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1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 11:57
bateau lpc Jn 8, 1-11. - La femme adultère. - Rapporteur : Christiane Van den Meersschaut - 10 / 2010
Rapporteur : Christiane Van den Meersschaut
LPC n° 10 / 2010

Jn 8, 1-11 : La femme adultère

  • Ce qui m'habite à la lecture de ce texte, c'est une grande compassion pour les femmes qu'on lapide encore aujourd'hui dans certains pays arabes qui appliquent la charria. Sur Internet circulent des scènes insoutenables. Donc ce qui se passait il y a deux mille ans est encore d'actualité et doit nous faire réfléchir.

C'est lors d'une scène semblable que Jésus est interrompu dans son enseignement par cette question : "Maître, dans la loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là ; et toi, qu'en penses-tu ?"

Nous observons :

  • Les accusateurs ne sont que des hommes, cette femme est une victime des hommes.
  • Comment se fait-il que la gent féminine depuis des siècles subit cette injustice ?
  • Il y a une perversion de la loi par les juges et les maîtres de la loi. En Deutéronome 22, 22-24 comme en Lévitique 20,10, il est bien stipulé que l'homme et la femme doivent être mis à mort. Où se trouve l'homme qui a commis l'adultère avec cette femme ? Pourquoi n'accusent-ils que la femme ?
  • La femme est réduite à rien. On juge un cas, plutôt qu'une femme. On ne sait rien d'elle, on parle d'elle sans elle, elle est réduite à être, bouche cousue, la spectatrice de son propre jugement.
  • Les juges appliquent une loi, la femme n'est plus rien.
  • Les maîtres de la loi accusent devant tout le monde.
  • Jésus est pris au piège : ou il contredit la loi de Moïse, ou il va contre l'autorité romaine qui se réservait toutes les exécutions capitales.
  • Jésus retourne au Temple "Maison de Dieu" mais qui ne sera que le lieu de la confrontation.

"Jésus se mit à écrire sur le sol"

  • Il écrit comme si cela ne le concernait pas.
  • Jésus dessine, écrit, peu importe.., il réfléchit, il rentre en lui-même, il gagne du temps, il étudie la question.
  • J'ose croire qu'il prie et demande dans son cœur la meilleure réponse à apporter face à ce dilemme.
  • D'après Lytta Basset, théologienne, Jésus a peur, parce qu'il est pris à partie par les pharisiens et qu'il sait qu'il va, soit se mettre les romains à dos s'il la condamne, soit s'opposer à la Loi en laissant partir la femme.
  • Jésus écrit dans le sable, support léger, tandis que la loi est écrite dans le roc : elle est dure comme les pierres que l'on doit lancer pour tuer.

L'attitude de Jésus :

  • "Et toi, qu'en dis-tu ?" Jésus ne dit pas un mot.
  • Jésus est plein de respect, il ne lève pas les yeux sur la femme accusée pour ne pas l'humilier davantage. Il attendra qu'elle soit seule pour se redresser et lui parler de pardon.
  • On met cette femme devant lui pour qu'il prenne position et lui, il se baisse : c'est un geste de modestie.

"Que celui d'entre-vous qui n'a jamais péché lui jette la première pierre"

  • C'est une phrase très percutante.
  • Ils disparaissent les uns après les autres.
  • Jésus s'en sort de façon à ne pas faire perdre la face devant ses interlocuteurs, il ne les regarde pas.
  • Ce verset nous invite aujourd'hui à arrêter toutes nos calomnies, tous nos jugements hâtifs.
  • Nous avons le devoir de réagir devant certaines lois qui avantagent les uns au détriment des autres.

Dénouement :

  • Nouveauté du discours de Jésus : il ne condamne pas alors que la loi condamne.
  • Jésus ne condamne pas la femme, il a une façon de faire tout en douceur qui me touche.
  • Jésus a une re-connaissance pour les femmes qui n'avaient pas de droit civil à l'époque, il ne juge pas, il pardonne, il montre un Dieu miséricordieux.
  • St Augustin à propos de ce texte dit : c'est un face à face entre la misère et la miséricorde.
  • Jésus pardonne, il montre une fois de plus l'image de son père Amour qui l'habite.
  • Je suis frappée par la façon dont Jésus accepte les faiblesses humaines.
  • Jésus renvoie la femme à elle-même, comme il renvoie les accusateurs à eux-mêmes. Ils doivent faire un choix personnel, prendre des risques de Vie au lieu d'attendre que la Loi décide à leur place. Aux interlocuteurs : pas de condamnation, mais un choix : jeter la pierre ou non. A la femme : pas de condamnation, mais un choix : aller et ne plus pécher.
  • Jésus ne parle pas à la femme de son passé, il lui fait confiance : "Va" C'est une invitation à un avenir, c'est une possibilité de re-naissance, de ré-surrection à laquelle elle est invitée.
  • "Va et ne pèche plus". Donc il admet quelle a péché, mais il ne lui fait pas la morale, il lui dit simplement de ne plus "s'égarer", de ne plus "se tromper de cible" ( sens du mot péché en grec).
  • Jésus a rendu la dignité à quelqu'un qui était en pleine déchéance.
  • A chaque fois que cette femme sera tentée de renier ses engagements, elle revivra cet instant de la rencontre dans le temple ; elle revivra aussi les cris, les brutalités, la haine, le sadisme de ces gens prêts à la tuer ; elle reverra le prophète Jésus, calme, écrivant sur le sol ; elle l'entendra lui dire à nouveau "femme, va et désormais ne pêche plus". Nous pouvons deviner le sentiment qui habite maintenant cette femme.

Bonne Nouvelle pour nous aujourd'hui :

  • Jésus me montre un Dieu Père, il y a le Dieu d'avant Jésus et le Dieu d'après Jésus qui est le nôtre.
  • Jésus pardonne et donne une seconde chance. Tout le monde est faible, on a le droit de commettre une erreur mais, après un pardon, on peut se relever et repartir.
  • Nous pouvons tous nous retrouver un jour dans la position de cette femme mais, malgré tout ce qu'on a pu faire comme horreur, nous restons des humains pour Jésus, il nous aime et nous incite à ressusciter de nos cendres.

Rapporteur : Christiane Van den Meersschaut

Published by Libre pensée chrétienne - dans Echos des rencontres mensuelles
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