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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 14:07
Editorial
Herman Van den Meersschaut
LPC n° 20 / 2012

On ne peut pas dire qu'en cette fin d'année 2012, l'avenir de notre planète se présente sous les meilleurs auspices. Sans jouer au rabat-joie, il faut bien admettre que nous vivons un temps de crises profondes. Crise bancaire, monétaire, économique, politique, éthique, religieuse et celle, dont nous n'avons toujours pas suffisamment mesuré la gravité et la complexité, la crise écologique.

Crise globale complexe, car tout se tient, tout est interdépendant.

On ne peut que mettre en cause les dérives du système « capitaliste » qui régit notre vie et dont les « prêtres » présentent comme modèle unique l'Avoir immédiat au détriment de l'Être, tendant ainsi à réduire l'homme à un simple outil de production interchangeable et un consommateur de biens qu'on lui présente comme indispensables à son bonheur. Tout cela en détruisant sans états d'âme la planète qui le fait vivre.

Le livre de Michel Maxime Egger, présenté dans nos pages, propose une réflexion en profondeur sur l'écologie ; nous invitant à tout repenser de fond en comble et à changer radicalement notre conception de l'homme dans le monde et dans l'univers.

Jésus, en annonçant « le monde renversé » du Royaume, invitait, lui aussi, à une conversion intérieure radicale, s'inscrivant ainsi dans la longue lignée de ces éveilleurs qui, tout au long de l'histoire, ont interpellé, à leurs risques et périls, les pouvoirs et les peuples pour les amener à plus de justice et d'humanité envers les plus faibles.

Mais au fond, Jésus, qu'a-t-il dit réellement ? Qu'a bien pu penser et dire le rabbi de Nazareth, bien enraciné dans sa terre, son peuple et sa culture ? Pour la plupart des spécialistes nous n'avons aucun accès aux paroles originales du Jésus historique, les textes ne nous proposant aucun témoignage direct.

Et pourtant, depuis la fin du 19ième siècle, des exégètes scrutent les versets des évangiles synoptiques, y opèrent un tri sévère, afin de s'approcher au plus près de ce qu'ils pensent être le coeur du message de Jésus. Ils en sont arrivés ainsi à proposer un document composé essentiellement de « paroles de Jésus », appelé « source Q ».

Très peu appréciée par le magistère romain, on s'en doute, blasphème pour les fondamentalistes, l'hypothèse de la « Quelle » dérange parce qu'elle bouscule toute la christologie classique construite sur le binôme « croix et résurrection », dont elle ne dit mot.

Cette recherche a le mérite de nous inciter à poursuivre inlassablement la réinterprétation du message évangélique afin qu'il puisse redevenir une voie d'humanisation crédible pour nos contemporains. Une voie parmi d'autres, bien sûr, mais ouverte au dialogue avec d'autres spiritualités, avec les agnostiques et les athées.

Dans ce dialogue, c'est lorsqu'on aborde, sans dogmatisme, « les orientations fondamentales de l'existence » que le rapprochement est le plus sensible et que l'on arrive même à pouvoir partager l'expérience de ce qui, en chaque être humain, monte des profondeurs et nous « dicte comment vivre pour être digne du nom d'"homme" ». Peu importe comment on nomme ce qui surgit en nous, ce qui importe c'est ce que nous vivons ensemble.

Malgré la crise qui plombe un peu le ciel de ce Noël 2012, nous souhaitons à tous nos amis lecteurs de vivre sereinement et intensément l'année qui vient, conscients d'être « des enfants de la terre et des étoiles », des « passeurs » entre matière et Esprit, des passeurs de Lumière. Nous serions très heureux si LPC pouvait y contribuer pour une modeste part.

Herman Van den Meersschaut

Published by Libre pensée chrétienne - dans Editorial
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