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13 février 2016 6 13 /02 /février /2016 20:08
bateau lpc Humanisme
Luc Moës « RESSAUTS », ‘Humanisme’, inédit.

« Humanitaires de tous les pays, unissez-vous ! »

Je le proclame – c’est mon droit le plus personnel ! – et je l’adresse à tous les hommes de bonne volonté avec qui je partage la même et belle humanité en toutes ses merveilleuses virtualités.

Ce sont d’abord les humanistes qui ont sauvé les cultures de l’Antiquité, du Détroit de Gibraltar, la Méditerranée aux limites de la Perse pour qu’aujourd’hui nous goûtions encore les raffinements de la langue et des sens, les nuances les plus subtiles du savoir et de l’Esprit.

Mais ce sont aussi les maîtres de la Renaissance, de l’efflorescence des Arts au Discours de la Méthode, de l’Europe des Lumières, les poètes, les philosophes, les analystes, …

Il s’agit selon moi de ceux qui ont eu un tel souci, un tel respect de l’homme, jusqu’à tout envisager en fonction de lui, avec une rigoureuse probité, pour que les hommes vivent au mieux, en ce monde, en bonne intelligence, avant que la mort ne les ravisse aux leurs !

Ce sont aussi mes frères dans la foi en Dieu, depuis Abraham, en tout cas. Ils ont estimé qu’ils pouvaient répondre de tout leur être à l’appel intime que ce Dieu personnel leur adressait au profond de leur cœur. En vue d’une Alliance qui les qualifie, qui leur tienne lieu de gage, de sauvegarde dans la vie. Ainsi, cette relation spirituelle n’empêchait en rien, bien au contraire, le croyant de se soucier de l’homme. Il n’en était que plus déterminé à tout faire pour que l’humanité accède à toujours plus d’intégrité et de sérénité. Qu’elle arrive « à ma Maison, une Maison de prières pour tous les peuples » (Isaïe 56, 7).

Les Prophètes, en conséquence, ont rappelé, à temps et à contretemps, combien Dieu veut le bonheur de l’homme. Jésus, le plus convaincant, s’est d’ailleurs réclamé de lui pour vouer toute son existence d’homme à la mise en œuvre de cette Alliance, telle que Dieu l’envisageait en sorte que « la gloire de Dieu soit l’homme vivant » (Irénée de Lyon). Le témoignage de Jésus a été à ce point éclatant qu’un centurion romain, païen pourtant, a dit de lui : « Assurément, cet homme était Fils de Dieu ! »

Des témoins se sont émerveillés de son enseignement, de son témoignage jusqu’à prendre fait et cause pour son message. Disciples du Maître, que l’on appelle Christ, on les a appelés christ-iens, chrétiens. Ils se sont voués, corps et âme, au prochain, à la fraternité.

Un messager du Dieu unique - béni soit-il ! - s’est même investi dans le rappel à tout qui voulait l’entendre que ce Jésus était un des plus grands prophètes que Dieu avait mandaté au milieu des hommes. Il convenait de l’écouter. Il a, ce faisant, suscité des générations de mystiques, de philosophes, de férus des sciences, de penseurs, d’artistes, … aussi talentueux dans leur génie que tant d’autres en leurs traditions respectives.

Mais récemment, on les a interdits, proscrits, pour instaurer le règne inique de la pensée unique.

Ainsi, dès le moment où je pense à mes frères humains, je pense aux agnostiques, aux athées, aux croyants, aux chrétiens, … à l’estime qu’ils éprouvent tous envers la beauté, au respect qu’ils réservent au prochain quand ils se réclament de la justice, quand ils veulent être loyaux, quand ils ressentent de la compassion, quand ils aspirent à la paix, quand ils prétendent à la générosité, au sacrifice de soi plutôt qu’à l’infliger aux autres.

Le mouvement intérieur au cœur de tous, qui les porte à se mieux connaître, à s’entraider, à se promouvoir, à s’entr’aimer, j’en ai cherché comme un symbole qui parle et qui emporte. Je m’émeus depuis à l’image que m’offre un fleuve puisqu’il est gorgé, gonflé de vie. Il est fait d’eau. Irrésistible, l’eau qui a raison, même à la longue, de tout ce qui s’oppose à sa force douce et obligeante, sa fécondité. Il accueille de partout rus et rivières pourvu qu’ils se glissent à l’amiable dans le lit de l’affabilité universelle en sorte que le flot partagé achemine et destine les uns et les autres à l’unique océan des embruns pacifiques.

Humanistes du monde entier, braves et vaillants chevaliers de la vie, venez, pressez-vous au secours de l’homme qui est en danger !

D’impitoyables fauteurs de mort la sèment en nos cités. Dieu seul, disent-ils, est leur mobile. Veulent-ils dire qu’il ne s’agit que d’eux seuls ? Que leur opposerons-nous à ces barbares, insensibles et cruels, sinon nos valeurs communes et partagées, le front large et haut, des hommes les féaux. « Si quelqu’un dit : ‘J’aime Dieu’ et qu’il haïsse son frère, c’est un imposteur ! » (1 Jean 4, 20).

Luc Moës, moine de Maredsous

Published by Libre pensée chrétienne - dans Humanisme
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