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1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 13:46
bateau lpc Lc 23, 35-43. - Jésus en croix.
Rapporteur : Marie-Jeanne De Pauw
LPC n° 12 / 2010

Lc 23, 35-43 Jésus en croix

Une participante, introduisant le récit du Bon Larron, nous fait remarquer que Luc est le seul évangéliste à évoquer la conversion d'un des deux malfaiteurs crucifiés avec Jésus.

Marc et Matthieu, dans leur récit de la crucifixion, associent les injures des deux malfaiteurs à celles que les passants, les grands prêtres, les scribes et les anciens adressent à Jésus :

  • Mc (15-32) "Ceux qui étaient crucifiés avec lui l'insultaient aussi"
  • Mt (27-44) "Les bandits crucifiés avec lui l'insultaient de la même manière".

 

Quant à l'évangéliste Jean (19-18), il signale uniquement que Jésus fut crucifié au lieu-dit Golgotha "C'est là qu'ils le crucifièrent, et avec lui deux autres, un de chaque côté et Jésus au milieu".

Cinquante ou soixante ans après la mort de Jésus, Luc écrit son évangile en s'appuyant sur de nombreux témoignages reçus des premiers disciples, tout en laissant transparaître sa sensibilité propre. Car Luc, plus que les autres évangélistes, accorde un intérêt particulier aux pauvres, aux méprisés, aux exclus ( les Samaritains, les Publicains, les soldats, la pécheresse, le fils prodigue…).

La construction littéraire des paroles de Jésus en croix ne correspond sans doute pas à une réalité historique, mais elle n'est pas pour autant dépourvue de sens. Dans l'évangile de Luc, les trois paroles de Jésus:

  • "Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font" (Lc 23-34)
  • "Amen, je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis" (Lc 23-43)
  • "Père, je remets mon esprit entre tes mains" (Lc 23-46)
expriment le pardon et la confiance, constantes que l'on retrouve dans l'ensemble de son oeuvre.

 

Lors d'un premier tour de table, les participants s'expriment librement, sans être interrompus:

  • Je suis frappée par l'aspect paradoxal de la vie et de la mort de Jésus. Lui qui, au cours de sa vie, a aidé tellement de gens à se sauver, se retrouve, comme victime innocente, seul livré à ses bourreaux. Je suis touchée de l'ouverture de cœur du bon larron qui reconnaît que Jésus, contrairement à lui, n'a rien fait pour mériter un tel supplice. Jésus lui signifie que cette ouverture à l'autre lui apportera la paix.
  • Jésus pardonne à celui qui regrette mais qu' en est-il de l'autre ?
  • Nous avons cette liberté de choix de nous ouvrir ou non à l'autre et au message de Jésus.
  • Evoquant le pardon, une participante cite la parabole du Fils prodigue : même si le fils ne demande pas explicitement pardon, son attitude vis-à-vis de son père est une attitude d'humilité. On ne peut pas pardonner avant que la faute n'ait été reconnue.
  • Un participant insiste sur le fait que le terme 'pardon' ne se trouve pas dans le texte. Le bon larron ne demande pas pardon et Jésus lui dit simplement "Tu seras avec moi". C'est un pardon inconditionnel qui ne doit même pas être prononcé. Jésus de même ne critique pas l'autre larron.
  • Une participante souligne qu'il faut qu'une personne ait conscience qu'elle a fait du mal pour qu'elle puisse bénéficier du pardon, sinon le pardon n'a pas de sens.
  • Les chefs juifs, les soldats, en faisant référence aux titres de Messie, de Roi … n'ont pas compris grand-chose au message de Jésus, puisqu'il s'agit d'un message d'amour et non de puissance.
  • Les gens qui croient que Jésus a du pouvoir et qu'il va se sauver, n'ont pas compris que l'amour est plus fort que la mort.
  • Le peuple n'a pas hésité à libérer Barrabas plutôt que Jésus. Que se serait-il passé si Jésus n'avait pas été crucifié ?
  • La mort de Jésus est la conséquence de sa liberté spirituelle et de sa fidélité à sa mission. La construction du royaume de Dieu dépend de la progression de l'amour entre les hommes.
  • Le larron pense à 'la fin des temps' : "quand tu viendras comme roi" (v.42) dit-il. Jésus lui répond que c'est "aujourd'hui" (v.43). Lorsque nous nous ouvrons aux autres, le salut se réalise dans nos vies. Nous sommes déjà dans le Royaume aujourd'hui.
  • Face aux insultes, aux moqueries et à la haine des chefs religieux et des soldats, Jésus parle d'amour et s'occupe encore des autres. (le bon larron, sa mère à lui, Jean)
  • "Le peuple se tenait là et regardait" (v.35) "ils s'en retournèrent en se frappant la poitrine tristement" (v48) Comment réagit-on à ce qu'on voit dans le quotidien ? Ne restons-nous pas souvent paralysés ou indifférents devant l'injustice ?
  • Jésus croyait en un Dieu Père. Il était libre par rapport aux institutions religieuses. Il a parlé d'un royaume de compassion ouvert aux petits.
  • Pour moi, le salut est immanent. Le bon larron est sauvé parce qu'il s'est ouvert à Jésus, parce qu'il n'est pas resté centré sur lui-même. On est sauvé maintenant si on s'ouvre aux autres.
  • Les chefs juifs se moquent de Jésus, ce libre penseur par rapport au Temple et aux grands prêtres. Incapables d'ouvrir leur coeur au message d'amour et de partage de Jésus, ils ne voient en lui qu'un imposteur car, s'il était de Dieu, il se sauverait de cette mort atroce et ignominieuse.

Lors du second tour de table, des échanges animés tournent autour des thèmes abordés à savoir: le sens du pardon, du salut, du péché originel, de l'immanence du royaume…

Rapporteur : Marie-Jeanne De Pauw

Published by Libre pensée chrétienne - dans Echos des rencontres mensuelles
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