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1 janvier 2010 5 01 /01 /janvier /2010 14:05
bateau lpc Mc 10, 17-31. - L'homme riche.
Rapporteur : Christiane Van den Meersschaut
LPC n° 8 / 2009

Après la lecture de "L'homme riche" en Marc 10, 17-31, nous avons tous une première réaction de culpabilité. Une culpabilité de n'être jamais à la hauteur de ce que Jésus nous demande. Cette culpabilité vient-elle du sens contenu dans le texte ou d'une mauvaise interprétation qui nous a été donnée par l'enseignement catéchétique que nous avons reçu jadis et qui nous colle encore à la peau aujourd'hui ?

Chacun alors s'interroge et apporte par ses réflexions une petite pierre à l'élaboration de la construction d'une interprétation de ce passage d'évangile, pour tenter d'y trouver un chemin pour vivre le Royaume de Dieu ici et maintenant :

  • ce texte n'est pas à prendre au pied de la lettre. La richesse n'est pas à prendre matériellement. L'homme est possédé par ses richesses. Ses richesses l'empêchent d'être libre pour suivre Jésus.
  • nous sommes tous, riches comme pauvres, possédés par des biens, des loisirs, des idoles qui nous empêchent de suivre Jésus, de rencontrer dans le visage d'un plus pauvre le visage de Dieu.
  • parvenir à se déposséder, c'est se mettre en route. Etre en chemin du Royaume, c'est tout le programme de la Bible.
  • pour cela, il faut une humilité, accepter de perdre une idée idéale de soi-même, faire le deuil de certaines personnes autour de soi, à cause de nos nouveaux choix.
  • mes richesses, ce sont mes certitudes. Il ne faut pas que je reste sur mes certitudes afin de pouvoir renaître.
  • tout quitter pour suivre Jésus force notre admiration, mais aucun d'entre nous ne se sent capable de le faire. Cependant chacun, à notre mesure, nous pouvons nous mettre en marche avec les Béatitudes en traduisant "Bienheureux les pauvres" par "Bienheureux les mains ouvertes". Si on vit ainsi, on ne peut pas avoir de fortunes colossales parce qu'au fur et à mesure l'on partage.
  • la pauvreté réelle, c'est de pouvoir recevoir. Les mains ouvertes, pas seulement pour donner, mais aussi pour recevoir de l'humain ou de Dieu.

Nous remarquons que dans la première partie de ce texte, l'homme arrête Jésus dans sa marche en se jetant à genoux devant lui. Il a une attitude de dominé, de serf devant son Seigneur car il demande de recevoir (la vie éternelle). On est dans un rapport d'obéissance en vue d'une récompense. On est dans le registre de l'avoir. Et Jésus rejoint l'homme là où il est, il lui parle des commandements. Lorsque l'homme lui montre sa bonne volonté, Jésus le regarde avec amour et lui propose de faire un pas de plus : "Viens, suis-moi !"

Cette invitation peut changer l'homme, il ne s'agit plus de s'agenouiller pour recevoir, comme un esclave devant son maître, mais de suivre Jésus en se laissant dépossédé pour aimer.

L'homme ainsi n'est plus dans le registre de l'AVOIR mais dans celui de l'ETRE, il est debout dans un face à face, il est en relation, il est libre.

"Qu'il est difficile aux riches d'entrer dans le Royaume de Dieu !" (23). Nous nous rappelons qu'au temps de Jésus, la richesse était un signe de bénédiction de Dieu tandis que la pauvreté ou le handicap étaient signes de malédiction. Nous comprenons donc fort bien pourquoi les apôtres étaient si étonnés d'entendre ces paroles dans la bouche de Jésus. Jésus en libre penseur juif ose dire des paroles contraires à la tradition juive.

"Mais alors qui peut-être sauvé ?" (26)

Nous nous posons la question : Qu'est-ce que cela veut dire être sauvé ? Etre sauvé de quoi ? Etre sauvé par qui ? Etre sauvé comment ? Etre sauvé pourquoi ?

  • nous sommes d'accord de dire que ce vocabulaire est à mettre dans un certain contexte et qu'il doit évoluer.
  • nous devons être sauvés de nous-mêmes ; les paroles, les actes de Jésus nous montrent le chemin.
  • nous devons être sauvés par rapport à nos propres limites qui sont fâcheuses. Notre temps est compté. Il faut choisir des priorités. Il faut cultiver l'amour et rejeter le pessimisme.
  • il faut trouver le sens de sa propre vie dans le monde où l'on vit.

Le verset 27 "C'est impossible aux hommes, mais non à Dieu, car tout est possible à Dieu" est ressenti différemment par les uns et les autres :

  • faisons confiance et ne nous tracassons pas, car tout est possible à Dieu ;
  • quand on a le désir de se rapprocher de Dieu, de rentrer dans cet esprit-là, Dieu est proche de nous, on n'est plus accablé, car l'on sait que Dieu nous aime ;
  • ce n'est pas un comportement légaliste qui donne droit au Royaume, Dieu sauve gratuitement, tout est à recevoir ;
  • je ne comprends pas que c'est impossible aux hommes ! Sans Dieu on ne peut donc pas être sauvé ?

Les versets 29-31 sont des images utilisées par Jésus pour nous dire qu'il ne s'agit pas de commandements mais de réelles conversions des coeurs. Bien sûr, nous ne devons pas tous quitter notre famille ! Ne sommes-nous pas avant tout responsables de nos proches ? Si chacun s'occupait des siens, il n'y aurait plus de SDF ou d'enfants abandonnés. Mais quand nous ouvrons nos coeurs aux autres, nous faisons tous ensemble partie d'une même famille : la famille unique du Père.

Le Royaume de Dieu, pour nous, c'est :

  • là où il y a partage
  • là où il y a amour mutuel
  • se comporter spirituellement et affectivement comme ça
  • ici et maintenant
  • ouvert tout le temps
  • avoir un regard d'amour
  • avoir un regard qui ne juge pas
  • avoir un coeur de petit enfant qui s'émerveille
  • ne se laisser posséder par rien
  • l'équilibre entre l'homme tel que je le ressens et la parcelle de Dieu qui est en moi et qui est un équilibre permanent
  • ce n'est pas tout fait, c'est à construire

Rapporteur : Christiane Van den Meersschaut

Published by Libre pensée chrétienne - dans Echos des rencontres mensuelles
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