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Vendredi 13 juin 2008

Le dialogue est ce moment qui consiste pour chacun à mettre provisoirement entre parenthèses ce qu'il est et ce qu'il pense pour essayer de comprendre et d'apprécier, même sans le partager, le point de vue de l'autre.
 
                                                                       Dominique Pire

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Jeudi 29 mai 2008

Je ressens ma vie et l'univers qui m'entoure comme un don.

Je rends grâces à la Source de la Vie, de la Vérité,
de la Beauté et de l'Amour.
Cela me convient bien de l'appeler Dieu.

Je me réjouis de tous ceux et celles qui ont contribué
et contribuent encore à édifier
ce monde plus humain, plus juste et fraternel
qu'avec la Bible j'appelle volontiers le Royaume de Dieu.

J'admire particulièrement Jésus de Nazareth,
tellement habité par l'Esprit de Dieu
qu'avec ses disciples les plus enthousiastes
je l'appelle volontiers Fils de Dieu.

J'aime la communauté universelle des disciples de Jésus.
C'est pourquoi je travaille volontiers à dissiper
les ambiguïtés institutionnelles et dogmatiques
qui empêchent mes contemporains de découvrir
la richesse du message de Jésus avant le Christianisme.

Je crois que la Liberté de la Pensée Chrétienne
est un gage de réussite
pour un oecuménisme sans frontières.

André VERHEYEN (mai 2001)

par Libre pensée chrétienne publié dans : PRIERE
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Jeudi 29 mai 2008

Notre Père qui es partout
et jusqu'au plus profond de chacun de nous,
nous mettons en Toi notre confiance.
Que ton amour règne comme Tu le souhaites.
Que chaque jour nous procure la nourriture
spirituelle et matérielle nécessaire
à notre épanouissement.
Que ton pardon nous imprègne
et se répande entre nous.
Que nous dominions nos tentations
et si nous avons succombé,
que nous reprenions notre chemin vers Toi
délivrés du mal.

Marcel BROUWER

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Jeudi 29 mai 2008

" Le pédagogue n'est pas celui qui donne les bonnes réponses,mais celui qui fait naître les bonnes questions"

Socrate


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Mercredi 30 avril 2008

Nous venons d'apprendre que MAURICE BELLET animera un séminaire :
"Il faut tout repenser"
 23-24 et 25 mai, au Monsatère St Remacle de Wavreumont - B 4970 Stavelot
Téléphone : 080/86.23.18

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Vendredi 18 avril 2008

Dans le cadre des Rencontres du Fanal, le 22 mai 2008, à 20 heures, Frédéric Lenoir donnera une conférence : Le message du Christ creuset de l'humanisme moderne ?

Philosophe, sociologue, historien des religions et chercheur au Centre Interdisciplinaire du Fait Religieux à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales à  Paris, Frédéric Lenoir est aussi directeur de la revue Le Monde des religions, un magazine  qui offre une approche très bien documentée du "fait religieux" et qui donne la parole aux représentants des grands courant religieux et convictionnels.

Dans son dernier ouvrage : Le Christ philosophe,  il nous invite à nous affranchir du débat qui a pu violemment opposer et oppose encore parfois les croyants et les non croyants concernant l'héritage chrétien du monde occidental. Désamorçant toute approche polémique, Frédéric Lenoir nous conduit à porter sur le Christ un regard libéré des clivages hérités du siècle dernier. A l'heure où, en Occident, laïques et chrétiens partagent les mêmes valeurs fondatrices (égalité, liberté de conscience, fraternité, laïcité) la redécouverte de la singularité du Christ comme révélateur de ces valeurs ouvre une perspective intéressante à tous ceux qui s'interrogent, à juste titre, sur le danger du retour du religieux dans nos sociétés.

Jeudi 22 mai 2008 à 20 heures
Salle «  Le Fanal » 6, Rue Joseph Stallaert.   1050 - Bruxelles       Infos : Tél/Fax : 02/343.28.15  
Courriel :
lesrencontresdufanal@scarlet.be 
Participation aux frais : 8 €  (étudiants : 5 €)   réservation souhaitée       compte 310-1693028-76

 

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Vendredi 11 avril 2008

 

Nous devons bien reconnaître  qu’un chrétien ne sait rien de plus qu’un athée à propos de " la vie après la mort".  Il croit certaines choses qui lui ont été transmises par la tradition, mais il ne sait rien. Dieu n’a jamais parlé à personne de l’au-delà et personne n’est encore revenu de l’au-delà pour nous apporter des preuves de ce qui s’y passe, même Jésus lors de ses " apparitions " post-pascales ne nous révèle rien de ce mystère.

Depuis l’origine
, l’humain se pose des questions sur la mort et la souffrance.  Il va alors inventer les dieux pour essayer de mettre fin à ses angoisses et fabriquer toute une cosmologie.  C’est ainsi que nous retrouvons dans toutes les cultures primitives le concept d’un lieu sous la terre où l’homme retrouve après sa mort une vie diminuée.

Dans la tradition biblique
, le terme d’ " enfer " ( du latin infernum, " lieu d’en bas "), ou " Shéol " (mot hébreu), désigne le lieu du séjour des morts.  Tout le monde s’y retrouvait, bons et méchants, pour y vivre en léthargie.  Cette conception durera jusqu’à la période hellénistique, où apparaît le genre apocalyptique et où le Shéol sera alors conçu comme un endroit divisé en plusieurs parties pour séparer les justes des mauvais.

Dans
l’ANCIEN TESTAMENT, on parle pour la première fois de s’éveiller du séjour des morts selon ses mérites seulement ±160 ans avant Jésus-Christ.  Nous trouvons cette toute nouvelle conception de " la vie après la mort " ; où les bons auront la vie éternelle ( première allusion à la résurrection ), et les autres l’horreur éternelle, dans le livre de Daniel 12,2.

C
’est que suite aux persécutions grecques ( les 2 livres des Maccabées), les juifs vont entrer en questionnement :

Dieu est-il juste ? Pour eux, il n’y a qu’une vie avant la mort et les justes ne sont pas heureux sur cette terre ; ils sont persécutés !  Les martyrs seraient-ils plus fidèles à Dieu en mourant pour lui, que Dieu ne puisse l’être pour les hommes en les abandonnant à leurs souffrances et à leur mort ?  Ce n’est pas possible, pensent-ils, il doit y avoir de la part de Dieu une justice, quelque chose après la mort.  Le peuple va ainsi prendre peu à peu conscience de la permanence de l’amour de leur Dieu. (2 Mac 7, 6,9,11,14,23 )

Pour cela :
- ils se souviennent du 2e Isaïe et du serviteur souffrant (53, 1-12)
- ils imaginent que si Dieu a une capacité de recréation, la mort ne sera pas une simple cassure. Dieu transfigurera, transformera, recréera leur vie.
- ils se rappellent que Dieu a su " re-susciter " son peuple au Sinaï, que Dieu a su " re-susciter " son peuple en Exil et pensent que de même Dieu pourra " re-susciter " l’homme après sa mort.
- ils n’imaginent sans doute pas une résurrection de la chair, mais une continuité dans la relation de l’homme à Dieu (2Mac7, 23)

Les Juifs du NOUVEAU TESTAMENT sont héritiers de ce concept de résurrection créé par leurs ancêtres, seuls les Sadducéens ne croient pas que les morts reviendront à la vie.  Cette conception de vie éternelle ou de damnation éternelle va se développer sous la plume des auteurs du N.T., selon leur personnalité propre.  Il faut toutefois remarquer que les allusions à un jugement sont peu nombreuses par rapport à l’ensemble de l’œuvre.

Matthieu me semble être le plus répressif des trois synoptiques dans les images de jugement qu’il présente, Jean insiste davantage sur l’image du feu purificateur, tandis que Paul suggère une destruction des méchants.  Tous s’expriment par des images ; le feu qui ne s’éteint pas, la souffrance corporelle (mains, pieds, yeux ), pleurs et grincements de dents, l’ivraie, les poissons rejetés, le convive non revêtu de la robe nuptiale, et par opposition des images pour illustrer l’espérance d’une vie éternelle bienheureuse.  L’image même du ciel est la première et désigne comme dans l’A.T. « la demeure de Dieu », viennent aussi, des images de repas et du festin des noces. Cependant, dans de nombreux passages du N.T., la vie éternelle n’est pas seulement l’objet d’une espérance pour l’au-delà, mais se trouve déjà anticipée pour tous ceux qui ont part au règne de Dieu
² Nous savons que nous sommes passés de la mort dans la vie, puisque nous aimons nos frères² (1 Jn 3, 14).

Durant les trois premiers siècles
, la littérature apocalyptique et apocryphe, reflet du sentiment populaire, insiste surtout sur les supplices de l’enfer pour tous ceux qui ont centré leur vie sur leur propre personne, en opposition avec la morale chrétienne de l’oubli de soi, de l’humilité poussée jusqu’au renoncement. " N’y a-t-il pas dans l’évidente jouissance qu’éprouve cette littérature à étaler les supplices un exutoire symbolique au désir d’affirmation de soi réprouvé par les pratiques chrétiennes "(G.MINOIS).

DU IIIe AU Ve SIECLE, les Pères de l’Eglise vont élaborer toute une théologie concernant le jugement en matérialisant les images bibliques.  Toute une série de questions seront âprement discutées ; quand aura-t-il lieu ?  Où iront les morts en attendant la fin du monde ?  Quelles seront la nature et la durée des peines ?  Concernant ces dernières ; certains heureusement pensent déjà que le feu et les vers ne sont que des allégories : c’est le cas de Clément d’Alexandrie et surtout d’Origène, puis de saint Ambroise, pour qui le feu n’est que l’image du remord devant la conscience. Beaucoup de libres penseurs chrétiens penseront sans doute ainsi !


Au sujet de la durée des peines, deux courants s’affrontent.  L’idée d’Origène me séduit à nouveau ;  " Il soutient la doctrine de l’apocatastase, c’est-à-dire de la restauration universelle de toutes choses dans leur état premier, purement spirituel.  Origène considère l’histoire de l’univers comme un gigantesque déploiement à partir de la création, suivi par un repliement rejoignant la situation de départ. Tout reviendra dans sa situation d’origine au sein du bien suprême, Dieu.  Chacun retrouvera sa pureté originelle soutiennent avec Origène, saint Ambroise, Didyme l’Aveugle, Grégoire de Nysse "(G.MINOIS)M
ais l’Eglise écartera l’idée de l’apocatastase au profit du courant rigoriste qui proclame l’éternité des peines infernales.   " Là, plus de pardon ; il faudra toujours demeurer au milieu de tourments et de douleurs inexprimables " écrit Jean Chrysostome.  Il sera suivi par saint Augustin et plus tard encore par Thomas d’Aquin.  Ceux-ci qui ne voient dans le jugement qu’une œuvre de justice donnent de Dieu une image si impitoyable qu’elle est indigne de celui dont l’essence révélée par Jésus est l’AMOUR.

A PARTIR DU XIIe siècle, l’Eglise inventera le purgatoire, qui n’est ni biblique, ni d’usage universel dans le Christianisme. Ce terme désigne l’état ou se trouvent les âmes des défunts qui ne sont ni susceptibles d’entrer immédiatement dans la vision de Dieu, ni destinés à la condamnation sans appel de l’enfer. De cette construction théologique découlera rapidement tout un système de comptabilité des péchés doublé d’indulgences qui permet de réduire les peines de l’au-delà par des prières et des dons. Apparaît aussi à cette époque la distinction entre péchés véniels (purgatoire) et péchés mortels (enfer.)

Les sermons du
XVIIe siècle aggravent encore la rigueur des peines.  Malgré quelques adoucissements sous Pie IX, au milieu du XIXe siècle, le concile de Vatican I réaffirme que, sans la foi et l’Eglise, la damnation est inéluctable.  Ce n’est que depuis le concile de Vatican II, dans les années 1960, que l’Eglise catholique a enfin rééquilibré l’image du jugement, en insistant davantage sur l’amour et la miséricorde. Toutefois en 1992, le Catéchisme de l’Eglise Catholique reprend les affirmations dogmatiques du c redo dit de Damase (Ve s) pour les faire siennes à son tour sans affirmer avec force le caractère métaphorique du feu éternel : " L’enseignement de l’Eglise affirme l’existence de l’enfer et de son éternité. Les âmes de ceux qui meurent en état de péché mortel descendent immédiatement après la mort dans les enfers où elles subissent les peines de l’enfer, le feu éternel "(n°1035)

De nos jours les historiens Delumeau (1983) et Minois (1991 et 1994) stigmatisent sans peine ces excès qui ont plus discrédité la foi que formé des cœurs vraiment chrétiens, qui ont contribué à créer un monde culturel vidé de Dieu par défiguration de son vrai visage.

Pour R. Bultmann, la vie éternelle n’est pas liée à un lieu ou à un temps futur : elle est une qualité de l’être chrétien.  Celui qui vit de la foi au Christ est déjà mort et ressuscité ( cf. Col 2, 12 : "  Vous êtes ressuscités avec le Christ en lui et par lui " ). Et sans nier une vie éternelle après la mort, P. Tillich estime qu’il s’agit d’une réalité indicible : l’immortalité de l’âme, la résurrection des corps et l’expression audacieuse de " corps spirituel ", tout cela fournirait un ensemble de symboles permettant de l’évoquer, mais rien de plus.

Pour ma part,  aujourd’hui,  en toute franchise et liberté, je répéterai que je ne sais rien de la Vie après la mort. Que je n’ai la certitude de rien, mais l’espérance d’entrer dans la Connaissance.

Par ailleurs, le Dieu dont me parle Jésus aime l’homme à la folie. Je pense alors qu’il pourrait déceler ² la pureté originelle² qui est en chaque homme au moment de sa naissance et de le ramener à lui pour le guérir.  Pour moi ce serait çà la victoire de Dieu sur la mort. Alors nous pourrions enfin dire en vérité : " l’AMOUR (Dieu) est plus fort que la MORT (le mal) "  Et, peut-être qu’en prime nous pourrions comprendre la finalité du genre humain, le pourquoi de la souffrance et de la mort sur cette planète !

En attendant, je prends les images du nouveau testament pour ce qu’elles sont : des images.  Je sais très bien que lorsque je vis le non-amour, je vis l’enfer, je m’ y place moi-même. Je sais aussi que les paroles de Jésus mises en pratique parfois avec beaucoup de difficulté me permettent de vivre  de temps à autres les Joies du Royaume ici et maintenant.

Christiane Van den Meersschaut - Janssens.
 

 

 

 

 

 

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Vendredi 11 avril 2008
" L'idée que l'ordre et la précision de l'univers, dans ses aspects innombrables, seraient le résultat d'un hasard aveugle est aussi peu crédible que si, après l'explosion d'une imprimerie, tous les caractères retombaient par terre dans l'ordre d'un dictionnaire "

Albert Einstein
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Mercredi 2 avril 2008

La Libre pensée chrétienne est un grand défi, mais qui en vaut la peine ! Car l’enjeu est de favoriser un peu plus de liberté de pensée dans l’Eglise catholique ! Qu’elle en manque beaucoup me paraît évident, et j’illustrerai ce fait par un seul exemple récent : l’intervention du cardinal Levada (successeur du cardinal Ratzinger à la tête de la Congrégation de la doctrine de la foi) auprès des évêques belges à propos de deux numéros (n° 6 et 8 de 2006) de « Pièces à conviction » édités par le Conseil interdiocésain des laïcs (C.I.L.).

Le
cardinal Levada s’en prend d’une part à deux articles du P. Ignace Berten, O.P. : « Les solutions prônées par l’auteur quant aux conditions de crédibilité du discours de l’Eglise au cœur d’un monde pluraliste, contrastent de manière évidente avec les principes du Magistère ».

Le deuxième reproche concerne, dans le n° 8 de la publication du C.I.L., certains propos sur l’euthanasie, le statut de l’embryon et le relativisme moral, jugés « incompatibles avec la doctrine de l’Eglise ». « Ces attitudes de dissension envers le Magistère étant en net contraste avec l’identité catholique, …notre Congrégation vous prie (le cardinal Danneels) de bien vouloir intervenir auprès des responsables de cette institution (le C.I.L.), afin que leurs initiatives ainsi que leurs publications soient plus en consonance avec la doctrine de l’Eglise ». (*)


Le
message est très clair : le cardinal, en tant que président des évêques belges, n’est même pas consulté, il est prié d’intervenir. Il s’agit que les laïcs comme les théologiens s’abstiennent de toute position qui « contraste » ou « n’est pas en consonance » avec la doctrine de « l’Eglise » (en fait, des fonctionnaires actuels de la Curie romaine).


Le
désaccord porte justement sur la question de la liberté de pensée dans l’Eglise catholique, dans le contexte d’une société pluraliste :


« Comment ferons-nous pour vivre avec d’autres, adhérant à d’autres principes, comment affronterons-nous avec eux les défis et les enjeux très concrets qui nous interpellent tous, écrivait le président du C.I.L., Paul Löwenthal, si l’on nous oblige à « rejeter, sans égard pour les convictions et les besoins d’autrui, ce qui ne correspond
pas rigoureusement à la « vue » catholique proposée par le magistère ? » « Le pape peut-il, sans la nier, soumettre notre liberté à une doctrine unique et contraignante » déclarée « doctrine juste de la vraie foi par le magistère authentique » ?(p.37-38 du n° 8).


Le
C.I.L., dans un cri d’alarme qu’il avait demandé au nonce de transmettre à Rome le 20-8-07, suite à une série d’interventions controversables de la curie, avait déclaré : « Il nous paraît urgent que les autorités catholiques reconnaissent la légitimité de la réflexion et de l’action des chrétiens qui se savent et se veulent co-responsables de leur Eglise et du monde et qu’elles veillent, plutôt qu’à enfermer les esprits dans une orthodoxie, à inciter les chrétiens à réfléchir ensemble au sens et à l’effet de leurs actes et qu’elles veillent, comme le Christ, à mettre les fidèles debout, responsables dans la charité ».

"La
question, écrit le conseiller théologique du C.I.L., Michel Kesteman, est celle de la place donnée à la liberté de penser. Mais je pense que certains continuent à considérer que le rôle des chrétiens – prêtres ou laïcs – est uniquement de répéter ou, à la limite, de traduire, la parole donnée. C’est un peu la même chose dans certaines entreprises où on dit aux employés : ‘tu penses ce que tu veux, mais tu ne le dis pas et surtout tu ne l’écris pas " (L’Appel n°303 de janvier 2008, p.12)

Aux
yeux du Vatican, oser émettre des vues différentes des siennes, voire contester ces dernières, c’est inacceptable, car :

1.     
" SeuleSeule l’Eglise catholique romaine possède en plénitude la vérité chrétienne " (**)
2.      " L’Eglise » est réduite au « Magistère "
3.      Le magistère est réduit en fait au pape et la curie romaine.

Comme le
font remarquer quatre théologiens prenant la défense d’Ignace Berten dans La Libre Belgique du 16-11-07, « A nouveau des mises en garde, des condamnations sont adressées à des théologiens dont on ne peut pas suspecter la foi ni l’amour de l’Eglise. Mais ils ont le grand tort de prendre le risque de se confronter aux défis d’aujourd'hui et d’oser des paroles neuves face aux questions nouvelles. Le Père Congar écrivait : « Le tragique de la situation actuelle et de la manière dont s’exerce concrètement le magistère, c’est que ce magistère exprime, avec l’autorité du magistère catholique, des positions d’école théologique ». (« Rome : l’histoire se répète » par A. Dermience, E. Mayence, P. Tihon, J. Vermeylen. L’article est repris par le « Réseau Résistances » dans la revue HLM n°110 de déc. 2007).


Ces
théologiens y énumèrent une série (non exhaustive !) de théologiens qui ont été suspectés ou condamnés par Rome, dont le tort commun a été de prendre à bras le corps les questions nouvelles de leur temps. Par après, la plupart ont été réhabilités et même parfois nommés cardinaux… Mais en attendant, ces hommes ont été fortement meurtris, comme Jacques Gaillot (parlant d’expérience !) l’a dit à propos de Jacques Vallery : « Comment a-t-on pu à ce point faire souffrir cet homme ? ».


Un jésuite espagnol de renom, José Maria Castillo, vient de quitter la prêtrise suite
à une série de pressions, comme jadis Leonardo Boff. « Je vois que, dans l’état où se trouve actuellement l’Eglise, nous sommes piégés, contrôlés, censurés en une institution dominée par la Curie romaine et qu’il n’est pas possible de jouir de la liberté indispensable pour faire connaître Jésus ». Car son message est une bonne nouvelle de liberté et d’égalité.


On
ne méditera jamais assez cette parole de Jésus : « (Les scribes et les pharisiens) qui siègent dans la chaire de Moïse [c-à-d. les autorités religieuses officielles] aiment à s’entendre appeler « Maître » par les gens. Pour vous, ne vous faites pas appeler « Maître », car vous n’avez qu’un seul Maître et vous êtes tous frères… » (Mt, 23, 7-8). Cette parole ne signe-t-elle pas la révolution religieuse voulue par Jésus, son refus d’un magistère se prétendant au-dessus du peuple où tous sont des frères égaux en dignité ? Jésus nous invite à n’avoir comme référence suprême que notre Maître intérieur, l’Esprit saint qui est un Esprit de liberté. Et ceci peut même nous enjoindre de nous opposer à ceux qui veulent prendre la place de ce Maître unique. « L’homme doit suivre sa conscience, même si elle se trompe » (pour peu qu’elle soit formée et informée), affirmait St Thomas d’Aquin.

Dans
une longue méditation sur l’épisode johannique de la Samaritaine, Frédéric Lenoir, dans l’épilogue de son dernier livre « Le Christ philosophe » (Plon, 2007), commente la parole de Jésus : « L’heure vient où ce n’est plus sur le mont Garizim, ni à Jérusalem que vous adorerez le Père…les vrais adorateurs adoreront en esprit et en vérité… car Dieu est esprit » (Jn 4, 21-24). Commentaire de Fr. Lenoir : « Au-delà de la diversité des cultures religieuses, ce qui compte c’est la vérité de la relation à Dieu. Jésus fait exploser l’exclusivisme religieux et sape le discours légitimateur de toute tradition religieuse : sa prétention à être au centre, une voie obligée de salut » (p.281). Malheureusement, « les chrétiens sont vite revenus à une attitude religieuse classique et se sont redonné un centre, Rome pour l’Occident, Constantinople pour l’Orient, et ils ont remis l’individu sous la coupe du groupe, de la tradition… qui apporte à l’homme la sécurité d’une vérité unique, d’une morale intangible » (p. 285). Or, l’être humain préfère souvent la sécurité à la liberté, à cette liberté intérieure qui nous rend autonomes, mais aussi responsables envers autrui.


En effet
, la « vérité qui libère » est celle de l’amour : « tout homme qui agit de manière vraie et aimante est relié à Dieu » et « aucune médiation humaine, aucun geste sacrificiel, aucune institution n’est indispensable pour permettre à l’homme de vivre de sa grâce » (288-289). Mais « il est très difficile pour un homme religieux d’admettre que la religion à laquelle il appartient n’est pas dépositaire de la vérité… Un croyant a besoin de croire que le lieu où s’incarne sa foi est le seul vrai, au pire le meilleur. C’est très humain. Or chaque religion restera toujours liée à un espace particulier, c-à-d. à une culture humaine » (290-291).

De
telles réflexions nous permettent de ne pas considérer comme seulement négative la crise actuelle des religions, car elles sont en fait poussées à dépasser leurs prétentions pour entrer dans des perspectives plus spirituelles, une religion de l’amour. Et les Eglises sont invitées à retrouver le véritable message de Jésus.

Le
raidissement actuel des religions n’est-il pas le signe avant-coureur d’une grande mutation de l’esprit religieux, dont témoigne en particulier toute une jeunesse qui s’en fiche royalement des encycliques et autres discours venant de Rome, mais recherche une vérité de vie, une sagesse et un idéal universels, au-delà de tout appareil religieux, de tout magistère. Cette recherche est une vraie « bonne nouvelle » : on retrouve une foi intérieure, libérée de la Loi, c-à-d. des lois et des dogmes, fussent-ils chrétiens. On comprend qu’ils ne sont que des moyens au service d’une fin plus haute : l’amour.

La
liberté individuelle, objectera-t-on peut-être, risque de mener aux divisions, comme on le constate chez les protestants évangéliques. La force de l’Eglise catholique ne réside-t-elle pas dans l’unité de vue de tous à partir de celui qui a été élu au sommet ? La question n’est pas de rejeter toute autorité humaine, tout dogme ou loi ecclésiastique, mais de maintenir que tout cela n’est que moyens relatifs à la fin. Absolutiser les moyens, c’est à coup sûr manquer la fin, car la fin ultime est Dieu même, l’Insaisissable. Prétendre posséder la vérité, c’est tomber dans l’idolâtrie.

La
vision pyramidale de l’Eglise est tout à fait contraire à l’esprit de Jésus et à la fraternité qu’il voulait promouvoir, où tous sont égaux et doivent s’écouter sans aucune prétention de certains d’être plus proches de la Vérité, c-à-d. de Dieu. Cet idéal de démocratie réelle est certainement très élevé et difficile à atteindre, comme tout l’évangile, mais ceux qui se contentent de répéter simplement « l’Eglise n’est pas une démocratie », risquent de renoncer par là à poursuivre cet idéal et choisissent alors d’en rester à une religion classique que Jésus est venu renverser. Revenons à l’esprit qui animait un Jean XXIII ! Jésus ne rejette pas l’idée d’une autorité dans l’Eglise, mais il refuse qu’on l’exerce comme une domination sur les autres, comme le font les grands de ce monde « qui les tiennent sous leur pouvoir » (Mc 10,42), « se comportent en seigneurs » (Lc 22,25) : « Il ne doit pas en être ainsi parmi vous. Au contraire, si quelqu'un veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur » (Mt. 20, 25-27). (***)

(*)  Ici et plus loin, c’est moi qui souligne.

(**)(**)Une telle conception, affirmée dans Dominus Jesus et reprise dans une déclaration du pape le 10 juillet dernier, a jeté un grand froid dans le mouvement œcuménique, mais aussi au-delà du monde chrétien.

(***) J’ai développé cette idée dans un article « Quel salut pour notre Eglise ? » paru le 12-8-07 sur le site de Paves : http://www.paves-reseau.be/revue.php?archives=tdm

 

Philippe de Briey

 

 

 

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Lundi 24 mars 2008
Autres traversées, autres passages, autres Pâques !

Jésus pour revenir du territoire des Géraséniens, dans la décapole païenne, doit traverser le lac, il doit passer sur l'autre rive. 

Arrive Jaïre, un chef de la synagogue.  Il vient appeler Jésus : " Viens vite imposer tes mains."  C'est que sa petite fille est en train de passer sur l'autre rive.  Elle qui devient pubère, elle qui va pouvoir donner la vie..... elle est à toute extrémité !

Jésus se met en marche tandis qu'une foule nombreuse l'accompagne.  Une femme est là, sur un chemin de traverse.  Elle à des pertes de sang depuis 12 ans et se meurt parce que personne ne peut vaincre son mal.  Elle voit en Jésus un "éveilleur" et se décide à traverser la foule dans l'espoir de le toucher. 

Ce n'est pas chose simple que cette traversée.  Depuis 12 ans, elle est rejetée par tous.  Sa maladie la rend impure.  Pour les contemporains de Jésus, comme pour les juifs pieux d'aujourd'hui encore le Lévitique (15-19) donne des lois précises à ce sujet.  La loi lui interdit de toucher un autre ou de se laisser toucher.  Elle est donc morte pour les autres, elle n'est plus en relation, en communication.  Elle doit se tenir à distance, à l'écart.Elle doit vivre comme une lépreuse. Elle est la lépreuse de le Loi !  Si elle transgresse cette Loi, on a le droit de la lapider. 

Et pourtant, elle pense que cet homme, Jésus, pourrait se laisser toucher par elle, elle veut passer vers celui qui donne la vie, entrer en relation avec lui. 

Mais, à côté de Jésus, se trouve un chef de synagogue, un gardien de la Loi.  Celui qui fait croire à la femme que Dieu, la Loi, la foule, tout est contre elle.  Celui qui fait croire à la foule que cette femme n'a pas sa place parmi les purs.  Mais la confiance de la femme est grande, elle veut passer vers l'autre rive, même si pour cela il faut transgresser la Loi.  Pourquoi ne risquerait-elle pas sa vie, elle qui est déjà morte ? 

Cependant le regard et le discours des autres qui la condamnent depuis 12 ans, l'empêchent de venir face à Jésus.  Par honte et culpabilité elle n'ose l'approcher que par derrière !  Comme on comprend que lorsque Jésus se retourne et demande : " Qui m'a touché ? ", la malheureuse se jette à ses pieds craintive et tremblante. 

Comment, mais comment savoir quelle est la personne qui a touché Jésus, alors que celui-ci est serré, étouffé, bousculé par la foule ?  Jésus, lui, demande à cette personne de prendre identité, de s'éveiller, de se nommer devant tous, le chef de la synagogue et la foule.  Il faut qu'elle se nomme pour retrouver sa dignité, pour passer sur la rive de la vie, pour ressusciter.  En même temps, Jésus donne à la foule la capacité de la reconnaître, il leur signifie qu'elle n'est pas impure aux yeux de Dieu.  Il l'appelle " ma fille" elle est donc "du père" ( sinon de le Loi) et ainsi ils peuvent la reconnaître comme "soeur".  

Pour la faire vivre, il faut renouer la relation avec elle. 

Jésus reçoit autant qu'il donne.  Quelle confiance en lui avait cette femme pour braver les interdits, pour traverser la foule, pour passer au-dessus de la loi et renaître avec Jésus dans l'amour de Dieu.  Mais comme nous dit Adolphe GESCHE " La foi en Dieu, n'a de sens que si elle me donne la foi en moi"

Jésus s'est d'abord occupé de la femme bannie par la Loi, par l'intouchable qui le touche timidement, mais l'émeut au plus profond de son coeur.  Ensuite, seulement, viendra le tour du légiste, de celui qui a la connaissance et qui demande une intervention puissante et pourquoi pas magique : " viens imposer

Jésus se remet en marche  pour arriver à la maison du chef de la synagogue.  Il y trouve des gens emmurés, enfermés dans leurs cris et leurs pleurs comme dans un tombeau.  Il les fait sortir, il les pousse dehors, il les fait passer vers la lumière.  Lui, il passe à l'intérieur avec ceux qui ont confiance en ses paroles de vie, Pierre, Jean, Jacques, le père mais aussi la mère de l'enfant.  Il donne une juste place à la femme, elle qui n'a pas sa juste place à la synagogue.  Il met la mère, la femme, en égalité avec le père, l'homme, face à la vie, alors qu'ils ne le sont pas face à la Loi.  Et l'homme de la Loi, ce chef de la synagogue, voit alors que jésus n'impose pas les mains mais prend la main de l'enfant pour la mettre debout, pour la mettre en marche.  Il lui dit : " Eveille-toi, lève-toi fillette " toi qui dors, ne te laisse pas dominer par la Loi.  Je te donne la vie.  Tu es du Père, fillette.  Ensuite, il demande qu'on lui donne à manger.  Manger : signe qu'elle est bien vivante, mais aussi, signe de relation aux autres.  Il ne faut pas fillette, ne te nourrir que des idées de la Loi, il faut aussi entrer en relation. 

En regardant Jésus oeuvrer de la sorte, Jaïre pourra certainement mieux comprendre le sens de son propre nom " Dieu éclaire".  A son tour, pourra-t-il saisir la main de sa femme pour qu'ensemble ils puissent prendre la main de leur fille, lui secouer l'esprit et le coeur, l'éveiller à l'Amour, à la défense du plus petit, du pauvre, du rejeté ?

Aujourd'hui encore, il est insupportable de voir le sort que l'Eglise réserve à certains.  Comment la hiérarchie peut-elle juger qu'un homme, une femme n'est pas digne de Dieu et lui refuser pour cela les sacrements ?  Jésus ne nous dit-il pas qu'il est venu pour les malades, ceux qui sont humiliés par leur passé, ceux qui sont rongés par une culpabilité enfermante, tous les blessés du corps et de l'âme ?  Comment des hommes se réclamant héritiers du Christ peuvent-ils mépriser la femme au point de ne pas lui donner sa juste place dans l'Eglise ?  Jésus ne nous montre-t-il pas la grande place qu'il accorde aux femmes malgré tous les préjugés de sa culture ?

Mais aujourd'hui nous sommes heureux de voir des " Jacques Gaillot " comme d'autres, qui oeuvrent au milieu des plus démunis.  Nous nous réjouissons de voir nos églises s'ouvrir aux sans papiers.  Tous sont fils et filles du Père.  Nous qui sommes Eglise, qui nous disons héritiers de Jésus, les considérons-nous vraiment comme nos frères et soeurs ?  Nous faut-il encore faire du chemin, traverser, passer sur l'autre rive pour qu'ensemble nous puissions chanter la Pâque ?

Christiane Janssens - Van den Meersschaut.
par Libre pensée chrétienne publié dans : commentaires d'évangiles
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