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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 19:10

De la foi difficile à l'émerveillement

 

Combien j'enviais jadis, ceux dont la foi semblait évidente!  Déjà dès ma lointaine enfance j'avais bien du mal à accepter ce Dieu que l'on disait BON comme un père, mais qui, dans certains récits de la Bible, me semblait plutôt ressembler à un père fouettard toujours prêt, à se venger (...).  Il était bien loin des pères que je connaissais, à commencer par le mien.  Il ne faut pas oublier que les bons milieux catholiques de l'époque étaient confinés dans une incroyable rigidité.  Le péché nous guettait partout et les flammes de l'enfer nous menaçaient à tous les virages.  Se faire plaisir, même innocemment, était déjà suspect, et il semblait que seules nos souffrances et nos privations plaisaient à Dieu.  Pire encore, l'on vous faisait croire que plus il nous envoyait de souffrances, plus il nous aimait.  D'où cette phrase célèbre et pleine de bon sens de Sainte Thérèse d'Avila : " Si c'est ainsi que Dieu traite ses amis, on comprend qu'il en ait si peu!"

 

Cette vision de Dieu à la fois m'effrayait et me révoltait car elle correspondait si peu au sentiment spontané d'amour profond que je ressentais au fond de mon jeune coeur.  N'est-ce pas ce que Louis ( Evely) veut dire quand il écrit :  "On devient athée quand on se sent meilleur que le Dieu que l'on prie ?"

 

Ce qui rendait ma situation encore plus inconfortable, c'est que, perdre la foi en ce Bon Dieu, était considéré, à l'époque comme une faute mortelle, et les descriptions de cet enfer où il nous faudrait éternellement rissoler, n'étaient vraiment guère attirantes.  Aussi je ne savais vraiment plus à quel saint me vouer et je me sentais bien mal.  D'autant plus que tout cela ne semblait pas choquer mon entourage.  J'en étais petit à petit arrivée à me croire anormale, et ce n'était pas du tout confortable à vivre.

 

Il a fallu qu'un jour je rencontre Louis qui m'a le premier fait découvrir le vrai visage de Jésus, et le courage qu'il a eu en osant révéler un Dieu d'amour, un Dieu qui ne juge personne, et dont la seule loi était de s'aimer les uns les autres.  Je n'étais donc pas si anormale que cela, et je n'étais peut-être pas la seule à ne pas être "aux normes". OUF !

 

C'est à partir de là que j'ai pu commencer à me reconstruire avec la liberté de celui qui fait confiance à son inspiration plutôt qu'à un enseignement extérieur.  "Ou bien on a sa foi, ou bien on a celle d'un autre, il faut choisir !" nous disait-il.

 

Mary Evely   Extrait de "Libres échanges" n°136 septembre 2009

Published by Libre pensée chrétienne - dans Articles
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