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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 13:05
bateau lpc Jn 10, 1-10. - La parabole du berger et des brebis.
Rapporteur : Gisèle Brouwer
LPC n° 14 / 2011

Pour aborder ce texte de l'évangile de Jean - que tous les participants (mais nous n'étions que six…) ont trouvé rebutant et même choquant - une mise en perspective préalable nous a semblé nécessaire.

Un article de Jacques Vermeylen (publié dans Pastoralia 2011 N°4) explique le travail effectué, par une équipe oecuménique lors de la rédaction de la nouvelle TOB, pour rectifier les 68 mentions de l'expression "Les juifs" dans l'évangile de Jean. Mal comprise, cette expression laisse sous-entendre, notamment dans la passion de Jésus, que tout le peuple juif est "déicide", ce qui a contribué à l'antisémitisme chrétien massif au cours des siècles et même aux progroms.

Or, comme chacun sait, Jésus était un juif parmi d'autres, fils de juifs, circoncis et fréquentant la synagogue. Il n'a pas perdu sa qualité de juif parce qu'il a été tué par d'autres juifs..! Il n'est pas, comme on l'a laissé entendre, ou comme cela apparaît dans l'évangile de Jean, un chrétien d'origine indéterminée poursuivi par la vindicte du peuple juif.

Le mot "Juifs" pouvant avoir plusieurs sens, le travail a consisté à identifier l'acception convenable dans les 68 cas de l'évangile de Jean pour les rendre plus fidèles au sens suggéré par le texte.

Jacques Vermeylen juge que c'est un progrès réel et suggère de s'y référer.

Cette mise au point avait pour but de prendre un peu de distance par rapport à ce passage (10,1-10) et aux termes violents, mis dans bouche de Jésus, vis-à-vis de ses "prédécesseurs" et qui, d'après les notes de l'ancienne TOB, se rapporte aux pharisiens (c'est-à-dire les juifs, vr chap. 5,1-18 ).

Nous continuons cependant à trouver ce texte difficile à appréhender :

"Qu'est-ce que l'auteur a bien voulu dire et à qui ?".

"C'est de nouveau une belle envolée, pleine de symboles qui ne me disent rien, un texte entièrement construit".

"Je suis choquée par les termes…"

"…par cette exclusion de ce qui n'est pas Jésus" (v.8).

"Il n'y a aucun support à cette déclaration..(d'exclusion)"

Ce rejet de la forme du texte nous rend difficile l'accès au fond du message: "Qu'a-t-il voulu dire ?"

Quelques éclaircies cependant :

"Moi, j'aime les symboles, ils me font vivre (ex. la "porte"), ce texte me fait penser à l'enfant qui cesse de pleurer seulement quand il reconnaît la voix de sa mère; à ce moment, il se sent, il se sait, aimé".

"Dans le chef du berger, il y a une dimension de connivence, d'amour, d'exemple et les brebis ne s'y trompent pas. La parole, le geste, l'autorité naturelle proviennent d'une différence fondamentale de nature. Jésus a eu une marque très forte sur ses contemporains".

Comme le suggère une note de la TOB, une participante a relu ce qui précède (9, 13 et svts) qui a trait à la longue discussion des pharisiens sur la personne de Jésus. Celui-ci a guéri l'aveugle-né un jour de sabbat, il n'est donc pas de Dieu…mais alors, comment a-t-il pu guérir l'aveugle ?

Il y a un retournement : l'aveugle voit (par ses yeux et par la foi) et les pharisiens sont "aveugles", enfermés dans leurs certitudes ("Nous sommes de Moïse").

Ce sont les mêmes qui entrent par effraction dans l'enclos des brebis, ce sont des usurpateurs. Le "bon" berger est celui qui "aime", qui a ouvert les yeux (il connaît ses brebis) et le cœur (il les appelle). On le reconnait et on le suit, il est la "porte".

Une question encore : "Je suis la porte", dit Jésus, à cela on peut adhérer mais n'y en a-t-il pas d'autres ? La plupart répondent "oui" (Mahomet, Bouddha…). A approfondir…

Rapporteur : Gisèle Brouwer

Published by Libre pensée chrétienne - dans Echos des rencontres mensuelles
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