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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 11:49
André Verheyen Le mot d'André… - Au-delà ou après ?
André Verheyen
LPC n° 25 / 2014

De tout temps, l'homme a essayé d'expliquer le contraste entre un Dieu bon - et considéré comme tout-puissant - et un monde où il y a tant de mal et de souffrance.

Les deux éléments de réponse le plus souvent invoqués sont la "faute de l'homme" et la "compensation dans une autre vie". C'est ainsi que nous trouvons dans la Bible le mythe du paradis terrestre, image idyllique d'un monde parfait tel que Dieu l'a créé et le mythe du péché originel, la faute de l'homme qui a tout gâché.

Pour ce qui est de la compensation dans une autre vie, on connaît les différentes formes d'un retour au ciel, au paradis, à la demeure de Dieu.

C'est la manifestation du plus élémentaire "bon sens humain" que de revendiquer une compensation après la mort pour les manques de bonheur ou les souffrances vécues dans cette vie sur la terre.

Cette réflexion de bon sens est même présente dans certains passages de l'Ecriture. Pourtant on peut se demander s'il n'y a pas une dimension plus profonde à découvrir.

La question que je voudrais poser est la suivante : Est-ce que la conception de l'au-delà comme compensation après la mort des frustrations et des injustices ressenties dans la vie "ici-bas" ne nous maintient pas trop au niveau du "bon sens" humain ? Est-ce que la résurrection du Christ, comprise comme sortie du tombeau et compensation de la souffrance et de l'injustice qu'il a subies, ne nous empêche pas d'accéder à ce qu'il y a de spécifique dans la Bonne Nouvelle du Royaume et qui dépasse de loin le niveau du bon sens ? Ceci expliquerait pourquoi la Bonne Nouvelle suppose la "conversion" : "Convertissez-vous ; le royaume de Dieu s'est approché" (Marc 1,15- Math.4, 17).

La vraie spécificité de l'Evangile ne serait-elle pas à chercher non pas dans une compensation mais dans une autre dimension, celle de l'Amour ?

Le royaume de Dieu, inauguré par Jésus ne serait plus alors le retour du Paradis perdu : un monde sans injustices ni maladies. Il serait le monde réel avec ses malades, ses prisonniers et ses pécheurs…mais où l'Amour remporte chaque jour de petites et grandes victoires.

Et si la conversion supposée par la Bonne Nouvelle de Royaume était cette renonciation aux compensations revendiquées à juste titre par le bon sens humain ?

André Verheyen

LPC n°99/avril 2000 p.8-9 et Réflexions simples pour une crédibilité 2002 p.32

Published by Libre pensée chrétienne - dans Le mot d’André…
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