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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 15:08
André Verheyen Le mot d'André…
André Verheyen
LPC n° 20 / 2012

Dans l'Évangile, il est question de "signes" qui accompagnent la prédication des Apôtres : « Quant à eux, ils partirent prêcher partout ; le Seigneur agissait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l'accompagnaient ». (Marc 16,20)

On a longtemps cru qu'il s'agissait de miracles, dans le sens de prodiges. Quels pourraient être les signes qui devraient accompagner notre message chrétien ?

Matthieu nous montre une situation à laquelle Jésus veut apporter une réponse : « Jésus, voyant les foules, eut pitié d'elles parce qu'elles étaient fatiguées et abattues comme des brebis sans berger » (9,36). Ensuite, il dit à ses disciples en quoi consiste leur mission : « Proclamez que le Royaume des cieux est tout proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons » (10,8).

Quand Jésus parle d'envoyer des ouvriers pour la moisson, il ne s'agit pas de ministres de culte ! C'est la parole « priez donc le maître de la moisson d'envoyer plus d'ouvriers pour rentrer sa moisson » (9,37) qui a été le plus souvent utilisée pour motiver toutes les initiatives du genre « prière pour les vocations ».

Dans l'actualisation pour nous aujourd'hui, on peut dire qu'il s'agit de répondre aux problèmes des "paumés" de toute sorte, des malheureux, des défavorisés de notre société.

Certains font l'objection qu'il ne faut pas confondre le religieux et le social. Cela montre à quel point ils se sont écartés de la pastorale de Jésus : confondre, non ; mais dissocier non plus.

Dans la réponse à donner à ces problèmes, il ne faut pas dissocier la parole et l'action. Le Nouveau Testament nous montre continuellement que la proclamation de la Bonne Nouvelle par les disciples est accompagnée des "signes" qu'ils accomplissent. Ces signes rendent leur prédication crédible.

Alors, comment actualiser ces signes ?

En décryptant et en dépassant le symbolisme biblique.

Les paumés de notre société contemporaine ne sont plus seulement les aveugles, les sourds, les paralytiques ou les lépreux. Quand on nous parle des laissés pour compte de notre société contemporaine dans les médias aujourd'hui, ce n'est pas de ceux-là qu'on parle. Je donne un exemple au hasard d'une lecture :

« Le mal dont je parle ici est celui auquel on est confronté lorsque des gens perdent leur emploi, au moment d'un génocide ou d'une purification ethnique, quand certains baignent dans la richesse alors que d'autres crèvent de misère, quand les corps sont torturés ou violés, quand l'innocent est condamné, quand un système économique écrase le peuple, quand les gens sont mal aimés, quand on exploite, pille et détruit la planète, etc. » (1)

Sans oublier ces SDF et autres errants qu'on trouve à côté des poubelles dans les gares, les métros ou les recoins des ruelles et pas dans nos églises vides… C'est le danger de concevoir des églises destinées au culte et à la prédication mais pas aux signes qui doivent les accompagner.

Alors, avant de prier pour les vocations, nous pourrions peut-être relire un peu l'évangile pour voir de quoi il est question. N'est-il pas évident, que sans les "signes", une catéchèse risque fort d'être insignifiante ?

André Verheyen

Réflexions simples pour une crédibilité (2003), 2ème partie (pp 20-22)

(1)Gérard Fourez dans "Cette foi-ci. Itinéraire d'un confiant" Éd. Mols pp25-26(retour)

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