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1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 13:28
bateau lpc Lc 18, 1-8. - La parabole de la veuve.
Rapporteur : Monique Levie
LPC n° 12 / 2010

Lc 18, 1-8 La parabole de la veuve et du juge

Ce passage ne suscite guère l'enthousiasme : "Il manque d'unité !", "il est incompréhensible !", "la comparaison entre Dieu et le juge est inacceptable !", etc.

Un participant explique que cette parabole aurait été ajoutée à un texte apocalyptique. Le dernier verset annonce, en effet, la fin des temps. Les premiers chrétiens attendaient une fin des temps imminente. Ils étaient mal vus par les Romains et par une grande partie des Juifs. Alors, Jean intervint : il faut prier Dieu avec opiniâtreté jusqu'à ce qu'il fasse justice !

D'autres participants ont aimé ce texte car il montre un Jésus réaliste, sans illusion sur la nature humaine à laquelle il emprunte des exemples pour son enseignement : Si un mauvais juge finit par faire justice seulement par égoïsme, a fortiori un Dieu aimant fera justice lui aussi !

Nous ne sommes pas dans un monde de valeurs partagées. Il faut souvent gêner les gens dans leur carapace d'égoïsme pour obtenir quelque chose. Les acquis sociaux ont été le résultat non de la bonté des patrons mais de l'opiniâtreté de la classe ouvrière. Songeons à l'étrange force de la non-violence, de la résistance passive, de l'opiniâtreté qui est la force des faibles !

On parle beaucoup de la prière de demande :

  • Une participante cite l'évangile : Votre Père sait mieux ce qui est bon pour vous.

Mais la plupart n'y croient pas :

  • Quand la prière de demande réussit, on remercie la Providence. Mais quand elle rate, quid ? Certains vont même jusqu'à perdre la foi quand ils ne sont pas exaucés !
  • Les hommes inventèrent jadis des dieux pour obtenir des bienfaits. Mais ils en avaient peur. Alors ils essayaient de les amadouer avec des offrandes et des rites.
  • André Verheyen, fondateur de LPC, racontait que, quand il avait 10 ans, sa mère tomba gravement malade. Son père et ses frères prièrent beaucoup, en vain ! A partir de ce moment, il cessa de croire à la prière de demande. (Cela ne l'empêcha pas de se faire prêtre !)
  • Le 20ème siècle a connu bien des horreurs, malgré les nombreuses prières !
  • Encourager la prière de demande cache souvent un désir d'imposer une autorité : le catéchisme de l'Eglise catholique nous dit que la prière est une condition indispensable pour obéir aux commandements de Dieu. Soyons justes : le même catéchisme parle de la prière comme d'une persévérance dans l'amour : c'est mieux!
  • On nous a enseigné que Dieu est tout-puissant. Je n'y crois plus et la prière de demande n'a donc plus de sens pour moi. Cependant j'y ai perdu un soutien, je suis seule sur mon chemin. Alors je me dis que je suis une partie de la création. Il y a du divin en moi, qui me fait aller vers les autres. Jésus est quelqu'un qui me donne des balises. Il donne un message de liberté par rapport aux autorités.
  • Je ne crois pas à la prière qui demande à Dieu de changer le cours des choses. Par contre, quand il s'agit de moi-même, le fait de prier pour que Dieu m'aide à progresser dans l'amour, ce seul fait est un début d'exaucement car c'est déjà une action de Dieu en moi.
  • Une participante psychothérapeute se demande souvent comment aider telle ou telle personne malade. Il serait vain de mettre simplement cette personne dans les mains de Dieu. Mais on peut demander d'être éclairé soi-même sur l'aide à donner.
  • Je ne prie pas Dieu, mais je médite tous les soirs en présence de Jésus: que s'est-il passé de bien aujourd'hui? Et je me laisse inspirer par les gens qui font de bonnes actions.
  • Prier, c'est me mettre en présence de celui qu'on appelle Dieu, pour que son esprit m'habite et que je vive selon la parole de Jésus.

Beaucoup de participants s'interrogent sur la transmission : que dire aux enfants sur la prière ?

  • Il faut partir du ressenti des enfants. L'expérience de Dieu se fait non au niveau du rationnel, mais au niveau du ressenti.
  • Une participante rétorque : pour un petit enfant, l'expérience de Dieu ne vient pas toute seule. Il faut une parole d'autrui.
  • Au niveau de la 2ème année primaire, il existe une notion du bien et du mal, mais il ne faut pas donner aux enfants une image culpabilisante, ou leur laisser voir des crucifix sans leur expliquer ce que cela veut dire.
  • Pour entrer avec les enfants dans le langage de l'invisible, mieux vaut leur apprendre la contemplation de la nature, la poésie, etc. Ne pas leur parler d'un Dieu tout-puissant : ceci procurerait un certain confort dans l'immédiat mais pourrait donner plus tard la sensation d'avoir été trompé.
  • Il faut dire à l'enfant que Dieu n'est qu'amour. "Il t'aime comme papa et maman t'aiment : ils veulent le meilleur pour toi, mais ils ne peuvent t'empêcher de tomber malade". Il faut surtout que l'enfant se sente aimé.

Rapporteur : Monique Levie

Published by Libre pensée chrétienne - dans Echos des rencontres mensuelles
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