Pour un discours chrétien crédible
Par Libre pensée chrétienne
Tous les sondages actuels vont dans le même sens : il y a de moins en moins de gens qui croient… et ici on peut énumérer tous les dogmes de l’Eglise catholique. La conclusion qu’on en tire logiquement est que la foi se perd massivement, surtout en Occident.
Mais quand on se met à réfléchir un peu plus à ce problème, on constate qu’il s’agit d’un certain type de foi qui est plutôt un ensemble de croyances basé sur un formidable cercle vicieux. Et ce sont les "braves gens" qui sont victimes de ce cercle vicieux.
J’ai moi-même été éduqué dans ce système. J’étais, comme tout le monde, décidé à choisir le bien plutôt que le mal. Or, la foi était considérée comme un bien : il était mieux, plus vertueux, plus moral, d’être croyant qu’incroyant. Si des doutes ou des objections se présentaient, on avait toute une série de vertus pour les écarter : l’humilité, l’obéissance, le désir de Dieu, etc.
Il n’y a qu’une issue pour briser ce cercle vicieux : la réflexion critique, la pensée libre.
Comment cette libre pensée critique pouvait-elle basculer dans le camp du bien ? Il y avait surtout deux raisons : la première, c’était la rencontre de personnes incroyantes qui avaient autant de qualités et de vertus que les "bons catholiques" et la seconde, c’était la constatation que Jésus ne disait pas tout ce que le catéchiste ou la dogmatique lui faisait dire.
Du coup, il y avait – et ce sont encore deux de nos motivations importantes à L.P.C. – deux raisons très puissantes qui se situaient dans le camp du bien : la défense de personnes qui sont mal jugées par une sorte de nouveaux pharisiens et la fidélité au vrai projet évangélique de Jésus de Nazareth.
Pour des personnes qui découvrent ces deux motivations, il ne s’agit évidemment plus d’une quelconque perte de foi. Cette exigence de vérité et de fidélité à Jésus est tellement essentielle à une vraie foi chrétienne que leur découverte peut être considérée comme une nouvelle expérience de découverte de la foi, la foi en tant qu’adhésion enthousiaste à Jésus et à son message. Et, il se passe alors quelque chose de merveilleux qui va dans le sens de ce que j’ai appelé le "plus" de l’Evangile. En gardant toute notre ouverture œcuménique vis-à-vis des personnes qui croient sincèrement en Jésus-Christ à cause des miracles que les évangélistes racontent, nous disons à Jésus : "Seigneur, tu donnes des signes plus puissants et plus authentiques que des miracles pour provoquer notre adhésion enthousiaste. La profondeur extra-ordinaire de ton amour qui est l’Esprit même de Dieu et qui est assez fort pour être gratuit et même pour pardonner, au-delà de la justice, sans demander de rançon"
Un de ces "signes" est le témoignage d’Emile Shoufani, curé arabe de Nazareth, lorsqu’il rassemble des Juifs, des Musulmans et des Chrétiens pour des gestes de pardon. C’est parfois dans la discrétion et l’anonymat. C’est aussi parfois sous les projecteurs des médias, comme lorsqu’ils sont allés ensemble à Auschwitz, proclamer par leur silence la dimension et l’authenticité d’une foi infiniment plus profonde que les bavardages dogmatiques.
André VERHEYEN
2003 Réflexions simples pour une crédibilité 2ème partie page 22/23
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