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25 décembre 2009 5 25 /12 /décembre /2009 10:19

NOËL  à  L’ENVERS.

 

« Pourquoi ne pas le dire ?  J’ai du mal à fêter Noël parce que Noël fait mal à ceux qui arrivent d’Amérique du Sud, d’Afrique, d’Asie, de tous les pays où on manque de pain, de paix, de liberté.

« … parce que Noël fait mal à tous ceux qui n’ont pas de travail, à ceux qui sont seuls, à ceux qui sont démunis.

« Noël fait mal, parce qu’on étale de la richesse, parce qu’on gaspille, parce qu’on confond  la fête avec l’abondance. Etalage insolent  de notre civilisation enfermée sur elle-même, qui ne veut pas regarder les autres hommes. Pas de place à l’hôtellerie . Attention de ne pas fêter Noël à l’envers : du côté de ceux qui ont refusé Dieu.

« Noël c’est un Dieu pauvre . Un Enfant des pauvres. C’est Dieu qui risque sa vie, un marginal, un traqué. C’est Dieu-avec-nous dans le dénuement.

« Ce Dieu est-il encore notre Dieu ? C’est notre vie qui répond. Sommes-nous solidaires de ceux qui n’ont pas ? Puisons-nous notre joie dans l’amour  qui est toujours indigent et qui veut toujours donner ? Savons-nous toujours recevoir ce que nous offrent les pauvres ?                  

« Noël nous ramène à l’essentiel. Ce n’est pas d’être riche, ce n’est pas d’avoir tout ce qu’il faut. Ce n’est pas d’être bien considéré, garanti contre tout et bien calfeutré dans une petite vie bien tranquille.

« Noël c’est aimer : à la maison à l’école, dans le quartier, à l’atelier, au bureau, dans les activités qui tissent la vie, depuis l’association des parents d’élèves au syndicat, au parti politique. Même si c’est difficile , même si on ne voit pas pour qui on lutte.

« Noël c’est aussi la nuit, l’isolement, le petit nombre , l’absence d’efficacité.

« Noël c’est aimer large, vers le tiers monde, vers toute l’humanité si on pouvait !

« Et Noël pour l’Eglise ? Elle est en crise, dit-on. Certains se plaisent à le souligner. Elle perd sa puissance d’autrefois.  Elle cherche dans l’obscurité la route de Bethléem. Elle aussi connaîtra le dépouillement. Mais ce sera pour renaître, pauvre avec son Dieu pauvre , riche de l’essentiel, riche du seul évangile.

 

« Dans la foule des hommes  et des femmes, qu’ils soient chrétiens  ou qu’ils ne le soient pas, il y a des êtres qui cherchent, qui veulent une humanité plus humaine et qui se prête à Dieu. Puissions-nous tous être de ces hommes de l’Essentiel , des marcheurs de la nuit de Noël.

« Est-ce que Noël nous fait mal à nous aussi ? Peut-t-on alors dire que Dieu bouge en nous ? Le Dieu de Noël nous dérange. Il nous presse. C’est une joie qui brûle.

                                                               Jacques  Gaillot

Published by Libre pensée chrétienne - dans Articles
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