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Mercredi 10 juin 2009

Essai de lecture symbolique de Marc 10, 46 à 52                     

Lorsqu’on s’intéresse à un court passage des évangiles, il est important de le situer dans son contexte. L’épisode qui nous occupe se présente à la fin de la quatrième section (1) de l’Evangile de Marc, juste avant l’entrée de Jésus à Jérusalem où celui-ci sera acclamé comme "Fils de David".

Cette section (du chap. 8, 31 au chap. 10, 52 inclus) se présente comme une prédication sur "l’éthique du Royaume" destinée aux premières communautés. Deux thèmes s’entrecroisent : les conditions à remplir pour "suivre Jésus", c’est-à-dire l’accompagner jusque dans sa mort, et l’idée que Jésus est venu "non pour être servi, mais pour servir", ce qui vaut également pour les disciples. Ces thèmes sont illustrés par des récits montrant que Jésus a un tout autre rapport que ses contemporains au pouvoir et aux biens matériels, mais aussi aux femmes, aux enfants et aux plus faibles.

C'est en conclusion de cette section, un peu comme un résumé, que vient la guérison d’un aveugle "qui suit Jésus".

Comme nous l’avons suggéré précédemment (cfr. revue n° 2 page 7), nous essaierons donc de lire ce récit comme une "parabole en action".

 

V. 46 : "Ils arrivèrent à Jéricho. Lorsque Jésus sortit de cette ville avec ses disciples et une grande foule, un aveugle appelé Bartimée, le fils de Timée, était assis au bord du chemin et mendiait."

En une phrase, le décor est planté et les personnages en place. Observons-les.

 

Le décor :

Nous sommes à Jéricho, une petite ville au bord du Jourdain surnommée la ville des palmiers. Il y fait bon vivre dans la fraîcheur de l’oasis. Dans l’évangile, la ville est souvent le lieu symbolique des activités humaines, des trafics et des échanges commerciaux. Ici, on sort de cela pour prendre le chemin qui rejoint Jérusalem par une longue et pénible montée sinueuse à travers le désert de Judée. Pour ceux qui connaissent les lieux, l'image est claire. Le chemin représente évidemment la vie où nous marchons avec les autres et dans laquelle il s’agit de trouver sa place. Il est aussi le symbole de notre cheminement spirituel qui, inévitablement, passe par le désert. Le chemin, en grec, c’est aussi la voie, La Voie que Jésus propose, la Bonne Nouvelle du Royaume et des Béatitudes. Ici, c’est un chemin bien difficile que Jésus va emprunter et il nous invite à l’y suivre.

 

Les personnages :

Les disciples et une grande foule qui entourent Jésus : ils passent, sans le remarquer, devant un mendiant aveugle assis au bord du chemin.

La foule impersonnelle où se perdent les disciples marche sur le chemin à la suite de Jésus. Bartimée, lui, parce qu’il est aveugle donc improductif et marginal, est hors de la ville, mis à la porte, en marge, exclu de la société. Il nous est difficile aujourd’hui d’imaginer un monde sans lunettes, mais, à l’époque, la cécité ou simplement une vue déficiente provoquait irrémédiablement l’exclusion du monde du travail et donc la pauvreté d’un grand nombre de personnes. Mais, au-delà du handicap physique, l’aveuglement exprime ici, plus largement, l’incapacité dans laquelle se trouve Bartimée de voir un avenir s’ouvrir à lui. On perçoit bien ici l’intérêt qu’il y a à interpréter symboliquement l’aveuglement. Si l’on oublie que Bartimée est atteint de cécité, on peut lui faire endosser toutes les détresses que l’homme peut vivre : abandon, chômage, pauvreté, racisme, famine, exploitation, etc. Ne nous sommes-nous pas tous retrouvés, à un moment ou l'autre, dans  une de ces situations dramatiques, peu importe quelles en étaient les causes ?

Mais nous verrons que notre homme ne s’y résigne pas pour autant.

 

 

 

V 47. "Quand il entendit que c’était Jésus de Nazareth, il se mit à crier : Jésus, Fils de David, aie pitié de moi !"

"Fils de David" était le titre messianique le plus populaire. Si les pauvres et les rejetés attendaient de lui qu’il "apporte aux pauvres une bonne nouvelle et prenne soin des désespérés" (Isaïe : 61, 1), le peuple, lui, attendait plutôt un Messie politique, un homme fort qui purifierait Jérusalem de l’occupant romain et restaurerait ainsi la grandeur d’Israël.

D’une part un homme compatissant et serviteur, de l’autre un homme de pouvoir et d’honneur.

Bartimée est peut-être aveugle, mais il n’est ni sourd, ni muet. Il a entendu Jésus et il crie sa détresse. C’est le cri déchirant d’une vie niée, humiliée. Il lance un appel personnel, d'homme à homme… Dans le Royaume que Jésus annonce, avouer sa faiblesse et appeler à l’aide n’est pas une honte. Son intuition lui dit qu’il sera entendu.

 

 V. 48. "Beaucoup lui faisaient des reproches et lui disaient de se taire, mais il criait encore plus fort : Fils de David, aie pitié de moi !"

La foule veut réduire au silence ce gêneur, cet individu qui semble n’avoir rien compris. Le Fils de David n’est pas venu pour s’occuper des indigents. Il n’y a pas de temps à perdre si la libération d’Israël est en vue. Cependant, Bartimée crie de plus belle, seul face à tout ce monde ! Personne ne réagit, personne n’est touché par son appel, même pas les disciples.  Serait-il donc le seul à être vraiment conscient que Jésus n’est pas venu pour dominer, mais pour servir ?

La foule, bien souvent, empêche de penser librement. Dans une foule, si on n’y prend garde, on perd vite sa personnalité et ses facultés de discernement, de clairvoyance. La foule ne pense pas, les meneurs pensent pour elle et, ici, ce n’est pas Jésus qui la mène mais sans doute des disciples qui voyaient en lui un libérateur politique. On pourrait dire que, dans ce récit, c’est plutôt la foule qui est aveugle, puisqu’elle se trompe lourdement sur la mission réelle de Jésus. Ne pas se laisser piéger, se démarquer ostensiblement de cette foule suppose une forte personnalité et un grand courage. C'est pourtant ce que fera Jésus.

 

V.49.  "Jésus s’arrêta et dit : Appelez-le. Ils appelèrent donc l’aveugle et lui dirent : Prends courage, lève-toi, il t’appelle."

Jésus est le seul à réagir, il arrête tout pour une seule personne et lui prête toute son attention.   Il ne s’arrête pas pour une vétille, mais pour l’essentiel. Il s’arrête devant la souffrance humaine et oblige ainsi la foule à faire de même. Voulant impliquer les disciples et la foule dans sa démarche, il leur demande d’appeler eux-mêmes le mendiant. "Ils l’appelèrent donc…". Ce n'est pas le grand enthousiasme, mais certains semblent en tout cas interpellés et transmettent le message en l’encourageant vivement à se remettre debout.

 

V.50. "Alors il jeta son manteau, bondit et vint vers Jésus."

Avec la réaction de Bartimée, on assiste, dans une explosion de joie, à un véritable déchaînement, une libération, une nouvelle naissance. Il se dépouille de son vieux manteau qu’il jette là à terre, comme si c’était un changement de peau, un changement d’homme. Laissant là son ancienne vie, il se découvre tel qu’il est devant celui en qui il met toute sa confiance…, une confiance aveugle.

 

V.51, 52. "Jésus lui demanda : Que veux-tu que je fasse pour toi ? L’aveugle répondit : Rabbouni, que je voie. Et Jésus lui dit : Va, ta foi t’a sauvé. Aussitôt, il put voir et il suivait Jésus sur le chemin."

Il est amusant de remarquer comment, aux versets 35 et 36 qui précèdent ce récit, les apôtres Jacques et Jean s’adressent impérativement à Jésus en disant : "Nous voulons que tu fasses pour nous ce que nous allons te demander". Jésus leur répond : "Que voulez-vous que je fasse pour vous ?". Exactement la même question qu’avec Bartimée.  Et que demandent donc ces apôtres ? : "Quand tu seras dans ton règne glorieux, permets-nous de siéger, l’un à ta droite, l’autre à ta gauche". Leur demande et celle de Bartimée sont diamétralement opposées. Les apôtres n’attendent que pouvoirs et honneurs ; le mendiant de Jéricho n’attend qu’amour et compassion. Notre aveugle se révèle bien plus clairvoyant sur la mission de Jésus que les apôtres aveuglés par leur recherche de promotions personnelles.

Personnellement, je trouve que la question : "Que veux-tu que je fasse pour toi ?" résume tellement bien l’engagement de Jésus au service de ses frères.

Mais que demande Bartimée lorsqu’il dit "que je voie" ? Sans doute espère-t-il que la lumière éveille sa vie, qu’il retrouve sa dignité, qu’il soit respecté et reconnu dans sa différence, et qu’un avenir heureux s’ouvre enfin à lui au sein d’une communauté de frères où se vit l’entraide et la solidarité. Le Royaume annoncé par Jésus, au fond !

Mais la réponse de Jésus est curieuse. Il ne dit pas : "Vois, ta foi t’a sauvé" mais "Va, ta foi t’a sauvé", comme si Jésus ne lui rendait pas la vue… En fait, dans cet aveugle clairvoyant, Jésus reconnaît un vrai disciple et, lui donnant toute sa confiance, l’envoie travailler lui-même à la construction de ce monde dont il rêve. Il était assis et mendiait, maintenant il est debout et devient acteur de sa propre vie en suivant Jésus sur le chemin.

Ce que l'on traduit par "suivre", c'est le verbe grec "akolouthéo" qui veut dire d'abord : faire route avec, accompagner (d'où le mot "acolyte"). Bartimée fait route avec Jésus, il l'accompagne. Accompagner suggère échange, communion possible, encouragement. Je marche avec toi, marche avec moi, marchons ensemble. (2)

Suivre Jésus, ce n’est pas suivre aveuglément un certain nombre de rites et de règles morales, c’est adhérer pleinement à sa vision profondément optimiste de la vie et de l’homme en particulier.

Faire route avec Jésus, avec nos frères humains, c’est vivre en profondeur l’expérience de la rencontre avec l’autre, dans le plus grand respect de sa différence en se laissant guider par la compassion et, avec une grande disponibilité d’écoute, se mettre à son service. Cela n'est pas sans risques. Pour Jésus cela peut aller jusqu’à donner sa vie pour ceux qu’on aime. Si chacun vit cela, il y a réciprocité et donc entraide et solidarité. Voilà l’utopie du Royaume que Jésus nous invite à réaliser ensemble, ici et maintenant avec nos proches et tous ceux qui croiseront notre chemin.

                                                                                                               Herman Van den Meersschaut

Par Libre pensée chrétienne - Publié dans : commentaires d'évangiles
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Mercredi 10 juin 2009
Editorial - Herman Van den Meersschaut
Le mot d'André Verheyen
La foi, acte humain
- Jean-Marie Fisch
Honnête envers Dieu - Edouard Mairlot
Il y a deux théologies - Jacques Meurice
Enfin ! - Luc Bossus
Que faites-vous encore dans cette Eglise ? - 26 théologiens belges
Que dirait, que ferait Jésus ? - Joseph Bouchaud
Ils vivaient dans la rue à Bruxelles en 2008...ils en sont morts ! - Isidore Cordemans
La "résurrection" de l'humain - Luc Bossus
Tous les tombeaux sont vides ! Alain Dupuis
Quelques livres :
   " Le potager, école d'humanité" de Jacques Musset
   " Près de nous des fins de vie. Sens ou non sens?" de André Gailly
   " L'Eglise des premiers siècles" de Maurice Vallery-Radot - Christian Basine
Echos des rencontres du premier samedi :
   " Jean  2, 13-22" - Herman Van den Meersschaut
   " Jean 13, 1-15" - Jacques Thimus
   " Jean 15,  1- 8" - Christiane Janssens-Van den Meersschaut
Histoires de Galilée ( 4ème partie) - Christian Biseau
Courrier des lecteurs
Par Libre pensée chrétienne - Publié dans : SOMMAIRES REVUES
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Mercredi 10 juin 2009

" Si l'Eglise cessait de se situer à mi-route entre ciel et terre; si elle se reconnaissait tout simplement comme une communauté d'hommes et de femmes en quête de Dieu ! 
Si elle s'avouait qu'elle n'a pas prise sur Dieu, que l'image qu'elle s'en fait est toujours relative, tâtonnante.
Si, descedant du piédestal sur lequel elle est constamment tentée de se placer et du haut duquel, transformée en chaire de vérité, elle évangélise le monde, l'Eglise s'avouait déconcertée par les réalités et les situations en constante mouvance et se mettait vraiment à chercher humblement, modestement"

                                                                                                                      Pierre de Locht " La foi décantée"

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Samedi 16 mai 2009
Lorsque l'on me demande à quelle religion j'adhère, je réponds que je suis une Libre Penseuse Chrétienne. Certains s'étonnent de cette appellation ou affirment même que ce n'est pas compatible avec une religion.  C'est pourquoi je voudrais dire ici combien cette formulation de ma foi a pour moi toute son importance.

Tout d'abord, elle m'évoque un chemin parallèle à celui de Jésus qui était un Libre Penseur Juif.  Jésus était-il fidèle à Dieu ou au Temple?  Jésus ne s'est jamais laissé embrigader par aucune des tendances existantes, il a toujours gardé sa liberté.  Son seul engagement était de partager l'amour de Dieu en se mettant au service des plus "pauvres" qui vivaient au sein de toutes les tendances.  Il ne faisait même pas de prosélytisme ( Lève-toi et retourne chez toi. Marc, 2,10-12)

QU'Y A-T-IL DE PLUS IMPORTANT POUR UN CHRETIEN?

Se réferer à une Eglise, catholique, orthodoxe, anglicane, luthérienne, réformée... Il y en a tellement qu'elles sont signes de division du message évangélique, alors que chacune d'elles prétend être la seule à détenir la Vérité
   
ou

Se référer au message de Jésus ?

Si cette dernière option est choisie, les clivages ne sont plus importants car on se sent avant tout chrétien, on se sent libre par rapport aux esprits séparatistes et dogmatiques.

Si tout le monde pouvait être d'accord avec cela, il n'y aurait déjà plus de guerres de religion engendrant racisme, intolérance, souffrance et mort.

Tout le parcours de Jésus nous montre un homme qui se réalise dans un chemin de liberté.  Il prend des distances incroyables pour son époque et sa culture avec le Temple et les Docteurs de la loi ( vous avez entendu qu'il a été dit...eh bien, moi je vous dis...
Matthieu 5,21...) avec sa famille ( qui est ma mère et mes frères. Marc, 3,20-21; 31-35). Ceci dans le sens : fais-toi ta propre opinion, sois libre de vivre ta vie.

En fait, la relecture des Ecritures ( A.T. et N.T.) avec un Philippe Bacq, un José Reding, un André Wenin...nous fait à chaque fois découvrir cela.  Il faut renaître, faire son chemin avec son propre jugement.  Il est indispensable de couper le cordon ombilical avec ses géniteurs, avec ses maîtres, pour devenir nous-mêmes.  Pour cela nous avons des textes bibliques qui nous indiquent des possibilités de chemins.  Ce n'est qu'après les avoir "mangés", nous en être nourris, les avoir digérés à travers nos expériences de vie personnelle que nous pourrons les faire nôtres de notre propre autorité.

Choisir cette option n'est certes pas facile.  L'homme cherche sans cesse des tuteurs, des règles sur lesquelles s'appuyer.  Cela lui permet de se savoir "en ordre", de se déresponsabiliser, mais il n'est pas libre, il n'est pas à lui-même.  En fait, il a peur !

Pensons-nous qu'un Jacques Gaillot va continuellement demander à ses autorités s'il est dans le droit chemin de l'Eglise catholique ?  Ou bien est-il un Libre Penseur Chrétien qui agit de sa propre autorité?

Je penche pour la dernière soluition en observant qu'il vit à l'exemple de Jésus et, comme lui, de sa propre autorité, va à l'essentiel .

Christiane Janssens-Van den Meersschaut.
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Mardi 12 mai 2009

"Dieu a besoin de croyants qui ont les yeux grands ouverts sur une planète en pleine mutation, l'esprit libre et critique pour approfondir leur foi et en rendre compte, le coeur ouvert à la capacité de se laisser bousculer et au désir de conjuguer le bonheur du ciel et celui de la terre"

                Jean-Claude PETIT "Dieu a-t-il un avenir" ( Calmann-Lévy 1996)

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Lundi 13 avril 2009

"Notre unique obligation morale, c'est de défricher en nous-mêmes de vastes clairières de paix et de les étendre de proche en proche, jusqu'à ce que cette paix irradie vers les autres" 

                                                            Etty Hillesum

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Lundi 13 avril 2009

 

A d      A défaut de recueillir partout un large soutien, les propos de Benoît XVI ont au    moins                       

souvent le mérite de susciter de larges débats, y compris au sein de l’Eglise catholique.

 

Je crois très utile d’encore revenir à sa réponse à la question sur l’usage du préservatif, question posée dans l’avion, lors de son vol vers l’Afrique.

Deux aspects de la controverse qui a suivi me semblent devoir être approfondis .

- Tout d’abord, la place très (trop) grande accordée dans les médias aux paroles du pape.

Cela est certes inévitable, vu  la visibilité de sa fonction ainsi que l’objet de son propos relatif au sexe, matière dont les médias sont friands.

Mais il faut sans cesse le redire.

La Hiérarchie dans l’Eglise n’en est qu’une des composantes, et non la principale.

Elle n’est pas le corps entier, elle n’est pas « le peuple de Dieu ».

Vaste ensemble non formellement structuré, celui-ci ne dispose pas de système particulier de communication qui lui permette d’exprimer son point de vue avec l’audience dont bénéficie le Vatican.

Il faut toutefois se réjouir de constater que beaucoup de voix se sont cette fois fait entendre, même dans l’Eglise, pour contester les récents propos de Benoît XVI sur l’usage du préservatif ; c’est un pas précieux vers une culture de débats ouverte au pluralisme, à l’opposé de toute forme de « pensée unique ».

Vatican II avait d’ailleurs déjà retenu l’importance de l’opinion des fidèles (« sensus fidelium ») dans la « réception » des enseignements du Magistère.

 

- Un autre aspect – trop peu souligné, à mon sens – retient davantage encore mon attention.

L’Eglise catholique a-t-elle pour mission de se prononcer sur des questions éthiques, et plus particulièrement sur des questions d’éthique sexuelle, ce que les papes font très régulièrement ?

Ma réponse est franchement négative !

Bien sûr, le message chrétien des Evangiles et  de la Tradition est porteur de valeurs morales importantes  - la justice, la solidarité, la sollicitude à l’égard des plus démunis, la liberté, le respect des personnes, etc... -

Mais ce sont là des valeurs universelles, promues depuis toujours par beaucoup de courants philosophiques ou religieux.

Le coeur du message chrétien me semble en amont de cette éthique sociale.

Pour moi, Jésus de Nazareth - et son message – est venu nous révéler le visage de Dieu, un Dieu d’amour  tellement soucieux des humains qu’il s’est fait homme et est venu « habiter parmi nous », faisant du coup de toute l’humanité les membres d’une même famille, avec tout ce que cela implique au niveau relationnel, c’est-à-dire avec ces exigences de solidarité, d’amour fraternel, de respect de toute personne quels que soient sa race, son sexe, son statut social.

Quant aux moeurs, notamment celles qui touchent à la sexualité humaine, elles sont très variables dans le temps et l’espace et relèvent de multiples facteurs sociologiques et  culturels, sans cesse en évolution.

«  Les actions et les comportements que l’amour commande, permet ou recherche, ne relèvent pas de l’objectivité et du général. Ils ne doivent pas être regardés du dehors et jugés abstraitement, mais replacés dans le climat qui les a vus naître, d’où ils tirent leur raison et leur justification. »

 (Marcel Légaut dans « L’homme à la recherche de son humanité »)

Je ne vois vraiment pas en quoi la Hiérarchie catholique est habilitée à se prononcer là -dessus, sauf à vouloir - très abusivement et très indûment - contrôler, régenter des pratiques privées particulières qui sont du ressort d’une part des collectivités humaines et d’autre part de la liberté et de la conscience  individuelles des  personnes.

Ce qui s’est passé en 1968 lors de l’encyclique très controversée sur la régulation des naissances – Humanae Vitae – a particulièrement mis en lumière cette intrusion inadéquate et très controversée de  la Hiérarchie catholique dans un domaine où elle n’a pas, je pense, de compétence spécifique.

Reste à se demander ce qui amène les Autorités ecclésiastiques - essentiellement des hommes âgés célibataires et censés abstinents - à vouloir  ainsi exercer un tel contrôle sur la sexualité humaine.

Enjeu de pouvoir ? Méfiance  ancienne et profonde à l’égard de l’humanité , notamment quant à sa manière de vivre la sexualité?

Sans doute les deux ! (1)

Que dire de plus à cet égard que les exigences fondamentales de liberté, de respect, requises dans toute relation.

Cette contestation pourrait sembler futile si l’enjeu réel n’était pas de libérer le message évangélique originel de ce qui lui est étranger et qui finit par l’occulter au point de le rendre de moins en moins crédible à nos contemporains.

Je  conclus en citant les propos sévères de ce grand théologien allemand du siècle passé, Karl Rahner, peu suspect d’hétérodoxie :

« Cela fait partie de l’histoire tragique et difficile de l’histoire de l’Eglise : dans la pratique comme dans la théorie, celle-ci défendit toujours des maximes morales par de mauvais arguments, découlant de convictions et de préjugés incertains, liés au contexte historique(...)

Si l’histoire spirituelle de l’Eglise est si pesante, c’est parce que toujours, ou du moins souvent, elle concerne des questions qui touchent à la vie concrète des hommes, parce que ces maximes erronées qui n’eurent jamais de valeur objective imposèrent néanmoins aux hommes des contraintes que rien dans la liberté des Evangiles ne justifie.»

(1) cfr à ce sujet «  Morale sexuelle et autorité dans l’Eglise catholique. A corps perdu ou accord perdu ? » Feuilles familiales et Editions Vie Ouvrière, 1998, 96 pages

 

                                            Jean Debelle, de la  Paroisse Libre de Bxl, paru dans le « Le Soir »

 

 

 

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Vendredi 27 mars 2009

       Nous avons peut-être répété que "le 21e siècle sera religieux ou ne sera pas" en pensant que c’était ce qu’André Malraux avait dit.  Et puis, grâce à l’émission "Noms de Dieu" d’Edmond Blattchen, qui s’ouvre chaque mois avec la citation exacte, nous savons qu’il s’agit de: "Je pense que la tâche du prochain siècle, en face de la plus terrible menace qu’ait connue l’humanité, va être d’y réintroduire les dieux"

 

        La tentation est grande de penser qu’il s’agit de ce qu’on appelle "le retour du religieux". Et certains catholiques se félicitent chaque fois qu’ils voient des rassemblements comme les Journées Mondiales de la Jeunesse catholique, en pensant que la religion revient.

        Mais les dieux dont parle André Malraux ne sont pas ceux des kamikazes d’Al Quaida qui leur promettent d’aller directement au ciel après s’être fait sauter en tuant des civils innocents.

        Les d i e u x  dont parle André Malraux ne sont pas non plus ceux des  s e c t e s  qui donnent naissance à des gourous qui savent tout sur eux et qui vous invitent à ne pas réfléchir car ils font cela pour vous.

        Ce ne sont pas non plus ceux du folklore, qui vous inspireraient par exemple d’aller vénérer les reliques des rois mages dans la cathédrale de Cologne!  Ni ceux de la parapsychologie qui vous feraient croire à leur intervention surnaturelle dans des guérisons miraculeuses ( à Lourdes, Fatima ou ailleurs) beaucoup moins nombreuses que le décès provoqués par les rassemblement dans ces lieux de pèlerinage.

 

       Nous ne mettons évidemment pas dans le même sac les dieux des sectes ou des kamikazes et ceux des reliques de Cologne ou des lieux d’apparitions. Mais il est vrai que tous ces dieux-là sont précisément ceux qui conduisent aux catastrophes de la Palestine, d’Israël, du Liban, de l’Irak, de l’Afghanistan, du Kashmire, etc…

 

L’i n t e r c o n v i c t i o n n e l.

 

       C’est peut-être le nouveau nom de l’oecuménisme.

       Nous savons bien qu’au sens strict, l’œcuménisme est une affaire entre chrétiens.  Mais c’est aussi une des conséquences de la mondialisation que cet œcuménisme au sens strict est largement dépassé et  -notons-le-  sans avoir été réalisé.

       Après le niveau des "Fils d’Abraham" qui vise la communion entre Juifs, Chrétiens et Musulmans, il y a le niveau de toutes les religions, qui fait parler d’"interreligieux". Et depuis que nous nous rendons compte qu’il y a aussi des spiritualités non-religieuses, nous parlons d’"interconvictionnel".


        Les contacts interconvictionnels sont intéressants à plusieurs points de vue et le désir d’opter pour une charte commune qui exprime les valeurs auxquelles nous croyons tous en est le signe le plus visible.( Plateforme interconvictionnelle de Bruxelles)


         Parmi ces valeurs, la tolérance et la bienveillance permettent précisément d’approfondir la réflexion sur des sujets qui divisent.  Et la méthode écrite favorise encore le climat de dialogue serein car les débats oraux  -on le voit bien sur nos plateaux de télévision-  prètent souvent aux émotions et à l’emballement.

 

R e l i g i o n , s p i r i t u a l i t é , m a g i e .

 

         Le sujet que nous avons l’intention de traiter est certainement un de ces sujets qui peuvent "fâcher" au début mais qui sont incontournables dans notre société occidentale contemporaine.  En effet, certains vouent tellement de respect et de vénération à des réalités ressenties comme sacrées ou surnaturelles, que le seul fait de proposer une réflexion à leur sujet est déjà ressenti comme une désacralisation ou une provocation.  Qu’on se rappelle les relations entre les catholiques et la libre pensée au siècle dernier.

        Or, ceux qui proposent la réflexion à leur sujet, le font au nom de la vérité et de la rigueur intellectuelle qu’ils considèrent eux, comme sacrées, même s’ils n’utilisent pas nécessairement cet adjectif pour le dire.

         Ce n’est pas manquer de modestie, que de constater que nous, "Libre Pensée Chrétienne", nous sommes bien placés pour communiquer notre expérience et notre réflexion au sujet de cette évolution, de cette maturation qui part d’une conception un peu enfantine, un peu magique de la religion et qui découvre, dans l’Evangile même les clefs d’une purification vers la spiritualité.

 

          En relisant le Premier Testament dans cette optique, nous constatons que les clés d’interprétation y étaient déjà présentes.  Qu’il nous suffise d’évoquer deux passages éloquents.

 

         *  "Les holocautes de béliers, la graisse des veaux, j’en suis rassasié.  Le sang des taureaux, des agneaux et des boucs, je n’en veux plus…L’encens, j’en ai horreur…Apprenez à faire le bien, recherchez le droit…" (Isaïe I,11…)   "C’est l’amour que je veux, non les sacrifices, la connaissance de Dieu, non les holocaustes" (OséeVI,6)

             Nous n’avions jamais remarqué qu’il est tout aussi primitif de payer 5 euros pour "avoir l’intention de la messe", alors que toutes les intentions  -disons plutôt les dimensions de notre communion spirituelle-  sont exprimées dans la prière eucharistique.


           *  C’était une pensée louable de David "
…le roi David dit au prophète Nathân : j’habite une maison de cèdre et l’arche de Dieu habite sous la tente…" (Sam.VII,2)  Mais Dieu avait inspiré le prophète Nathân pour aller dire à David : "Est-ce toi qui me bâtiras une maison pour ma résidence ?  Je n’ai jamais habité de maison depuis le jour où…" ( Sam.VII, 5-6)

               Et quand, des années plus tard, Salomon aura achevé, avec tous les efforts qu’on imagine, la construction du Temple, il dira cette chose extraordinaire dans sa prière :
"
Mais Dieu habiterait-il vraiment avec les hommes sur la terre ?  Voici que les cieux et les cieux des cieux ne le peuvent contenir, moins encore cette maison que j’ai construite !"  ( I Rois VIII,27)


                L’Evangile va approfondir ces perspectives : "
Je ne suis pas venu abolir mais accomplir" ( Mt V, 17)  Nous n’avons que l’embarras du choix pour illustrer cela mais nous choisissons deux passages qui correspondent assez bien aux deux passages du Premier Testament cités ci-avant.


              *   Le premier illustre bien l’erreur d’optique qu’on rencontre fréquemment en matière de culte et de liturgie.   Il suffit que quelque chose fasse partie du programme liturgique officiel pour qu’on lui attribue une valeur sacrée.  C’est inconscient ; c’est la force de l’habitude.
                   Si je  suis dans une grande cathédrale, lors d’un office auquel participent un cardinal et d’autres évêques, vêtus d’ornements somptueux, dans un cadre et avec un équipement tout aussi somptueux( calices et ciboires, missel et lectionnaires, chandeliers et encensoir,…) j’ai davantage l’impression de vivre quelque chose de sacré que si je vais aider mon voisin dont la cave est inondée.
                    Or, Jésus nous dit : "
Le sabbat a été fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat" ( Mc II, 27)  "Quand tu vas présenter ton offrande à l’autel et que là tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère"  (Mt V,23-24)
                     
Ce qui est sacré, c’est l’être humain créé à l’image de Dieu. Le sacré n’est pas dans les objets mais dans l’esprit et le cœur de l’homme.  Nous y reviendrons.

               *    Le second passage fait également allusion au Temple.  Dans la conception traditionnelle, ma religion est sacrée, c’est la vraie ; mon Eglise est sacrée et son pape aussi.  Elle a été voulue par Dieu ; les catholiques disent "
instituée par Jésus Christ"  Il n’est pas question de reconnaître aux autres la même valeur. L’autorité romaine refuse même
l’i n t e r c o m m u n i o n ! (célébration eucharistique commune avec d’autres chrétiens que catholiques) 
                    Jésus dit à la Samaritaine : "
Crois-moi, femme, l’heure vient où ce n’est ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père…Dieu est Esprit et c’est pourquoi ceux qui l’adorent doivent adorer en esprit et en vérité" ( Jn IV, 21, 24)


B é n é d i c t i o n s


                     La caractéristique de ce que nous appelons une religion m a g i q u e , c’est qu’elle situe le sacré dans les choses matérielles ( objets, gestes, paroles, etc…) Un bel exemple nous en est donné dans les différentes bénédictions d’objets.

                     Une dame, revenant de Lourdes, avait acheté un certain nombre de médailles qu’elle voulait donner à ses amis et amies.  Elle me demande d’en bénir la moitié, qu’elle tenait dans sa main droite en me disant quelle avait déjà eu l’occasion de faire bénir à Lourdes l’autre moitié, qu’elle tenait dans sa main gauche.  Le fait est réel, vécu.  Vous pouvez imaginer mon envie de les mélanger ! 

                     Les personnes d’un certain âge se rappellent les missions paroissiales, prêchées par des religieux, où, un jour donné, les gens étaient invités à apporter les crucifix, statues, chapelets et autres objets pour les  f a i r e   b é n i r .  On peut mesurer toute l’ampleur de la question en réfléchissant au sens que pouvait avoir ce geste : faire un signe de croix sur un crucifix.  Et on se souvient également de l’embarras qu’on avait quand une statue ou un crucifix étaient dépareillés et qu’on n’osait pas -pensant qu’on ne pouvait pas-  le jeter à la poubelle.

                      Un autre fait vécu : après le baptême d’un bébé, qui portait au cou une jolie chaînette avec une médaille représentant Jésus ou Marie, la maman me demande de bénir cette médaille.  Elle n’avait pas perçu que, dans cette célébration, la médaille avait été amplement bénie et rebénie avec l’enfant.

                      Nous trouvons un bel exemple de l’évolution vers une conception spirituelle de ces bénédictions dans la différence entre les anciennes formules, ou on demande à Dieu de bénir l’objet ( rameaux, cendres, cierges,etc…) et les nouvelles formules, où on demande le bien spirituel de ceux qui utilisent l’objet.
                      Voici, par exemple les deux formules, telles qu’elles sont proposées pour la bénédiction des Rameaux dans le "
Missel dominical de l' assemblée"  (Ed.Brépols/Paris1972) 
                        "
Dieu tout-puissant, daigne bénir ces rameaux que nous portons pour fêter le Christ notre Roi ; accorde-nous d’entrer avec lui dans la Jérusalem éternelle. Lui qui…"
ou bien
                        "
Augmente la foi de ceux qui espèrent en toi, Seigneur, exauce la prière de ceux qui te supplient ; nous tenons à la main ces rameaux pour acclamer le triomphe du Christ.  Pour que nous portions en lui des fruits qui te rendent gloire, donne-nous de vivre comme lui en faisant le bien. Lui qui…" 


E u c h a r i s t i e 

                     Le sujet devient plus délicat lorsqu’on y réfléchit à propos de l’Eucharistie.  La difficulté provient de tout une tradition de la "
présence réelle" qui insinue  -ou qui affirme- qu’il s’agit d’autre chose que d’une présence symbolique de Jésus dans le Pain de Vie.

                     Or, les théologiens reconnaissent aujourd’hui qu’il ne faut pas opposer symbolique et réel.   "J
ésus est réellement présent dans le symbole du pain" dit Ignace Berten dans son cours sur l’eucharistie au CEFOC.

                     
On découvre le caractère magique de la conception traditionnelle dans toute la littérature pieuse autour du St Sacrement.  Il n’est pas étonnant qu’on en soit arrivé dans certains cas extrêmes aux phénomènes paranormaux de "
miracles d’hosties qui saignent"

                     
On le découvre aussi dans la réaction de certaines personnes à l’affirmation que ce n’est pas sur l’autel que ça se passe mais bien dans notre cœur et notre esprit.  Qu’on se rappelle l’attention scrupuleuse avec laquelle les prêtres prononçaient les paroles latines  "
Hoc est enim corpus meum" en essayant de ne rater aucune syllabe ! 
                     C’est toujours le même processus qui amène à dire dans le domaine de la foi ou de l’amour des choses exagérées qui ne sont pas réelles objectivement.  Celui que j’aime dit la vérité.  Or, il a dit : "
ceci est mon corps" ; donc ce pain est vraiment son corps.  Il ne faut pas essayer de comprendre comment mais s’il l’a dit il faut croire que c’est ainsi.  Et, à partir de là, on parle de transsubstanciation, de présence réelle, etc…

                    Tout cela ne serait pas grave si cette conception n’entraînait pas les conséquences que l’on sait : 
*  que les Protestants n’ont pas ce pouvoir sacerdotale ( magique) que les prêtres catholiques ont, de réaliser la transsubstanciation et qu’ils n’ont donc pas la présence réelle de Jésus dans leurs cènes ni dans leurs temples, etc
*  que la présence de Jésus dans sa Parole et dans son peuple assemblé n’est pas vraiment réelle et qu’il faut attendre la consécration pour qu’il soit vraiment présent…
que la pénurie actuelle de prêtres ne permet plus aux chrétiens d’avoir de vraies célébrations dans certains cas, mais des succédanés( ADAP) 

                   La rigueur intellectuelle nous invite aujourd’hui à nous reporter en pensée à la Dernière Cène pendant laquelle Jésus a dit à ses Apôtres : "
Ceci est mon corps"  Notre bon sens nous dit que Jésus , tenant en main le pain en disant "ceci est mon corps", 
v o y a i t  b i e n  l a  d i f f é r e n c e  entre lui-même, assis sur sa chaise  -même si c’était couché sur un divan-  et le pain qu’il tenait en main !  Et qu’il n’a pu vouloir dire que "
Ce pain est le symbole de mon corps, le signe de mon corps ; ceci représente mon corps"
                   Il est caractéristique de la conception que nous appelons  m a g i q u e  de ne pas se satisfaire de notre bon sens et d’exiger des modalités "surnaturelles"
ou "mystérieuses" de cette présence.

                                                                    *

                   Finalement, le vrai problème se trouve dans notre conception de Dieu.  Pour que notre foi en Dieu soit authentique, on a pensé qu’il devait être un Dieu qui fait des miracles, qui  i n t e r v i e n t  de temps en temps dans sa création.  Et, dans le prolongement de cette conception, Dieu p r o u v e son existence ou sa toute-puissance en  i n t e r v e n a n t  de temps en temps par des miracles. 

                    Au stade enfantin, cela semblait une apologétique impeccable, d’autant plus qu’on la trouve à de nombreux endroits dans la Bible.
                    Mais dès qu’on réfléchit un peu, on se demande quel sens peut avoir cette représentation d’ un Dieu qui se situe quelque part comme spectateur au balcon, observant le monde de l’extérieur et  i n t e r v e n a n t  de temps en temps, ce qui voudrait dire qu’aux autres moments il n’interviendrait pas !?
                    Dans les millions de guérisons qui surviennent dans le monde et dont nous percevons les causes, par exemple dans la médecine, Dieu n’interviendrait pas mais, dans les quelques-unes que nous ne savons expliquer, là ce serait l’œuvre de Dieu !? 

                     Dans une religion spirituelle, Dieu est Esprit et Amour, et sa présence ne dépend pas de notre capacité d’expliquer ou non une guérison ou un événement. 


                                                                           *

L’e n t h o u s i a s m e  d e s  m i n o r i t é s


                      Les magiciens attirent le monde, les concerts rock et les rave-party aussi.  La spiritualité s’approfondit et se partage dans le recueillement et dans la discrétion.
                       Les premières générations chrétiennes n’ont pas connu les grands rassemblements ni les grandes églises et il n’est pas certain que la persécution en soit le seul motif. 
                       La remise en question et l’exigence d’authenticité n’attirent pas les foules.  Nous ne devons pas vouloir rivaliser avec les évangélistes américains ou brésiliens qui remplissent des stades, ni avec des groupes dont la foi ignore tout sens critique. 

                       La foi que nous devons renforcer et dont nous devons témoigner est
l’e n t h o u s i a s m e  profond des minorités agissantes et conscientes.  Les "
signes du Royaume"  la soutiennent : chaque fois que quelqu’un, qui se demandait s’il n’allait pas quitter ce christianisme dogmatique dépassé, nous manifeste sa joie de ressentir comme une libération la découverte de ce chemin d’enthousiasme discret qu’est "Libre Pensée Chrétienne" 
                                                  Sachez-le et dites-le
                                                                                                    Andre Verheyen LPC 18/2006

 

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Mercredi 18 mars 2009

" C'est souvent le premier pas qui est décisif comme dans les longues randonnées qu'on entreprend....qui ne se décide pas à se mettre en route est un homme mort : aucun fruit n'est à attendre"
                                                      Jacques Musset ( Le potager, école d'humanité)

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Mercredi 18 mars 2009

Editorial

Le mot d'André Verheyen

De la glaise à l'esprit, de l'esprit à l'Esprit ? par Alain Dupuis

Sa maison devient son tombeau (Mc 2, 1-12) par Herman Van den Meersschaut

Eloge de l'expérience et des petites communautés par Christian Bassine

Que faisons-nous de nos funérailles ? par Christiane Janssens-Van den Meersschaut 

Darwinisme et Christianisme par Jacques Titeca

Donner ma vie par Georges Remion

Histoires de Galilée (3ème partie) par Christian Biseau

Echos des rencontres du premier samedi par Marie-Jeanne De Pauw et Monique Levie

L'Eucharistie, corps de l'humanité par Christian Bassine

Le Christ philosophe par Marie-Jeanne De Pauw

Quelques livres

Courrier des lecteurs

 

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