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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 12:51
bateau lpc Jn 4, 1-42. - Jésus et la Samaritaine.
Rapporteur : Martine Dupont
LPC n° 14 / 2011

Une analyse de John P. Meier nous est proposée en guise d'introduction. Selon lui, la rencontre de Jésus avec la Samaritaine peut se situer dans la ligne de celle avec la Cananéenne ( Mc 7, 24-30, Mt 15,21-28).

Chaque fois, il y a une rencontre de cœur à cœur, une parole qui ébranle Jésus et lui fait prendre conscience de l'universalité de sa mission. Guidée par Jésus, la Samaritaine accomplit un parcours spirituel où elle part d'une désignation inamicale de Jésus (Toi un Juif v.9) pour en arriver à affirmer qu'il est prophète (v.19) et enfin à suggérer qu'il est le Messie attendu (v.25). Jean a construit un récit qui se relate sans doute par une rencontre réelle mais où la plénitude d'être de Jésus dissout tous les savoirs et permet de découvrir en nous-mêmes l'eau vive et l'origine de cette eau vive.

Plusieurs des participants voient comme idée-force de ce texte la non-exclusion : Jésus qui renverse les barrières et fait un plaidoyer pour l'amour universel. Il s'adresse de sa propre initiative à une femme inconnue (ce que ne faisaient pas les juifs) et qui vient de Samarie, d'un peuple méprisé. La Samaritaine vit là une rencontre capitale : elle se sent respectée, valorisée. Jésus ne la juge pas non plus d'avoir eu plusieurs maris et de vivre avec un homme sans être mariée avec lui. Une deuxième idée-force concerne "l'eau vive". Jésus fait comprendre à la Samaritaine que ce n'est pas l'eau matérielle qui étanche vraiment notre soif, que notre désir profond ne peut être comblé par les biens matériels. Un participant dit : " Je peux passer ma vie à me satisfaire de choses qui me donneront un plaisir momentané et un petit bonheur, mais demain la soif sera à nouveau vive". La consommation à laquelle nous sommes poussés continuellement donne-t-elle du sens à notre vie ?

Au contraire, quand on est à l'écoute de son être profond, il faut élaguer, comme on doit élaguer un arbre qui pousse pour lui donner toute sa chance de s'épanouir. Le malentendu au sujet de l'eau entre Jésus et la Samaritaine interpelle : sommes-nous sûrs nous-mêmes de bien entendre Jésus? Un participant s'interroge : quelle est l'étincelle qui entraîne notre conversion intérieure? Ici, Jésus ne fait pas de miracle, mais il va au cœur de la recherche d'une femme qui ne parvient pas à étancher sa soif d'amour, même en changeant souvent de mari. Il dit à cette femme qu'elle peut trouver d'abord en elle-même la voie de l'amour, de la liberté et de la vérité.

Une participante dit comprendre pourquoi les rencontres amoureuses dans la Bible ont souvent lieu près d'un puits. Nous utilisons tous cette expression : "avoir soif d'amour". Et nous nous sentons comme desséchés quand nous manquons trop d'amour, de tendresse. L'eau dont parle Jésus, c'est la Source qui est à la fois en nous et en Dieu, le jaillissement continuel de l'Amour et de la Joie qui relie aussi tous les hommes. Pour boire à cette source et s'en imprégner, ce n'est pas si simple. Il s'agit de lâcher prise, de laisser certains repères et de suivre cette eau courante, qui nous emmène parfois où nous ne voulons pas aller. Cette Source, aucun temple, aucun homme, aucune religion n'en possède le monopole. Les historiens des religions relèvent l'originalité et la modernité de cette rencontre avec la Samaritaine où Jésus pulvérise la prétention des religions à détenir la Vérité. "Les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité" (v.23). En fait, de tout temps et dans toutes les cultures, des mystiques font l'expérience qu'ils sont temples de Dieu et que l'Amour peut seul rencontrer vraiment leur Désir.

Rapporteur : Martine Dupont

Published by Libre pensée chrétienne - dans Echos des rencontres mensuelles
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