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1 octobre 2011 6 01 /10 /octobre /2011 11:30
Editorial
Herman Van den Meersschaut
LPC n° 15 / 2011

- Dieu est…

- Ah ! Non, … encore Dieu ! ?

- Et pourquoi pas ?

- Ne pensez-vous pas qu'on en a déjà trop dit ? Ne vaudrait-il pas mieux se taire à son sujet ?

- Euh! …Oui, sans doute … et pourtant ce qui est incontestable, c'est que « Dieu est un mot de la langue française. Puisqu'il existe, il a un sens. Mais le mot Dieu est équivoque. Dieu est inévitable. Que Dieu existe ou pas, n'est pas notre question. Ce qui est sûr, en revanche, c'est qu'il y a du "Dieu" dans l'histoire humaine et dans l'actuel de notre société. Impossible de l'ôter de là, il y tient trop de place. Que je croie en Dieu ou pas, il est dans mon passé, car il est dans le passé de l'humanité ». (1)

- Ça c'est vrai ! J'ajouterais même qu'il est parfois… encombrant.

- En effet, lorsque l'on considère l'histoire de l'humanité, il y a du "Dieu" partout, à toutes les sauces et à toutes les époques. Tous les peuples étaient religieux et ont, chacun dans son "bénitier", essayé de traduire en mots, en images, en constructions, l'expérience et la conception qu'ils avaient du divin. Chacun étant évidemment persuadé d'être le seul à posséder la Vérité.

Certaines oeuvres d'art du passé nous sont ainsi devenues incompréhensibles sans un minimum de connaissances du contexte historique, culturel et surtout religieux dans lequel elles ont vu le jour.

« La diversité du divin qui s'y exprime, y compris le plus atroce, n'est évidemment pas un hasard. Elle correspond à ce qu'il y a en l'homme ». (2)

- Qu'avons-nous encore de commun avec l'homme de l'antiquité ou du moyen-âge ?

Notre humanité, bien sûr ! Mais l'humanité a bien changé.

Les grandes religions instituées ne semblent pas s'en apercevoir et continuent à ressasser des affirmations dogmatiques séculaires qui ont perdu tout sens pour nous.

Pour beaucoup d'êtres humains cependant ces croyances datées, passées et dépassées, mais certifiées comme sacrées, restent malheureusement leur nourriture quotidienne; ce qui les empêche, par crainte du blasphème, de développer une pensée personnelle, libre et actuelle.

Le témoignage très personnel de Luc Bossus nous montre bien à quoi peut mener la conception du Dieu pervers à la fois bon et tout-puissant qu'il faut connaître « comme on sait une leçon ».

Comme le développe avec justesse Jacques Musset dans ce numéro, une toute autre approche du divin s'impose impérativement à tout chrétien qui s'efforce de réfléchir.

N'est-ce pas en partant de ce que vit l'homme d'aujourd'hui, de ce qu'il sent sourdre, au plus profond de lui-même, comme une source, comme une exigence de plus d'humanité, comme un appel à transformer la réalité, qu'il pourra expérimenter personnellement quelque chose comme l'émergence du divin dans son humanité ? Et peu importe le nom qu'il donnera à ce trésor caché.

Explorer, pêcher des perles précieuses dans d'autres spiritualités et les partager ne pourra qu'approfondir son expérience et enrichir les uns et les autres.

C'est une démarche qui nous semble vitale et que LPC essaie de stimuler depuis vingt ans.

Rétrospectivement, l'initiative lancée par André Verheyen nous apparaît aujourd'hui comme véritablement prophétique, car il n'existait aucune publication où des chrétiens osaient remettre en question les fondements de leurs croyances, non pas pour démolir mais pour revenir à l'essentiel, tout en respectant la liberté de chacun. C'est une démarche exigeant rigueur intellectuelle, authenticité et cohérence avec soi-même et qui nous invite par un long chemin de transhumance à une autre manière de penser, de croire et de vivre plus respectueuse de la dignité de l'homme.

Herman Van den Meersschaut

(1) Dieu, personne ne l'a jamais vu. - Maurice Bellet - Albin Michel, 2008. (retour)
(2) Id. (retour)
Published by Libre pensée chrétienne - dans Editorial
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