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Samedi 5 mai 2012 6 05 /05 /Mai /2012 10:36

La lutte pour l'avenir du XXI siècle, à mon avis, ne se jouera pas comme on pourrait le croire entre les religieux d'un côté et les rationalistes de l'autre.  Il se jouera plutôt entre les religieux d'une part et les spirituels de l'autre.  Entre les croyants prêts à admettre sans discussion ce que les religions leur disent de croire, et les hommes qui assumeront avec intellignece la rigueur d'une démarche de foi.  Entre ceux qui accepterons de s'aliéner à une structure institutionnalisée et hiérarchisée, et ceux qui mèneront jusqu'au bout la démarche personnelle et libératrice de l'affrontement au réel et de la sagesse qui en découle.

 

Bernard Besret "Confiteor" Albin Michel 1991 - p209

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Mardi 27 mars 2012 2 27 /03 /Mars /2012 12:11

" Il n'est pas de chemin plus rapide pour approcher Dieu

que de veiller à l'épanouissement de sa plus belle créature, l'Homme"

 

Malek Chebel

 " Manifeste pour un Islam des Lumières"

27 propositions pour réformer l'Islam

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Lundi 12 mars 2012 1 12 /03 /Mars /2012 18:58

Le terme d’irréformabilité n’existe sans doute pas au dictionnaire, tant nos contemporains sont persuadés que tout, en philosophie comme en politique, est susceptible de progrès, de changement, d’évolution, en un mot, de réforme. Et pourtant…l’Eglise catholique (kata tên olên gên) qui a normalement l’ambition de s’étendre à toute la planète Terre, reste terriblement figée, hostile à toute adaptation, parfois même à toute réflexion, ce qui finalement la confine à un nombre restreint d’adeptes, de fidèles qui, passivement, vont jusqu’à s’interdire toute divergence d’idées,  toute forme de recherche même.

 

Ils sont nombreux ceux qui, cependant, s’y sont tout de même essayé. Tout au long de l’histoire du christianisme, il n’a pas manqué d’hommes courageux, déterminés, pour dire tout haut, sur un mode prophétique, ce qu’un certain nombre pensait tout bas, une critique pertinente de la façon dont une doctrine s’installait, s’affirmait, souvent s’imposait, ou dont une pratique s’instaurait, parfois radicalement opposée aux principes évangéliques énoncés par Jésus. Depuis Ebion au Ier siècle, Montan au IIe, et Arius au IVe, c’est une foule de théologiens, de philosophes, de pasteurs ou simplement de chercheurs, qui se sont fait condamner, parfois conduire au bûcher par charrettes entières, habituellement parce qu’ils avaient agi selon leur conscience. L’hérésie c’est bien souvent un sursaut d’honnêteté, un réflexe de vérité, une lueur d’intelligence. On a brûlé Jeanne d’Arc, mais aussi Savonarole et Giordano Bruno. On a condamné Galilée, Luther, Calvin, mais on a soigneusement mis à l’écart aussi, et plus récemment, Hans Kung, Eugen Drewerman et Jacques Gaillot, pour n’en citer que quelques-uns. On a inventé l’Inquisition, machine à exterminer les Juifs, les Maures, les Cathares, les Albigeois, les Vaudois, les Hussites, les Protestants, les Gueux, les supposées sorcières…Derrière ce « on », c’est toute une hiérarchie qui se cache : une imposante échelle de gens en place, à tous les niveaux, constamment préoccupés de mettre des barrières pour sauvegarder leurs privilèges. La réforme pour eux, il est vrai, ce serait la remise en question, l’insécurité, la porte ouverte à l’incongru, au hasardeux, au péché sous toutes ses formes. On ne peut bien sûr pas l’envisager.

 

L’Eglise catholique s’est rendue irréformable d’abord par sa constitution dogmatique. Le dogme catholique est une définition radicale, absolue, permanente et indiscutable. C’est là sa pauvreté, proche bien souvent de la stupidité. La vérité des hommes ne se livre jamais de cette façon, mais par touches progressives, relatives, soumises à la critique, à la recherche et au perfectionnement.  Le dogme entraîne l’anathème. C’est la condamnation morale, mais aussi physique à l’occasion, de quiconque s’attribue le droit de contester. C’est une démarche qui va à l’encontre du processus évangélique. Jésus ne jugeait pas, ne condamnait surtout pas. Il critiquait les lois et contestait les pratiques du Temple. Il prenait en considération ce que chacun avait dans le cœur et l’esprit. La démarche de Jésus était essentiellement personnelle et relative. Son message, accordant la préférence au pauvre et au petit, renversait beaucoup de préjugés. Ce n’est plus, dira-t-il, (Jn IV,21-23) au temple de Jérusalem, ni sur le mont Garizim qu’il faut adorer Yahwé, mais en esprit et en vérité, c’est-à-dire au cœur de chacun.

 

L’Eglise catholique s’est rendue irréformable par son droit canon qui s’est enrichi de concile en concile. Le premier d’entre eux, à Nicée en Turquie, en 325, fut bien plus l’œuvre de l’empereur Constantin que celle des évêques. L’empereur avait assisté consterné depuis un certain temps à la déglingue totale des religions grecque et romaine. Il voulait donc les remplacer par un nouveau courant philosophique, poussé par un succès populaire évident et une volonté de s’étendre à toute la terre. Il voulait donc que son fondateur soit reconnu comme dieu et remplace tous ceux-là qui étaient devenus obsolètes. Eusèbe de Césarée raconte comment, au banquet  qu’il avait offert aux membres du concile, il allait de table en table pour persuader les évêques de voter la divinité de Jésus et la condamnation d’Arius, avec privilèges et nominations à la clé, car les évêques allaient ainsi pratiquement devenir l’équivalent des préfets. Le pape, Sylvestre Ier, homme de grande clairvoyance, n’y était d’ailleurs pas ; il n’avait pas voulu quitter Rome, refusant cette mainmise évidente de l’empereur sur l’Eglise. C’est pourtant là que fut défini le fameux symbole de Nicée, complété plus tard à Constantinople, toujours en Turquie, pour devenir le Credo des chrétiens !

 

L’Eglise catholique ne peut pas être réformée. Pour réussir l’aggiornamento dont Jean XXIII avait rêvé, il aurait fallu d’abord détricoter pratiquement tous les conciles précédents. Les dogmes sont en fait des diktats ou des oukases, ils ne laissent aucune place aux adaptations ni à la critique. La cerise sur le gâteau, ou si l’on préfère le pompon sur la barrette, fut bien, à Vatican I, en 1870, la proclamation de l’infaillibilité pontificale. En principe, il n’y aurait plus jamais dû y avoir de concile, puisque désormais la parole du Pape suffisait, et le Vatican d’aujourd’hui reste largement  persuadé que le dernier concile fut en ce sens une erreur. Il n’est en tout cas plus question de renouveler l’expérience, même si quelques progressistes y pensent ou en rêvent encore. D’ailleurs, le progressisme, s’il n’est pas tout à fait mort est en tout cas mis hors d’état de nuire. Les prises de position rétrogrades en matière de morale ont bloqué toute évolution dans ce domaine. La hiérarchie de l’Eglise catholique n’hésite pas actuellement à s’attaquer aux divorcés et aux homosexuels, aux universités qui poussent la recherche en biologie embryonnaire, aux médecins qui pratiquent l’avortement, aux jeunes qui se protègent du sida, à l’euthanasie. Et ces attaques sont de plus en plus largement ressenties comme des abus de pouvoir par l’ensemble de la population. D’où les départs, les abandons, le recul, la méfiance, le désespoir parfois, de beaucoup…

 

En Belgique, la Cour des comptes, dans son dernier rapport, a fait apparaître ce qu’on peut considérer comme le déclin de l’Eglise catholique : en 10 ans, les prêtres actifs (rémunérés par l’Etat) sont passés de 3.562 à 2.709. Mais la désaffection a commencé bien plus tôt. Il y a 40 ans, il y avait encore environ 10.000 prêtres catholiques en Belgique, et pratiquement tous les diocèses ont perdu les ¾ de leur effectif sacerdotal durant ce laps de temps. De quoi se poser des questions, non… ? Actuellement, vivent en Belgique plus de « prêtres out » que de « prêtres in », c’est-à-dire plus de prêtres qui ont quitté les structures parce qu’ils se sont mariés, qu’ils ont été exclus ou ont pris leur liberté, que de prêtres toujours en fonction pastorale. Cela ne durera qu’un certain temps car la moyenne d’âge est importante. Ce sont souvent les progressistes qui sont partis, ceux qu’on aurait pu considérer comme les forces vives, ceux qui avaient une parole prophétique à apporter, des gestes décisifs à poser, en quelque sorte l’espoir et l’avenir de l’Eglise. Apparemment, les pédophiles sont restés.

 

Aucun changement important ne peut être envisagé, car Benoît XVI exclut toute forme de « relativisme », ignorant volontairement que le christianisme s’inscrit entièrement dans le relatif et non dans l’absolu, car la vie des hommes et des femmes se déroule dans le relatif, et c’est au relatif des gens qu’il rencontrait, que Jésus s’adressait. « Si au moment de présenter ton offrande à l’autel, tu te rappelles que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande et va d’abord te réconcilier avec ton frère… » L’appréciation des prêtres, des lévites et des scribes faite par Jésus est tout à fait significative : « ils chargent sur les épaules des gens des fardeaux qu’ils se refusent à porter eux-mêmes », et on peut légitimement se demander ce qu’il dirait aujourd’hui du grand prêtre qui officie comme archevêque à Malines.

 

L’Eglise catholique ne peut pas être réformée, car depuis longtemps, dans cette hiérarchie qui ressemble de plus en plus, chez nous, à l’armée mexicaine de jadis (beaucoup de généraux et très peu de soldats), la plupart des nominations (et d’ailleurs des canonisations !) ont été faites dans le même sens : celui du conservatisme, de la tradition, ou même de l’intégrisme. Il est trop tard pour songer à réformer l’Eglise catholique, elle se transforme maintenant, lentement mais sûrement, en secte religieuse, et l’action des charismatiques de toute espèce et de tout poil semble accentuer d’avantage ce mouvement et cette orientation.

 

L’Eglise catholique ne va pas nécessairement mourir, mais on sera obligé de faire de plus en plus la distinction entre elle et le christianisme. Car, au fond, le christianisme n’est pas une religion, c’est un message, une sagesse de vie, une vraie philosophie qui illumine la vie des hommes. Jésus n’a pas vraiment voulu une Eglise, rappelez-vous, il avait horreur du sacré, des sacrifices, du commerce du temple, des rites…Alors tout est à revoir, mais c’est une autre histoire, et même une aventure…

                                                                                                                                 Jacques MEURICE

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Vendredi 9 mars 2012 5 09 /03 /Mars /2012 18:48

SOMMAIRE   17/2011    

 

2.  Éditorial - Herman Van den Meersschaut    

 3.  Le mot d'André Verheyen

 4.  La prière – John Shelby Spongt

 5.  Prier Dieu ou se laisser prier ? - Jacques Musset

 9.  Prier ? Pourquoi ? Qui ou quoi ? Comment ? Pour quoi ?  Alain Dupuis

14. Parler à Dieu, entendre Dieu - Marcel Légaut

15. Index thématique des principaux sujets traités dans le trimestriel LPC de 2008 à 2011

19. Une approche de la prière - Charles Vandenhove

20. Prier…quand Dieu n'est plus aux cieux - John Shelby Spong

21. Et " Dieu" leur répondit - Roger Parmentier

22. Invitation à la liberté de la relation : le Notre Père - Antoine Harmant

23. Quelques livres…

                 - Entre toutes les femmes de Mannick et Gabriel Ringlet.  Éd. Desclée de Brouwer (2011)      

                 -  Paroles de chrétiens en terres d’Asie de Maurice Cheza avec la collaboration de Jacques

                    Briard et John Borremans  Éd.Afom-Karthala (2011)

24. Échos des rencontres - Christiane Janssens-Van den Meersschaut

                  - Mt 2,13-23 La  fuite en Égypte, le massacre des enfants, le retour d'Égypte

                  - Lévitique 19,1-2; 9-18; 35-37  Comment Dieu veut-il être servi ?

29. Courrier des lecteurs

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Mercredi 22 février 2012 3 22 /02 /Fév /2012 18:24

"Je crois en Dieu" peut n'engager à rien.  C'est en prétendant défendre l'honneur de Dieu que les juges du Christ l'ont condamné au supplice de la croix.  Mais "je crois en l'homme" engage tout.  "Je crois en l'homme" si nous allons au bout de cette affirmation, si, du moins nous essayons de la vivre, il n'y aura besoin de rien ajouter.  Car si je crois vraiment en l'homme, je crois en Dieu va de soi puisque la grandeur humaine est toujours finalement une transparence à Dieu.

                  Maurice Zundel. Conférence de l'Avent à Saint-Séverin. Paris 1961.

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Mardi 21 février 2012 2 21 /02 /Fév /2012 16:43

Calendrier 2012 de la Magnanerie, 26270 Mirmande

 

Pâques : du mardi 10 avril 19h au vendredi 13 au soir 

 

Vivre vrai pour penser juste, penser juste pour vivre vrai selon Marcel Légaut

 

avec Françoise Servigne, Jacques Musset, Pierre Lebonnois, Serge Couderc, Bernard Lamy

 

*** 

 

 

1er – 7 juillet : Les Rencontres Jean Sulivan

 

avec Jean-Paul Mathonnet

 

*** 

 

8 – 14 juillet : Sculpture sur soi

 

avec Bernard  Lamy et Marie-Noël Thurel

 

*** 

 

15 – 21  juillet : Ose ta vie

 

avec Jacques Richard et « Jésus simplement »

 

*** 

 

22 – 28 juillet  : S’approprier le mal commis et subi

 

avec Jacques Musset

 

*** 

 

29 juillet – 4 août : L’Eglise et les groupes Légaut d’où nous venons

 

avec  Dominique Lerch et X.avier Huot

 

*** 

 

5 – 14  août : Démocratie et humanité en partage

 

avec P. Valdenaire et M.T. Weisse

 

*** 

 

16 – 23 août : Rencontrer, croire, pardonner

 

avec Th. de Scott, F. Servigne et D. Arnaud

 

*** 

 

26 août – 1er septembre : Mouvement , Souffle et Poésie

 

avec Hubert Lemée

 

*** 

 

2 – 8 septembre : Vatican II, un avenir oublié ?

 

avec Jean-François Vincent

 

 ***

 

9 – 15 septembre : Les évangiles, ces inconnus

 

avec Jacques Musset

 

 ***

 

19 – 24 septembre : Les paraboles de Jésus selon Marcel Légaut

 

avec Antoine Girin et Renée Collet

 

 

 

Les dépliants présentant les thèmes des séjours sont à demander (préciser le nombre) à :

 

Françoise Servigne, 407, av. de la Libération, 77 350 Le Mée s/S. 01 60 68 91 49   f.servigne@free.fr

 

ou Jacques Musset, 12, rue du Ballon, 44 680 Sainte Pazanne 02 40 02 49 15  jma.musset@orange.fr

 

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Mardi 3 janvier 2012 2 03 /01 /Jan /2012 18:40

L’ "Appel à la désobéissance"  lancé le 19 juin de cette année par un groupe de prêtres autrichiens et qui, en quelques semaines, a recueilli plus de 300 signatures, cet appel n’a pas fini de provoquer  des remous, suscitant adhésions et condamnations. Celles-ci ne viennent  pas forcément des autorités ecclésiastiques. Le cardinal Christoph Schönborn, O.P., l’archevêque de Vienne, tout en étant soucieux d’éviter des divisions dans son Église, a eu comme première réaction de dialoguer avec les prêtres en question. Il est suffisamment lucide pour savoir que les sept points contenus dans l’ "Appel à la désobéissance" rejoignent les convictions – et, pour certains d’entre eux,  la pratique – de nombreux prêtres, et pas seulement en Autriche.

 

     Rappelons-les en bref : - 1. À chaque célébration, prier pour la réforme de l’Église ; - 2. Ne plus refuser l’eucharistie aux croyants de bonne volonté, qu’ils soient divorcés remariés ou qu’ils appartiennent à d’autres églises chrétiennes ; - 3. Réduire le nombre des célébrations présidées par des prêtres parachutés dans des communautés qu’ils ne connaissent pas ; - 4. Appeler "Célébration eucharistique sans prêtre" les célébrations de la Parole avec distribution de la communion; - 5. Ne plus tenir compte de l’interdiction de prêcher fait aux laïcs formés et aux professeures de religion (Religionslehrerinnen) ; - 6. Revoir l’image du prêtre, pour que chaque paroisse ait un responsable, homme ou femme, marié ou non, à temps plein ou non ; - 7. S’exprimer publiquement en faveur de l’ordination à la prêtrise de femmes et d’hommes mariés.

 

     Pour les "acteurs de terrain", ces sept points n’ont rien de surprenant. Si les titres de la presse parlent d’un "vent de rébellion", les commentaires soulignent qu’ils jouissent d’un "large soutien dans l’opinion" - en tout cas dans nos pays. Un commentaire sur Facebook : "On attend les prêtres belges. Il est temps. Nous vous suivrons".

 

     L’initiateur du mouvement, Helmut Schüller, est un ancien vicaire général de Schönborn et curé d’une des paroisses de Vienne. Il s’est expliqué sur  ce qui a motivé cet appel public à l’insubordination. Le préambule de l’  Appel  est clair sur ce point : "Le refus de Rome d’adopter des réformes depuis longtemps nécessaires et l’inaction des évêques ne permettent pas seulement, mais exigent que nous suivions notre conscience et que nous agissions de manière autonome". On peut comprendre que, pour un nombre croissant de prêtres, il devenait impératif, en conscience, non seulement d’adopter des pratiques en rupture avec la discipline officielle, mais de les afficher, de façon à amener, si possible  la hiérarchie catholique à accepter officiellement des changements déjà largement entrés dans les faits. En effet, sur le terrain concret de la pastorale, l’application sans discernement des règles en vigueur peut en certains cas blesser gravement des personnes et des communautés et les éloigner de la communion ecclésiale.

 

      Peu de commentateurs ont pris la peine de s’interroger sur l’opportunité d’une telle initiative et sa légitimité en perspective chrétienne. Pour l’opportunité, on peut juger que dans l’actuelle tendance au recentrage qui domine au Vatican, il est salubre de se rappeler que l’Esprit souffle où il veut  et pas seulement sur les membres de l’appareil ecclésiastique. Et donc, de ne pas automatiquement considérer l’initiative comme "l’œuvre du démon".

 

     Quand  la société et la culture changent, leur évolution impose des ajustements pour que l’Eglise puisse continuer à exercer sa mission. Mais l’initiative des innovations requises provient rarement des autorités en place. D’une manière générale, dans les sociétés en changement rapide comme sont les nôtres, le droit est en retard sur la réalité des faits. Les modifications du droit sont généralement précédées par l’introduction progressive de "coutumes contraires au droit". Ces "transgressions" s’introduisent à la faveur d’une tolérance tacite des autorités, même si celles-ci, périodiquement, jugent nécessaire de rappeler les règles. Jusqu’au jour où il devient impératif de les modifier. Jusque là, "faites-le, mais ne me demandez pas ma bénédiction". Dans le meilleur des cas, la tolérance tacite prend la forme d’un feu vert assorti de limites : "D’accord, à titre d’expérience".

 

     Et la légitimité ? Les auteurs de l’Appel invoquent un devoir de conscience.  En pratique, pas mal de "chrétiens engagés" se trouvent sur des terrains où de telles transgressions s’imposent. Ils ne disposent pas toujours des repères pour s’y avancer paisiblement. Peut-être est-il bon de rappeler qu’il existe en la matière une série de critères généralement admis. Je les évoque rapidement : - la reconnaissance d’un état de besoin qui n’est pas le fait d’un individu, mais d’une communauté ;  - la volonté d’être fidèle à l’Esprit, ce qui se traduit en pratique par la disponibilité à adopter des solutions meilleures ;-  le souci de rester cohérent avec le projet initial ; - enfin, la volonté de sauvegarder la communion, quitte à accepter de passer par une phase conflictuelle. 

 

   On imagine bien que, dans la pratique, de tels choix de transgression n’excluent pas la prise de risques. Y compris celui de l’échec. En un temps où l’avenir du christianisme à l’occidentale est plein d’obscurités, la prise de risque est nécessaire. C’est là qu’intervient le critère finalement décisif : la "réception" ou non-réception de l’innovation qui transgresse les règles en vigueur – ce qui demande parfois du temps. Sur ce point, nous ne pouvons que faire confiance à la sagesse de ceux et celles qui nous suivront et "recevront", ou non, nos essais plus ou moins tâtonnants.

                                                

 Paul Tihon, prêtre jésuite, théologien belge

 version complète d'un article paru dans" La libre Belgique du 16 novembre 2011"

 

    

 

 

 

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Dimanche 11 décembre 2011 7 11 /12 /Déc /2011 11:56

2.  Editorial - Herman Van den Meersschaut

 

3.  Le mot d' André Verheyen

 

4.  Evangiles et dogmes : la part de l'histoire - Etienne Godinot

 

9.  Rendre à Jésus sa juste place ?  "Pourquoi m'appelles-tu bon ?  Nul n'est bon sinon Dieu seul" - Alain Dupuis

 

13.Quelques livres :

         - L'invention du christianisme de Roger Parmentier. Ed. L'Harmattan 2011

         - Un autre Christianisme est possible de Roger Lenaers. Ed. Golias 2011

           (voir aussi LPC 14/2011. pp13-16) 

         - Translation de Maurice Bellet.  Ed. Bayard 2011

 

14 .Redonner corps à l'homme Jésus et à son message - Jacques Musset

 

21. A lire : Croire en un Dieu qui n'existe pas de Klaas Hendrikse par Marie-

      Jeanne De Pauw

 

24. Echos des rencontres LPC du premier samedi du mois :

         - Matthieu 21,28-32. La parabole des deux fils - rapporteur Christiane Van

           den Meersschaut - Janssens

         - Matthieu 22,34-40. Le plus grand commandement - rapporteur Christiane

            Van den Meersschaut - Janssens 

         - Matthieu 25,14-30.  La parabole des talents - rapporteur Marie-Jeanne De

           Pauw

 

28. Courrier des lecteurs

 

31. Réabonnons-nous - Yves Janssens    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Vendredi 25 novembre 2011 5 25 /11 /Nov /2011 22:57

" Si vous croyez à la prière : priez pour que les gens aient la force de changer les choses. Priez et bougez vos pieds" 

Al Gore

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Vendredi 25 novembre 2011 5 25 /11 /Nov /2011 22:48

FRAPPEZ… ON VOUS OUVRIRA,

DEMANDEZ… ON VOUS DONNERA,

CHERCHEZ… ET VOUS TROUVEREZ (MT7,7)

 

Nous savons qu’à l’aube de l’humanité, l’homme très vite se pose des questions par rapport aux forces naturelles qu’il ne peut contrôler. Il croit qu’il y a une force secrète derrière chaque chose qui est bienveillante quand elle donne et malveillante quand elle prend. Cette force secrète, il va l’appeler dieu, le dieu de l’eau, le dieu de la terre… Mais ce dieu peut être la pire des choses quand il envoie une tornade ou un incendie et la meilleure des choses quand il envoie une pluie fertilisante ou un feu qui réchauffe. Il faut donc s’attacher les dieux pour qu’ils soient favorables aux hommes. Pour cela, il faut les connaître, les nommer, les situer et donc leur donner une histoire et un lieu de vie. La plupart de ces forces naturelles viennent des cieux, qui sont inaccessibles à l’homme, c’est donc là qu’habitent les dieux, pense-t-il. Quand à leur histoire, il s’inspirera tout simplement de sa propre histoire pour écrire celle des dieux. C’est ainsi que l’homme donne aux dieux ses qualités et ses défauts, mais à la super puissance. A ceux-ci rien n’est impossible, ni dans le don, ni dans la vengeance. Il faut donc vivre en harmonie avec eux, et pour cela, il vaut mieux ne pas attendre leur intervention, mais infléchir leur volonté. C’est ainsi que l’homme créera des rites pour parler aux dieux et des sanctuaires pour officier. Il invente les incantations et les prières, les sacrifices allant de l’offrande du végétal, en passant par le sacrifice animal pour arriver au sacrifice humain. C’est que le dieu finira toujours par répondre en envoyant enfin la pluie, la paix… tout finit toujours par arriver, mais parfois cela dure et c’est pourquoi l’homme donnera chaque fois aux dieux quelque chose qui lui est de plus en plus cher jusqu’au moment où il sera exaucé.

Le judaïsme à travers le personnage d’Abraham choisira de donner sa confiance à un seul Dieu, créateur de toutes les forces naturelles. Il découvrira qu’il ne peut aimer un dieu sanguinaire qui demande des sacrifices humains et nous donnera l’image d’un dieu qui veut la vie et non la mort. Quel grand tournant pour l’histoire de l’humanité ! Plus tard encore, Jésus par son enseignement induira l’idée à ceux qui deviendront chrétiens après sa mort, d’abolir les sacrifices d’animaux. Nouveau pas en avant dans la civilisation !

Pour nous chrétiens, il nous reste donc la prière, les rites, les sanctuaires et sans doute pour nombre d’entre-nous l’héritage d’une façon de penser et d’agir comme nos lointains ancêtres. C’est-à-dire demander tout à Dieu et prier sans cesse pour obtenir ce que l’on désire, en utilisant des enchères. Non plus des sacrifices d’animaux ou d’humains, mais des mortifications, des privations, des offrandes de bougies, des pèlerinages, des recherches d’indulgences… en allant même jusqu’à payer des congrégations priantes afin d’avoir une valeur ajoutée à nos demandes.

Mais qui est ce Dieu que l’homme prie aujourd’hui ?

Comme le disait souvent André Verheyen " la bible nous impose de ne pas faire d’images de notre Dieu, et pourtant la même bible n’arrête pas d’en faire." Oui, nous ne savons rien de Dieu et plus nous avançons en âge, moins nous en savons. Cependant tout au long du Livre, des hommes nous parlent de leurs expériences de Dieu et ne peuvent l’exprimer que par des images. C’est ainsi qu’Abraham nous fait découvrir un Dieu qui refuse les sacrifices humains, qu’à travers Joseph nous trouvons un Dieu qui demande le pardon plutôt que la vengeance, que Moïse nous montre un Dieu se préoccupant des plus faibles au lieu d’accréditer les puissants, qu’avec Amos nous découvrons un Dieu qui veut une justice sociale… pour arriver enfin à Jésus qui nous montre un Dieu Père, un Dieu d’Amour.

Toutes ces perceptions de Dieu qui ont évolué tout au long des siècles sont évidemment conditionnées par le lieu de vie et la culture de l’époque. Elles devront donc nécessairement encore évoluer avec les futures découvertes. C’est ainsi que nous savons aujourd’hui que le Dieu de Jésus qui est aux cieux, ne peut effectivement habiter là-haut. Et, si nous prenons "les cieux" au sens symbolique aujourd’hui, ce n’est certainement pas ce sens là que Jésus lui donnait.

Aujourd’hui de nombreux théologiens, comme de nombreux hommes de la rue ont plutôt l’intuition d’un Dieu intérieur à l’homme. C’est aussi mon sentiment, mais humainement, j’aime aussi comparer l’attitude de Dieu à une mère et un père de famille qui viennent de mettre un enfant au monde. Le tenant dans leurs bras, les parents ne peuvent que lui souhaiter tout ce qu’il y a de meilleur : une vie harmonieuse sans problèmes relationnels, médicaux, ou sociaux. Pour cela, tout au long de sa vie, ils vont donner à l’enfant chéri des conseils, des règles à suivre, des attitudes à prendre. L’enfant, lui en définitive écoutera ou n’écoutera pas, fera son propre bonheur ou son propre malheur. Les parents ne pourront que resplendir du bonheur de leur enfant ou souffrir intensément de leur impuissance devant son malheur. Le plus beau cadeau que l’enfant a reçu, sa liberté, sera pour lui la meilleure ou la pire des choses. En cas de malheur, bien sûr il pourra revenir au bercail pour demander de l’aide à ses parents, mais ceux-ci ne pourront que l’accueillir, l’écouter, lui redonner leurs conseils, mais ils ne pourront jamais faire son bonheur à sa place. Ils ont donné la vie, la liberté mais restent impuissants face à l’accomplissement de cette vie.

C’est ainsi que je vois ma relation à Dieu dans la prière, il ne peut rien faire à ma place, mais je peux être éclairée par son Esprit. Je ne peux attendre que cela : l’éclairage pour vivre selon l’Esprit qui pour moi nous fut révélé par Jésus. J’ai choisi librement de suivre le chemin d’amour, que me montre Jésus, comme but de ma vie. Mes prières, que je préfère appeler méditations sont donc aussi souvent des prises de consciences des écarts qui m’éloignent de l’Amour, mais aussi des recherches de paroles bibliques qui me donneront un nouvel éclairage, des clés pour avancer mieux, des louanges pour les actes d’amour de l’humanité. J’ai cessé toute prière de demande.

En effet, je ne peux que constater que pour des choses essentielles, comme l’enfance violée, la maltraitance, la famine, la pauvreté, la guerre… Dieu n’intervient pas. C’est l’homme qui viole, qui maltraite, qui ne partage pas, qui attaque… …et c’est encore l’homme qui doit changer de comportement. L’homme ne peut que méditer, réfléchir afin de se mettre en condition de choix et de se décider à suivre l’Esprit dans la clarté, plutôt que de suivre le mal dans sa sombre attraction.

Dans notre éducation religieuse, on s’appuyait toujours sur les extraits de Mt7, 7-11 ou de Lc 11, 5-13a pour nous convaincre que " notre Père qui est dans les cieux donnera de bonnes choses à celui qui les demande, que tout homme qui demande reçoit. " On ne nous parlait pas des deux versets Mt 7, 12 ou Lc 11, 13b qui en conclusion de chapitre nous disait chez Mathieu " Faites pour les autres ce que vous voulez qu’ils fassent pour vous : c’est là ce qu’ordonnent la loi de Moïse et les livres des prophètes " et chez Luc "Le Père qui est au ciel donnera le St Esprit à ceux qui le demandent. " Ce n’est que dans les années 80 que j’ai entendu dire publiquement lors d’une homélie que les textes sont toujours commentés en omettant les finales, mais que c’est cette finale qui est importante. Ce que nous recevons : c’est uniquement l’Esprit et le reste, c’est le comportement que nous devons avoir envers notre prochain. C’est nous qui devons ouvrir la porte, accueillir, écouter, donner et pour arriver à cela nous avons besoin de vivre de l’Esprit.

Je ne peux que constater que face aux forces naturelles, comme les tsunamis, les ouragans, les éruptions volcaniques… Dieu n’intervient pas. C’est l’évolution de la planète, et parfois la main de l’homme qui contrecarre la nature. La prière ne peut modifier l’ordre de la création mais la méditation peut décider l’homme à suivre l’Esprit dans sa solidarité plutôt que de suivre l’égoïsme dans son noir dessein.

Je ne peux que constater que face à la maladie, à la mort, Dieu n’intervient pas. Ce serait tout à fait injuste d’empêcher celui-ci de mourir et pas celui-là, de guérir celui-ci et pas celui-là. De faire naître celui-ci en bonne santé et celui-là handicapé. La prière ne pourra modifier les évènements de la vie mais la méditation peut apaiser l’homme dans la confiance qu’il mettra à accepter d’être porté dans la douleur par les autres ou le décider peut-être de suivre à son tour l’Esprit dans sa tendresse et son réconfort plutôt que de vivre dans l’indifférence.

Je ne peux que constater qu’il est très difficile de dire Merci pour tous les bonheurs que l’on reçoit, alors que dans le même moment, des familles vivent l’horreur. Si le Dieu de Jésus est un père aimant, comme cela doit lui faire mal de voir ses enfants, les uns ayant tout, les autres n’ayant rien. Mais par la méditation l’homme peut prendre conscience que l’autre est son frère et que vivre de l’Esprit du Royaume doit commencer par sa renaissance à une autre vision de Dieu. Alors, il ne dira plus merci pour sa chance, mais merci d’avoir de quoi partager.

En fait, je crois qu’on ne peut aimer Dieu que dans une prière-méditation qui est action. Seules nos actions pour mettre l’autre debout, comme Jésus n’a pas cessé de nous le montrer, sont les plus belles des prières et peuvent être agréable à Dieu me semble-t-il. Bien sûr, cette façon de fonctionner est très, très inconfortable. Comme l’enfant devra prendre son envol, quitter le nid pour VIVRE, il nous faut quitter cette idée sécurisante que Dieu tire les ficelles du monde et que l’on puisse l’influencer par nos prières. Pourtant, il n’y a que de cette façon que nous pouvons DEVENIR ce qu’il espère pour nous quand il dit : " Fils d’homme, mets-toi debout ! " (Ez 2,1)

Notre vocation ne serait-elle pas de devenir autonome ?

ChristianeVan den Meersschaut

 

Par Libre pensée chrétienne - Publié dans : articles
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