieu a estimé que cet homme devenait à Son image ? Ces deux hypothèses conduisant à des interrogations complètement farfelues, mieux vaut, selon moi, ne pas croire à l'existence d'une âme en chaque homme ou femme !

Le troisième argument concerne la souffrance et la mort. En notre temps, la mort est cachée et pourtant elle est irrémédiable. C'est notre seule certitude. Ceux que nous aimons et nous-mêmes deviendrons poussière, de jeunes enfants n'échapperont pas à la mort, pur non-sens à leur âge. Alors, "il s'agit toujours de conférer du sens – et donc de la valeur - à la souffrance, ce qui implique que la maladie soit pensée sur le modèle d'un défaut, d'une faute qui puisse être palliée, expiée et pardonnée ; que la mort soit envisagée sur fond de salut et de rédemption, de façon à ce qu'au bout du compte puisse être prononcée une parole de guérison et d'acceptation par laquelle tout rentre dans l'ordre nécessaire et bienveillant du monde" (18). Toutes les religions (19), les plus primitives comme celles que nous connaissons aujourd'hui, ont toujours apporté cette espérance. Elles masquent le drame de la mort de ceux que nous aimons et apaisent l'horreur de notre propre fin précédée souvent d'états dégradants. Les religions seraient-elles si la mort n'existait pas ou si nous ignorions qu'elle est, toujours prête à frapper ?

Ma réponse est : je crois que de tout temps, elles ont été inventées par les hommes. Dieu est alors une nécessité pour justifier ces religions, Il n'a pas été révélé. Il n'est pas. Quant au Bouddhisme, étant une voie agnostique, le cycle des renaissances, donne sens aux différentes vies tant que l'état de Bouddha n'est pas atteint.

Le quatrième argument repose sur l'impossibilité pour Dieu d'être bon, juste et tout puissant (20). En effet, après l'horreur de la Shoah - on sait hélas que ce n'est pas le seul drame de notre humanité - Dieu est soit bon et pas tout puissant, soit l'inverse (21). Dieu demeure sourd aussi à l'enfant qui nait difforme, à tous les scandales de notre condition humaine. Il a été sourd au cri de Jésus abandonné sur la croix. Quel Père bon et tout puissant tolèrerait une telle souffrance pour Son fils bien-aimé ? A moins que, de tout temps, Son fils ait dû mourir pour ressusciter le troisième jour afin, par sa mort, de sauver les hommes et, par sa résurrection, de permettre à chacun de croire en Dieu ? Jésus ne pouvait pas mourir dans son lit, vieux et grabataire. Cruel et invraisemblable déterminisme ! Ne prétendez pas qu'Il respecte notre liberté, qu'Il nous a confié la responsabilité d'être présents à sa place, qu'Il ne veut pas notre souffrance ! Les ex-voto de reconnaissance à la Providence divine ne prouvent rien, ils sont plutôt des effets du hasard. Nul ne se vante de ne pas avoir été exaucé, d'avoir prié en vain, les contre-exemples ne sont pas affichés. N'ajoutez pas que Dieu veut nous faire progresser, nous soumettre à l'épreuve, lorsqu'Il ne répond pas à nos prières !

Ma réponse est : soit Dieu n'est pas et tout s'éclaire, ou bien Il est mais Il nous laisse tomber. Je préfère la première hypothèse, c'est moins avilissant pour Son image.

J'admire la foi du bénédictin allemand, Anselm Grün, lorsqu'il dit à ses moines à propos du silence à la rencontre de Dieu "Nous ne savons pas si Dieu viendra et s'il nous saisira. Nous savons dans la foi qu'Il est là, même si nous n'en faisons pas l'expérience" (22). Je vous témoigne également mon admiration si vous vivez de la même foi.

Les miracles sont souvent présentés pour soutenir une foi en Dieu défaillante. Non pas par lâcheté mais surtout par incompétence, je laisserai un point d'interrogation, d'autant plus que, dans l'analyse de l'argument suivant sur la non divinité de Jésus, je vais parler des miracles de Jésus et des autres.

Le dernier argument, en me limitant à ceux qui sont majeurs, repose sur la non divinité de Jésus, selon moi évidemment. Afin de dissiper tout malentendu, je tiens à préciser que je crois en l'homme Jésus car il est pour moi un phare de notre humanité. Puis-je ajouter que j'aime cet homme ? Afin d'aller un peu vite pour aborder mon chemin de vie sans Dieu, je vais seulement énoncer ce qui m'a conduit à croire que Jésus n'est pas Dieu, ce qui, a priori, n'exclurait pas l'existence d'un Dieu créateur :

  • L'Evangile primitif rédigé en 40-50 a été perdu. Il est souvent dénommé Evangile Quelle (« source » en langue allemande) ou plus simplement Evangile Q. Celui-ci aurait inspiré fortement les trois Evangiles synoptiques postérieurs de Marc en 65, Luc et Mathieu en 85 et expliquerait les coïncidences nombreuses. De nombreux travaux ont été menés pour tenter de retrouver le contenu de cet Evangile. L'un d'entre eux, l'oeuvre critique d'un historien, Pierre Nautin (23), me paraît convaincante. Elle montre que Jésus n'est pas Dieu et que beaucoup de faits qui lui ont été attribués visaient à établir des correspondances avec l'Ancien Testament : en particulier, ses miracles étaient destinés à prouver qu'il était Fils de Dieu et plus qu'un prophète. En effet, il était traditionnel d'attribuer des miracles dans l'antiquité et au temps de Jésus aux personnages hors du commun. Ainsi, "la littérature juive du temps de Jésus connaît des thaumaturges" … et même dans l'antiquité, on attribue au philosophe Apollonius de Tyane, un disciple de Pythagore, "un récit de résurrection, cinq récits de guérison, …" (24).
  • L'éventuelle résurrection de Jésus requiert un acte de foi, car aucune preuve indiscutable ne l'assure et paradoxalement c'est également, pour certains, une raison de croire en la divinité de Jésus. En effet, comme l'a dit saint Paul "si le Christ n'est pas ressuscité, vide alors est notre message, vide aussi votre foi" (25). Ainsi, sa résurrection est à la fois une conséquence et une cause de la foi de ceux qui croient en la divinité de Jésus. Rien n'est prouvé.
  • La complexité de Dieu et la complexité de l'homme me semblant incompatibles, il est inconcevable de croire, à la suite du Concile de Calcédoine en 451, en Jésus à la fois vérité de Dieu et vérité de l'homme (26).

Sans Dieu, sans éternité, quel chemin de vie pour moi ? Lorsque le mur de ma foi s'est effondré, j'avais 27 ans, j'ai pensé que je devais quérir le bonheur malgré tout, sur cette terre. Il m'arrivait alors de dire mon admiration pour une femme affreusement laide qui peut se regarder dans un miroir en souriant paisiblement. Moi aussi, je devais supporter la laideur d'une vie sans éternité !

Mes propos vont devenir plus intimes, tout en demeurant suffisamment discrets. Je voudrais me tenir au plus près de ce qu'ont été mes aspirations, mes chemins de traverses, mes impasses et dire ce que je vis ici et maintenant, au crépuscule de ma vie, à l'aube peut-être d'une nouvelle vie. Ce que j'ai cru essentiel, indispensable pour être heureux, m'est souvent apparu après coup, illusion. J'ai cru être un surhomme ou espéré le devenir alors que … Mais qu'importe, il fallait passer par toutes ces errances et il est probable que dans dix années, si je suis encore en vie, mes propos seront autres. Chacun de nous explore, façonne et innove son être complexe sans fin en espérant, mais en vain, atteindre son sommet avant qu'il ne soit trop tard ! Mais ce sommet change souvent au cours d'une vie ! Alors, il faut redescendre dans la vallée, escalader de nouveau à travers de pénibles "bavantes".

Commençons par une boutade de Woody Allen, citée de mémoire "Qui suis-je ? D'où viens-je ? Où vais-je ? Mais, au fait, qu'est-ce qu'on mange ce soir ?" Elle traduit avec humour nos besoins matériels et notre envie de tout ce qui nous fait du bien au premier degré, de ce qui nous fait jouir à fleur de peau, sans oublier les honneurs qui font de nous des paons majestueux. Au diable cependant, les rabat-joie, les pisse-froid ! Même les moines qui ont fait des voeux exigeants ne sombrent pas dans cette morosité. Je suis moins persuadé que certains mystiques chrétiens ou appartenant à d'autres traditions religieuses n'aient pas exacerbé leur ascétisme, voire porté le cilice par mortification. Mais au diable aussi, ceux pour qui la vie est luxe, "ma prochaine voiture sera plus belle, plus confortable, plus grande, plus classe", fric toujours plus, orgueil de son moi exhibé, carrière vers des niveaux inaccessibles, consommation de produits, de loisirs, de sexe, sans raison et avec l'illusion d'un bonheur jamais atteint. "Fais-moi confiance, me disait-on il y a peu, une piscine, ça change la vie !". Mais quelle vie ? Je suis passé par cette étape de conquête du surhomme m'as-tu-vu. Je voulais me venger d'une enfance douloureuse, moi, le fils de pauvres, de très pauvres, moi qui allait ramasser des croûtes de gruyère jetées par les commerçants pour en tirer du râpé rance, moi … Ces blessures et bien d'autres ont marqué les débuts de ma vie d'adulte. Alors, j'ai eu comme point de mire unique, "ma réussite" à tout prix. Puis, j'ai ressenti combien tout ceci était vain et alors j'ai cru au pouvoir de "mon" intelligence.

L'essai de Joël de Rosnay "L'homme symbiotique" (27) va me permettre d'explorer cette étape de mon chemin de vie, de 35 à 50 ans environ. Cet auteur pense que le IIIè millénaire sera dominé par l'homme symbiotique, "un être de chair et de sentiments, associé dans une étroite symbiose à un organisme planétaire qu'il contribue à faire naître" (28). Il imagine même "une éventuelle connexion avec d'autres cybiontes, dans d'autres galaxies, créant un univers pensant fait de cerveaux planétaires interconnectés" (29). Et, dans sa conclusion, l'auteur écrit "Tout ce qui donne à l'homme la possibilité d'innover le rend maître de son avenir." (30) Ainsi, comme l'espérait au XVIIè siècle Descartes, l'homme deviendra "maître et possesseur de la nature" ! Un surhomme, étymologiquement au-delà de l'homme, proche de celui imaginé au XIXè siècle par Friedrich Nietzsche qui écrivit "L'homme est une corde tendue entre la bête et le surhomme, une corde au-dessus d'un abîme" et "J'aime ceux qui ne cherchent pas par-delà les étoiles une raison de périr ou de se sacrifier, qui au contraire se sacrifient à la Terre, pour qu'un jour sur Terre vienne le règne du surhomme. (31) J'ai espéré ardemment devenir ce surhomme aux sens de Joël de Rosnay et de Friedrich Nietzsche, ce n'est plus ma conquête actuelle.

J'ai cru aussi aux voies du New Age ! En fait j'étais à la recherche d'un autre surhomme. Comme on le sait, le New Age "est une métaphysique prônant la vision globale, holistique, du monde. C'est … une invitation adressée aux individus à changer sans retard leur rapport aux êtres et aux choses, en rompant avec les habitudes séparatistes au profit du paradigme holistique, grâce à des techniques appropriées, dans la voie de l'élargissement de la conscience qui est la grande affaire du New Age. Il s'agit de sortir de son ego, de franchir les frontières d'un moi étriqué pour vivre des expériences fusionnelles de dissolution du moi dans le tout" (32). Quel beau programme auquel j'ai cru pour évoluer sans faire appel à Dieu ! Ici encore illusion de croire que je pouvais explorer le surnaturel par une spiritualité (33) venant de l'Inde à "la sauce californienne (34)". J'ai fréquenté des petits mecs qui se prenaient pour des gourous car ils connaissaient quelques ficelles pour dominer des paumés de l'existence en leur piquant un maximum d'argent. Etrange marécage du XXè siècle !

Je n'exprimerais nullement de telles critiques vis-à-vis du Bouddhisme. J'ai effleuré cette tradition philosophique, plus que religion, autour de mes 60 ans, car "Dieu n'est pas une question", selon le Bouddha lui-même et cet agnosticisme me convenait. Je ne parlerai pas de cette expérience de ma vie car, trop petit dans cette voie immense et profonde, j'aurais peur de la travestir. Le choc culturel que représentait pour moi un engagement lourd m'a fait abandonner ce chemin. Je reste néanmoins admiratif de cette sagesse de plusieurs millénaires qui a forgé des hommes extraordinaires. Citons le martyr de Päldèn Gyatso, un moine tibétain, qui a vécu l'horreur des prisons chinoises pendant 32 années de sa vie. Son témoignage (35) est l'un des récits de souffrances et d'endurance les plus extraordinaires qui soient. Il n'a jamais renoncé à sa foi en Bouddha et, mieux encore, il n'a jamais maudit ses bourreaux. D'autres ont subi dans la même paix intérieure la cruauté d'hommes et de femmes convaincus de la nécessité d'écraser ceux et celles qui croient différemment ou ont une origine autre. Je pense en particulier au martyr d'Etty Hillesum (36), souvent cité dans les milieux catholiques. On pourrait aussi parler avec un égal respect des communistes qui ont donné leur vie après avoir été torturés, sans trahir leurs compagnons du maquis, lors de la dernière guerre mondiale. Et puis, pourquoi ne pas penser aux Algériens torturés par les Français lors de la guerre d'indépendance ainsi qu'aux Français sacrifiés par les Algériens, aux moines de Tibhirine, aux Afghans et aux Irakiens aujourd'hui, la liste est infinie ! Plaute avait déjà raison au 1er siècle avant JC" (37)

J'aspire depuis plusieurs années à être au plus profond de moi, "au fond sans fond", comme disait Maître Eckhart (38). Il apporte une autre vision évidemment proche de ma culture chrétienne. Selon Nietsche repris par G. Morel, "Le surhomme n'est donc rien d'autre que le oui, délivré de tout mauvais négatif, dans ce monde fini qui est le nôtre. Si on veut le distinguer de l'enfant, on ne pourra le faire qu'en le déterminant comme l'épanouissement de cet enfant : l'innocence créatrice et donatrice à de très hauts degrés. Ce surhomme – qui est le seul homme concevable - ne sera évidemment jamais achevé, puisque l'essence du oui est inépuisable." (39) Evidemment, pour Maître Eckhart, cet homme ne trouve sens à sa vie et ne peut devenir un surhomme, "un homme au-delà de l'homme", qu'en puisant sans fin dans "le fleuve de la grâce", un don de Dieu, afin de rencontrer "Dieu au-delà de Dieu" (40). Ceci m'éloigne de ce Maître prestigieux du XIIIè siècle puisque je demeure convaincu que Dieu n'est pas. Je crois, au sens fort de "credo" que je ne dirai jamais plus cette belle prière commune aux Eglises protestantes du Canada citée en bas de page (41). Il me faut alors imaginer un autre homme, certainement plus un surhomme.

Avec Protagoras (42), je pense que "l'homme est la mesure de toutes choses" et non pas Dieu, comme le prétendait Platon. Cette sentence oppose, à l'idée d'une vérité absolue venant de Dieu, une multiplicité de points de vue. Je crois à l'homme multidirectionnel, a priori sans limite dans toutes les voies qu'il peut explorer au cours de sa vie, la meilleure comme la pire. La meilleure ne peut évidemment pas venir de Dieu pas plus que la pire du Malin. Certes, peu sont prodigieux comme Mozart, savants comme Einstein, sages comme Socrate, forts comme Douillet, peu ont une voix étonnante comme La Callas, peu sont des êtres d'amour comme Gandhi, peu heureusement sont cruels comme Saddam Hussein, dangereux comme Hitler, ambitieux comme Napoléon. Mais chacun a la possibilité plus modestement d'avancer à l'étape de sa vie dans quelques voies qui correspondent à ses désirs (43). Nos désirs confèrent de la valeur à nos choix et donnent sens à notre vie. Ainsi, les valeurs ne sont pas des vérités (44). Elles appartiennent aussi aux mondes de la complexité.

"Le ciel est vide, il reste l'amour" (45). C'est aujourd'hui ma vérité, après de nombreux détours et des blessures accumulées. Les manques de ma vie pourraient aisément justifier ce choix. Mais ceci est situé au plus intime de moi-même, je n'en dirai rien ! Ce chemin est certainement le plus aride de ceux que j'ai suivis. Comment se détacher de bien des pouvoirs, se départir de nombre de ses défauts ou au moins les reconnaître, laisser aux autres leur place sans les étouffer, les aimer dans leurs différences, comment s'ouvrir à tous les hommes ? "L'amour n'est pas un lien, c'est une révélation" (46). Ce lien nous effraie car il perturbe notre individualisme alors que, si nous étions plus ouverts à l'amour, la révélation exalterait notre humanité. Inaccessible amour !

A un très bon ami, j'écrivais récemment un projet possible pour son chemin de vie, car je le sentais tellement dans l'apparence et dans l'agression. Ce projet moins ambitieux est aussi le mien, vous l'avez compris. "Permets-moi de te suggérer d'essayer de t'accepter tel que tu es, avec humilité, d'accueillir les autres avec la générosité du coeur en pardonnant et en sollicitant leur pardon (47), de mettre progressivement au plus profond de ton Être intérieur de la douceur, puis de la tendresse lors de montées d'adrénaline, sans renoncer à tes convictions, à tes désirs, à tes valeurs. Progressivement et après de nombreux mois et bien des échecs, tu seras envahi par la Paix et la Joie intérieures, plus ressourçantes que des bonheurs, trop souvent éphémères. Tu découvriras la sérénité, au-delà de ce que tu imagines, toujours sans renoncer à ce que tu crois. Alors, tu deviendras plus convaincant puisque tu dialogueras de coeur à coeur et non plus d'épiderme à épiderme."

Mon chemin de vie est aujourd'hui devenu spirituel. Ce n'est pas une spiritualité puisque non relié à une tradition religieuse (48), judéo-chrétienne dans ma culture. Dieu n'est pas. J'espère néanmoins devenir plus humain et pouvoir semer dans le présent quelques graines d'éternité (49). "Il faut vivre maintenant" (50), enfin !

Bernard Baudelet (51) - Bernard-baudelet@orange.fr et baudelet@pt.lu

A défaut de sainteté, pourrai-je atteindre la "saineté" avant qu'il ne soit trop tard ?

(1) Dans cet article, je mettrai une majuscule à Dieu, à Jésus et à tous les noms propres évidemment. Lorsque j'évoquerai Dieu par un article ou un pronom, j'utiliserai également une lettre majuscule afin de respecter ceux qui croient en Lui, mais pas pour Jésus, ce sera ma différence ! (retour)
(2) Cet argument ne tient pas car je connais de nombreux scientifiques de haut niveau qui croient que Dieu est. Permettez-moi de citer un ami, Thierry Magnin, prêtre catholique et professeur des Universités à Saint-Etienne. Je vous recommande la lecture de trois de ses livres "Quel Dieu pour un monde scientifique" publié aux Editions Nouvelle Cité en 1993, " Entre science et religion" aux Editions du Rocher en 1998 et "A la lumière de la science et de la Bible" aux Editions des Presses de la Renaissance en 2004. Le deuxième ouvrage s'appuie sur sa Thèse de Doctorat en Théologie qui a fait suite à sa Thèse de Doctorat en science. (retour)
(3) "Oh ! comment n'aspirerais-je pas à l'éternité … car je t'aime, ô éternité". Surprenante déclaration du créateur de l'expression "La mort de Dieu", Friedrich Nietzsche dans "Ainsi parlait Zarathoustra, Les sept sceaux". (retour)
(4) Frère Jacques, un moine trappiste de l'abbaye Sainte-Marie du Désert près de Toulouse. (retour)
(5) Antonio R. Damasio, spécialiste de renommée internationale du cerveau humain, a bien montré qu'aucune décision ne peut être prise sans une part d'émotion, elle-même souvent déterminante dans toute situation complexe, contrairement à ce que prétendent les rationalistes purs et durs. On lira avec intérêt son livre "L'Erreur de Descartes" publié aux Editions Odile Jacob en 2001. Toute décision forte serait-elle à ce point influencée par nos émotions et partiellement justifiée ensuite par des arguments plus rationnels ? Nos émotions étant largement marquées par notre passé, notre culture et nos racines, notre prétention d'être libre serait alors bien utopique, voire prétentieuse ! (retour)
(6) Ces noms sont ceux directement révélés par le Coran, d'autres sont formés indirectement à partir de certains passages du Coran, d'autres enfin sont traditionnels et indépendants du Coran. Dictionnaire Encyclopédique de l'Islam par Jacques Berque aux Editions Bordas en 1991. (retour)
(7) "Les regards des hommes ne l'atteignent pas …" Sourate VI 103. (retour)
(8) C'est pourquoi, Il est indicible. "Nous devons apprendre à ne donner aucun nom à Dieu … car Dieu est par-delà les noms" selon Maître Eckhart dans le sermon 53 dans "Dieu au-delà de Dieu » aux Editions Albin Michel page 164. (retour)
(9) Ainsi, on attribue à Denys l'Aéropagite l'expression "Ténèbres lumineuses" pour parler de Dieu. Semblablement Maître Eckhart dans "La prière du grain de sénevé" utilise l'expression : "C'est lumière, c'est clarté, c'est la ténèbre". Le langage poétique et métaphorique permet également d'approcher Dieu dans Son essence. (retour)
(10) Lire à ce sujet par exemple "Vers une France païenne ?" par Hippolyte Simon, actuellement évêque du diocèse de Clermont-Ferrand, publié aux Editions Cana en 1999. (retour)
(11) Paul Claudel (retour)
(12) "Que m'est-il donc arrivé ? Un trajet vers la foi" de Guy Coq aux Editions Le Seuil 1993 page 17. (retour)
(13) Dans "Le Monde de Sophie" de Jostein Gaarder publié aux Editions Le Seuil en 1995 page 388. (retour)
(14) "Les Pensées" (retour)
(15) "Preuves scientifiques de l'existence de planètes habitables hors du système solaire. Un défi pour la pensée religieuse" publié en 2000 dans "Question de » n°122 pages 28-46. (retour)
(16) George V. Coyne, membre de l'Académie pontificale des sciences et directeur de l'observatoire du Vatican. (retour)
(17) 10 à la puissance 17, soit le chiffre 1 suivi de 17 zéros. (retour)
(18) Philippe Forest , écrivain. 5è Colloque de Pédiatrie et Psychanalyse, Avignon 15-16 novembre 2002 page 87. (retour)
(19) "Le fait religieux" publié sous la direction de Jean Delumeau aux Editions Fayard en 1993. (retour)
(20) Hans Jonas dans "Le concept de Dieu après Auschwitz" publié en 1994 chez l'Editeur Payot Rivages. (retour)
(21) A ce sujet, Hans Kûng déclare à la page 118 de son livre "Credo" publié aux Editions du Seuil en 1996, "Si Dieu existe, Dieu était également à Auschwitz ! … ». Mais, en même temps, on est bien obligé de reconnaître qu'il n'y a pas de réponse à la question : « Comment Dieu pouvait-il être à Auschwitz sans empêcher Auschwitz ? (retour) »
(22) Ansetm Grün est prieur de l'abbaye bavaroise de Münsterschwarzach. Il est l'auteur d'une vingtaine de livres en Français dont "Apprendre à faire silence" publié en 2001 aux Editions Desclée de Brouwer. La référence citée est à la page 93. Son audience est considérable auprès des jeunes allemands. (retour)
(23) "L'Evangile retrouvé. Jésus et l'Evangile primitif" publié aux Editions Beauchesne en 1998, un an après la mort de l'auteur. (retour)
(24) "Croire. Invitation à la foi catholique pour les femmes et les hommes du XXIè siècle" publié aux Editions Droguet et Ardant par Bernard Sesboüé, un Jésuite théologien page 239. On trouve également des récits extraordinaires dans le livre "La Bible et sa culture. Jésus et le Nouveau Testament" publié sous la direction de Michel Quesnel et Philippe Gruson de l'Institut catholique de Paris aux Editions Desclée de Brouwer en 2000, par exemple pages 62, 118, 119, 120. (retour)
(25) Première Epître aux Corinthiens 15 13-14. (retour)
(26) Pour se convaincre du contraire, lire par exemple de Bernard Sesboüé, un Jésuite théologien, "Jésus-Christ dans la tradition de l'Eglise" au chapitre VI. Pour suivre ma conclusion se référer à deux livres : celui d'un autre Jésuite, Georges Morel, aujourd'hui décédé et qui a été contraint de quitter la Compagnie de Jésus, "Question d'homme : l'autre" publié aux Editions Aubier en 1977 et celui du philosophe Manuel de Diéguez "Et l'homme créa son Dieu" publié aux Editions Fayard en 1984. Ce livre m'a été offert par un autre Jésuite très récemment décédé, un disciple de Georges Morel, Jean Moussé, lui-même auteur d'ouvrages sur la même thématique. (retour)
(27) "L'homme symbiotique. Regards sur le troisième millénaire" publié par Joël de Rosnay aux Editions du Seuil en 1995. (retour)
(28) Idem sur la 4è page de couverture (retour)
(29) idem page 325. (retour)
(30) idem page 330. (retour)
(31) Dans le prologue de "Ainsi parlait Zarathoustra" de (retour)
(32) "Entre New Age et développement personnel" par Michel Lacroix, philosophe, article (pages 26-29) de la revue dirigée par Guy Coq "Panoramiques du 3è trimestre 2003 n° 64 , ayant pour titre "A la fin, qu'appelez-vous spiritualité". (retour)
(33) Spiritualité car liée en Inde à une ou plusieurs religions. (retour)
(34) Alors sans aucun lien religieux. (retour)
(35) "Le feu sous la neige. Mémoires d'un moine tibétain" préfacé par le Dalaï-Lama et publié aux Editions Acte Sud en 1997. (retour)
(36) "Une vie bouleversée. Journal 1941-1943" publié aux Editions du Seuil en 1985. (retour)
(37) "L'homme est un loup pour l'homme". Cette expression vient originalement du poète romain Plaute qui vécu au premier siècle avant JC. L'homme est le prédateur de l'homme ! Pire, son prédateur le plus étonnant, c'est lui-même. (retour)
(38) "Prière du grain de sénevé" de Maître Eckhart. (retour)
(39) "Introduction à une première lecture. Nietzsche" par Georges Morel, livre publié en 1985 aux Editions Aubier page 774-776. (retour)
(40) "Dieu au-delà de Dieu" Sermons de XXXI à LX de Maître Eckhart publié aux Editions Albin Michel en 1999. (retour)
(41) Nous ne sommes pas seuls, nous vivons dans le monde que Dieu a créé. Nous croyons en Dieu qui a créé et qui continue à créer, qui est venu en Jésus, Parole faite chair pour réconcilier et renouveler, qui travaille en nous et parmi nous par son Esprit. Nous avons confiance en Lui. Nous sommes appelés à constituer l’Église pour célébrer la présence de Dieu, pour vivre avec respect dans la création, pour aimer et servir les autres, pour rechercher la justice et résister au mal, pour proclamer Jésus, crucifié et ressuscité, notre juge et notre espérance. Dans la vie, dans la mort, dans la vie au-delà de la mort, Dieu est avec nous. Nous ne sommes pas seuls. Grâce soit rendue à Dieu. Amen. (retour)
(42) Sophiste grec né environ en 485 avant Jésus-Christ et mort vers 411. (retour)
(43) Nos désirs sont, selon moi, des pulsions puisant leur origine dans nos manques et ils sont nombreux. (retour)
(44) "Valeur et vérité. Etudes cyniques" par André Comte Sponville publié en 1994 aux Editions PUF. (retour)
(45) Un article récent d'André Comte Sponville. (retour)
(46) On lira avec intérêt le livre "Sous le signe du lien" et plus particulièrement le chapitre "De l'empreinte amoureuse au tranquille attachement" de l'éthologue Boris Cyrulnik publié en 1989 aux Editions Hachette. La citation est page 177. (retour)
(47) Selon l'aphorisme LXXXIV du livre de Thomas Merton publié chez Albin Michel en 1967, La sagesse du désert. Aphorismes des Pères du Désert du IV siècle après JC, « L'humilité, c'est pardonner à notre frère avant qu'il ne nous demande lui-même pardon » pages 81-82. (retour)
(48) "Le spirituel est la façon par laquelle les humains assument leur humanité, pensent, délibèrent, s'ordonnent pour vivre et coexister à un monde d'idéalités sans lesquelles il ne serait même pas possible d'assumer le corps et la matière". "Le spirituel n'est pas la même chose qu'une spiritualité …, école de vie instruisant le disciple sur les chemins de l'absolu, ne va pas sans entrer en relation avec … (le) divin, sacré, religion, mystique, ascèse, contemplation, union de l'âme avec Dieu …". Article de Paul Valadier "Spiritualité et rationalité" pages 50-53 dans la revue dirigée par Guy Coq "Panoramiques" du 3è trimestre 2003 n° 64, ayant pour titre "A la fin, qu'appelez-vous spiritualité ?". (retour)
(49) "Ce que mes yeux ne pourront peut-être pas voir, d'autres yeux le verront. Et la lumière l'emportera sur les ténèbres, la vie sera plus forte que la mort." De qui est cette citation ? d'un ermite du désert, de mère Térésa, d'un mystique hindou ? Non ! Elle est d'un responsable communiste bien connu des gens de ma génération, Jacques Duclos, qui s'exprimait ainsi dans "Ce que je crois" publié aux Editions Grasset en 1975, l'année de sa mort à 79 ans, page 250-251. (retour)
(50) Albert Camus dans "Défense de l'homme révolté" publié aux Editions Gallimard en 1965 page 1714 dans l'édition du Ier trimestre 1981. (retour)
(51) Bernard Baudelet est Professeur des Universités en Sciences, retraité de l’Institut National Polytechnique de Grenoble, Professeur Associé à l’Université du Luxembourg. Il est également Consultant et Coach en entrepreneuriat innovateur. (retour)
Published by Libre pensée chrétienne - dans Dieu
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