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1 janvier 2010 5 01 /01 /janvier /2010 13:39
bateau lpc Mt 20, 1-16. - Les ouvriers dans la vigne.
Rapporteur : Monique Levie
LPC n° 8 / 2009

Mt 20, 1-16 Les ouvriers dans la vigne

Cette parabole est déconcertante et, à sa lecture, les réactions vont en sens divers :

  • La logique voudrait que le salaire soit proportionnel au temps consacré au travail. Si comme le dit un participant, on se maintient au niveau de l'argent, du salaire, de la justice sociale, on va droit dans le mur. Mais il est question de tout autre chose ici. L'argent, qui est premier dans notre société devient dernier quand on parle du royaume. Pour grandir en humanité, il ne s'agit pas d'une comptabilité d'argent mais d'une comptabilité d'amour.
  • Cette parabole souligne la nécessité de renverser le mode de perception courant. On n'est pas ici dans le domaine de notre justice, mais il faut chercher une autre justice. Le propriétaire de la vigne représente le Père qui va toute la journée chercher des ouvriers pour construire le Royaume. Le Royaume ne peut se développer sans ouvrier qui y travaillent à toutes heures pour le faire advenir. Il y a du travail pour tous, on n'arrive jamais à combler toutes les offres d'embauche.
  • Le propriétaire sort, sinon je ne le vois pas. Il me dit à mon tour : "viens" et je vais à sa rencontre. Mon salaire, c'est la grâce, les fruits de la vigne. Je dois les faire fructifier.
  • Au royaume, toutes les échelles de valeur sont différentes. L'approche est celle de l'amour : il faut savoir se réjouir du bonheur des autres. Il nous faut changer notre regard pour découvrir une autre justice, pour changer le monde.
  • Cette parabole est à rapprocher de celle de l'enfant prodigue. Le fils aîné est sûr de son droit. C'est un légaliste. Il n'a pas le coeur assez grand pour accueillir son frère prodigue. Jésus dit ailleurs qu'il y a autant de joie autour d'une brebis égarée et retrouvée qu'autour de toutes les brebis qui sont restées au bercail.
  • Personne ne peut dire qu'il a plus de mérite que d'autres. Il faut distinguer entre "ce qui se compte" et "ce qui compte". Cette parabole est un plaidoyer contre le privilège de l'ancienneté. Le privilège de l'ancienneté, c'est l'ego en opposition au privilège du don. Notre ancienneté ne nous permet pas de tout savoir il faut nous laisser interpeller par nos petits enfants, par les jeunes.
  • Dieu est si généreux qu'il donne à tous, indépendamment de nos mérites. On est dans le domaine de "l'agapè", amour de dépossession de soi.
  • Dieu accueille tout le monde ; nous avons tous une chance… Même ceux qui n'ont jamais rien fait ont encore une chance au terme de leur vie… Il n'est jamais trop tard pour bien faire !
  • L'attitude des ouvriers du matin représente la jalousie envers ceux qui ont plus de talent que nous.
  • Une participante dit qu'elle se sent comme l'ouvrier de la onzième heure.
  • Un participant entame le second tour du partage en se demandant "qu'est-ce que le royaume" ? Il parle d'une expérience de la transcendance. Il cite Sœur Térésa qui racontait qu'elle se trouvait dans le train, tout simplement, lorsqu'elle entendit l'appel qui bouleversa sa vie.
  • Un participant met en garde contre la confusion entre expérience de la transcendance et un état de "transe" prôné par certains et dangereusement suspect. Il dit par ailleurs se sentir lui-même, depuis des années, comme "poursuivi par Dieu" Dieu ne le laisse pas tranquille. Il dit que ce n'est pas toujours facile, mais que ce n'est pas culpabilisant.
  • Un autre participant préfère dire qu'il se sent précédé par Dieu.
  • Dieu, personne ne l'a jamais vu. S'il existe il se trouve au fond de chacun de nous si on veut bien écouter.
  • L'expérience de la transcendance, c'est ce qui a dû se passer après la mort de Jésus. Jésus est "parvenu" aux disciples et ils ont senti qu'il était vivant au fond d'eux-mêmes : c'est cela la résurrection.
  • Une participante raconte : étant jeune elle se rendait régulièrement à la Poudrière. Suite à la séance de tri du papier, elle participait à la "messe" de la communauté. Elle rentrait chez elle à pied, assez tard le soir, dans l'obscurité. Bien qu'elle fût froussarde, elle était en joie : la peur avait disparu !
  • Une participante s'interroge : Même si l'on a quitté l'Eglise, comment transmettre aux jeunes ce que nous avons reçu ? Le meilleur moyen de transmettre sa foi, dit quelqu'un, c'est de témoigner dans la vie quotidienne. C'est dans la vie quotidienne, dit un autre, et non dans l'au-delà, que se trouve le royaume de Dieu. Ce n'est pas une question d'effort, dit une troisième : il faut savoir écouter et se laisser faire par Dieu.
  • Un participant cite Etty Hillesum : "Je vais t'aider, mon Dieu, à ne pas t'éteindre en moi".
  • L'expérience de la transcendance, c'est comme l'expérience artistique : une inspiration, mais aussi un long enfantement, parfois pénible. Le résultat – l'œuvre d'art ou la vie de foi – témoigne de tout ce que nous sommes.
  • Une participante dit trouver une inspiration en regardant dans le chemin de croix, les stations où Jésus rencontre quelqu'un. Il y a là à chaque fois quelque chose qui se passe entre Jésus et l'autre.

Rapporteur : Monique Levie

Published by Libre pensée chrétienne - dans Echos des rencontres mensuelles
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