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1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 10:01
Editorial
Herman Van den Meersschaut
LPC n° 10 / 2010

Dieu est, dit le croyant.

Dieu est ? Je ne sais s'il est, je ne peux rien en dire ! dit l'agnostique.

Dieu n'est pas, dit l'athée.

Mais de quel dieu parlez-vous ? Le mot prête à confusion.

Ne serait-il pas utile de préciser quelque peu ?

Que mettez-vous dans ce mot ?

Dans le sens habituel, croire en Dieu veut dire : être convaincu de l'existence d'un Etre suprême, bon, juste et tout-puissant, séparé, distinct de ce qu'il a créé, à qui on adresse des prières, qui intervient dans l'histoire selon son bon vouloir et chez qui on retourne après la mort.

Dieu ne peut-il vraiment être que cela ?

Cette croyance est sans doute encore largement majoritaire dans les trois monothéismes.

Sont considérés comme "théistes" ceux qui croient en l'existence d'un tel Etre ; "athées" ceux qui nient son existence.

Dans l'équivoque où le mot Dieu est tombé, dit Maurice Bellet, croire en Dieu, ne pas croire en Dieu, ce n'est plus la question. (1)

En effet, ce sont les "images de Dieu", que nous nous sommes forgées en les pensant immuables, qui ne sont plus acceptables aujourd'hui et qui sont à remettre sérieusement en question. Et si les athées avaient raison, si ce Dieu là n'était qu'une idole qui nous rend la foi difficile sinon impossible ?

Notre perception du divin reste essentiellement imprégnée par l'expérience vécue, il y a plus de deux mille ans, par les auteurs de la Bible qui nous l'ont transmise à travers des écrits datés, passés, dépassés, fruits d'époques à jamais révolues. Or, nous vivons aujourd'hui dans un monde qui a une conception de l'univers, de l'homme et de la société totalement différente.

Nous ne pouvons rien comprendre à ces récits anciens, si nous ne trouvons pas l'équivalent contemporain dans notre propre vécu. Nous avons donc chacun à vivre nous-mêmes cette expérience de l'indicible et à essayer de la traduire le moins maladroitement possible en mots d'aujourd'hui.

C'est une invitation à faire personnellement notre "Exode" en quittant le pays de servitudes où nous sommes prisonniers de dogmes archaïques, pour marcher vers nous-mêmes et libérer ainsi une parole de vie personnelle qui serait en phase avec notre société.

Jésus ne nous y invite-t-il pas lorsqu'il dit : « Le Royaume de Dieu est au-dedans de vous » comme un trésor caché dans un champ ?

Le seul Dieu que nous puissions supporter désormais, dit encore M.Bellet, ce n'est pas le Dieu des hauteurs, c'est le Dieu qui est avec nous dans les ténèbres.

Si Dieu est, il est en l'homme ce point de lumière que rien n'a puissance de détruire.

Dieu est Amour, dit le croyant.

Le ciel est vide, dit l'athée, reste l'amour. (2)

L'amour… et le respect, c'est ce qui a sans doute manqué le plus dans les affaires de pédophilie qui posent actuellement de gros problèmes à l'Eglise Catholique. Rome a toujours eu des difficultés avec la sexualité qu'elle a carrément niée en imposant le célibat aux prêtres.

Ce qui est grave, c'est qu'une institution, qui est sensée montrer l'Amour du Dieu de Jésus aux hommes, est capable, à cause d'un système pédagogique pervers, de saccager la vie de centaines d'hommes et de femmes et produire de telles dérives. Cela, nous ne pouvions pas le passer sous silence.

Herman Van den Meersschaut

(1) Extrait d'une interview du quotidien suisse "Le temps" - Déc.2009 (retour)
(2) André Comte Sponville (retour)
Published by Libre pensée chrétienne - dans Editorial
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